Interview de Mani  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 11/01/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.

Mani © Leonard Porche

Mani nous livre son premier album, « Heroes of Today », un album hybride aux confluents de la soul, du rock et de l’électro. Son nom ne vous dit peut-être pas encore grand-chose, mais sa voix, vous la connaissez toutes et tous ! Souvenez-vous, en 2002 du tube « Starlight » des Supermen Lovers. C’était la voix de Mani. Après le tourbillon dans lequel il a été emporté avec le succès de ce single, Mani a beaucoup voyagé pour trouver sa voie, pour comprendre comment il pouvait exister en tant qu’artiste. Aujourd’hui, il semble l’avoir trouvée. Son premier album est un de nos gros coups de cœur de ce début d’année !

IdolesMag : Ton album sort le 30 janvier, tu es en pleine promo actuellement. Dans quel état d’esprit es-tu ? Stressé, angoissé, excité ?

Mani : Un mélange des trois, en fait. Tu as très bien résumé. Soulagé, parce qu’enfin, on va avoir la sentence. On a fait tout cet album pour le public et on a envie de le partager. On va enfin pouvoir le livrer et avoir les premiers retours. Excité aussi parce que j’en suis vraiment fier. Et stressé… parce que tu connais la musique comme moi, quand tu livres quelque chose aux gens, tu veux que ça plaise. On ne peut jamais plaire à tout le monde, mais j’espère que ça va plaire au plus grand nombre. J’espère qu’on va trouver un public, que le projet va exister. De toute façon, je suis un stressé de nature. C’est comme ça. Ça, c’est acquis !

Comment vois-tu la sortie de l’album ? Plutôt comme un aboutissement ou le début d’une nouvelle aventure ?

C’est un peu des deux. Je le vois d’une part comme un aboutissement, parce que c’est un projet sur lequel on a travaillé pendant des mois. Et enfin, il existe réellement. C’est bien d’avoir son album sur des bandes de studio, c’est vrai. Mais l’album existe vraiment quand il est gravé, quand tu peux le donner aux gens, quand les gens peuvent l’écouter. C’est aussi un aboutissement dans la mesure où c’est deux ans de travail qui se terminent et puis, il existe enfin sur CD. L’objet existe. Je suis un peu fétichiste ! Et en même temps, c’est le début d’une nouvelle aventure, parce qu’on va le faire exister sur scène. Les gens qui auront découvert l’album et qui viendront nous voir sur scène se rendront très vite compte que c’est encore plus torride et plus animal en live. On a vraiment hâte de le faire découvrir sur scène.

Tu me parles de ton coté fétichiste avec l’objet CD. C’était donc essentiel à tes yeux qu’il existe en support physique également.

Ben oui ! Bien sûr ! En ce moment tout est dématérialisé. Je viens tout de même d’une époque, comme toi d’ailleurs, où tu te réjouissais de rentrer chez toi avec ton CD pour découvrir le petit livret, lire les remerciements, etc… C’est également important aujourd’hui de découvrir les paroles des textes sur papier glacé. Tu sais, je suis un mec qui aime beaucoup lire. Et je ne suis pas du tout du genre à lire un bouquin sur un écran. Bien entendu, je vais sur le net lire certains trucs, mais j’ai besoin du contact physique avec le livre que je suis en train de lire, tourner la page, etc…

Mani, Heroes of TodayMani, c’est ton prénom, mais c’est aussi le nom de ton groupe. Peux-tu dans les grandes lignes me présenter les gens qui t’accompagnent ? Comment vous vous êtes rencontrés, etc…

Je viens du milieu électro/house. Et j’ai fondé ce groupe avec Tony Le Guern. C’est quelqu’un à côté duquel j’ai grandi, c’est mon ami. On s’aime très fort. On a donc fondé le groupe ensemble. On a été présentés par un label de house et de hip hop indépendant qui s’appelle Kif Record. Au début on a travaillé ensemble sur un truc un peu afrobeat et afro jazz. Parallèlement, il avait un groupe de funk. On a répété avec ce groupe de funk, et dès la première répétition, ça a été comme une évidence. On a donc monté un groupe tous ensemble et on a commencé à répéter. Et au fur et à mesure des répétitions, l’identité du son Mani s’est créée. On se connait tous depuis quatre ans. Tony connaissait le batteur, Stan (Stanislas Augris) et le bassiste Ben (Benjamin Durand) depuis 15 ans. Ils ont monté leur premier groupe ensemble. Je suis arrivé avec une couleur différente et j’ai imposé quelque part, de par mon histoire et de par mes goûts, quelque chose d’un peu différent. On a changé et on a évolué avec un peu plus de soul. Ensuite, un guitariste est venu se greffer, Pac (Pierre-Arnaud Crespeau), qui a un talent fou, c’est un virtuose de la guitare. Lui nous a apporté une touche un peu plus rock. C’était déjà un peu dans nos gènes. Personnellement, j’étais fan de Led Zep, Jimi Hendrix, etc… C’est ainsi qu’est né Mani. Sur les deux premières années, Tony et moi, on a composé et répété. Et les deux dernières années, on a signé chez MyMajorCompany et on a enregistré nos morceaux. On est partis d’un truc un peu hip hop et funk qui a évolué vers la soul et le rock. L’identité de chacun a donné ce son un peu hybride qui est le son de Mani.

Vous bossez comment tous ensemble ? Qui amène quoi ?

Au début, on est tous les deux avec Tony. Il apporte des bribes d’accords. Il est au piano. Et moi, je jamme dessus. Parfois, Tony amène tout de même des mélodies de chant, mais en règle générale, c’est moi qui improvise sur ses grilles d’accord. Donc, au départ, on essaye plein de trucs tous les deux. Depuis deux ans, Paco (Pierre-Alain Crespeau) est lui aussi présent dans les sessions de compositions. Il apporte ses accords. Après, quand on a une compo qui nous plaît, on la fait tourner en répétition. Et là, naturellement, Stan va nous proposer un beat, un groove et Ben va poser sa basse. Mais à la base, c’est  Tony et moi ou Tony, Paco et moi.

Explique-moi un peu le nom de l’album, « Heroes of today »…

C’est une des chansons de l’album qui nous tient le plus à cœur.

Pourquoi ?

Parce qu’on ne se prend pas au sérieux, et qu’on aime le second degré de cette chanson. Dans le titre, on écorche un peu les héros d’aujourd’hui, les Lady Gaga ou Katy Perry sans jamais vouloir se prendre au sérieux ni vouloir donner des leçons. Parce que les musiques de Gaga, Katy Perry ou Rihanna, on adore. Mais il y a un côté « star 2012 » avec un peu cette idée de fabrication à la chaîne de tubes avec certains critères bien particuliers. C’est une machine bien rôdée dans le fond. Et en même temps, on les écorche, mais on ne veut surtout pas donner de leçons, parce qu’il y a des choses malgré tout dans la musique de ces petites dévergondées des temps modernes ! (rires) En plus, « Heroes of Today » joue sur une ambigüité. J’espère que les gens ne vont pas se dire qu’en prenant un tel titre, on parle de nous-même. Ce n’est évidemment pas le cas. Mais il y a ce côté qui rappelle notre époque. Les héros d’aujourd’hui, ce n’est malheureusement pas le Dalaï-Lama, ce sont plutôt Lady Gaga et consœurs. Les valeurs qui sont mises en avant aujourd’hui sont plutôt des valeurs de superficialité. Dans la musique de Lady Gaga, il y a plus d’image que de son, dans le fond. C’est un peu l’image de notre époque. Mais ce n’est pas grave, c’est comme ça, ce sont les règles du jeu, et ça nous amuse. « Heroes of Today » fait également référence au fait que nous sommes tous uniques et que nous sommes tous les héros de notre époque. Bien entendu, il y a aussi les héros d’un jour, avec la télé-réalité. Je vais faire un parallèle avec ta précédente question, c’est amusant, parce que pour la compo de « Heroes of Today », ça ne s’est pas passé comme d’habitude. Je suis arrivé avec une mélodie déjà écrite. J’avais déjà la mélodie du refrain et des couplets, et en plus quelques textes. J’ai été chanter la mélodie à Tony et Pac et eux deux m’ont proposé les accords. La mélodie a précédé la grille d’accord. Il y a quelque chose d’assez emblématique et puissant dans ce titre, je trouve. Il nous a plu directement. D’ailleurs, je dois dire que c’est Tony qui m’a dit le jour où je suis arrivé avec cette mélodie « attends, c’est ça le titre de notre album ! » Moi, ça ne m’avait pas frappé mais quand on a recoupé tous les éléments, ça nous paraissait évident que l’album devait s’appeler comme ça.

Mani © Leonard Porche

« Bang Bang » bénéficie d’une version en anglais, mais également d’une version qui mélange anglais et français. Était-ce une réelle envie de mettre quelques petits mots en français sur l’album ou plutôt une manière de passer plus facilement en radio ?

Évidemment, c’est ça. En fait, on avait fait tout notre album en anglais. Tu sais, j’ai appris à chanter en anglais, donc, pour moi, c’était plus naturel. Je n’ai jamais chanté en français. Tous les titres que j’ai faits et qui sont sortis en Europe, je les ai chantés en anglais. Je n’ai jamais beaucoup bossé avec la France, à part à l’époque de « Starlight » où le titre a fini par percer en France. À la base, je suis un chanteur de la scène house internationale. Je n’avais donc jamais pensé à chanter en français, d’autant plus que mes influences musicales sont vraiment anglo-saxonnes. Et puis évidemment, on a commencé à faire écouter l’album aux programmateurs des radios. Ils trouvaient ça vachement bien, mais ils ne pouvaient pas nous diffuser. Nous étions français et chantions en anglais, donc beaucoup nous ont dit « Dans la même tranche que vous, on a déjà Madonna, Lady Gaga ou Britney. Ce sont des poids lourds qu’on ne peut pas ôter de nos playlists… » Ils nous ont donc conseillé de faire « Bang Bang » en français pour que le titre puisse être diffusé. Nous, on s’est dit qu’on allait essayer et voir ce que ça allait donner. Parfois quand tu traduis un texte anglais en français, ça peut devenir vite ringard ou kitsch. Ce qui sonne en anglais ne sonne pas forcément en français. Donc, on n’a pas donné une fin de non-recevoir directement, on a dit à notre manager qu’on allait essayer parce qu’on ne pouvait pas cracher sur cette offre des radios, mais on ne voulait pas non plus se trahir. On s’est dit qu’on l’enverrait en radio si ça nous plaisait vraiment, pas autrement. Et il s’est avéré, en écoutant l’enregistrement, que le français apportait une réelle fraîcheur au titre. « Bang Bang », c’est un titre un peu rétro, j’ai envie de dire que c’est un petit bonbon funky, mais quand on lui a amené le français, il a eu un côté plus nouveau, un côté « pas entendu ». Et ça, ça nous a beaucoup plu. Quelque part, comme on l’avait composé il y a un certain nombre d’années, le titre reprenait une nouvelle vie. On lui a trouvé un charme nouveau. On en était fier. On a donc été le faire écouter un vendredi, et le lundi… il passait à la radio !

Serais-tu tenté d’enregistrer des titres en français dans l’avenir ?

Grave ! Parce qu’en tant qu’artiste, j’ai envie d’explorer de nouvelles choses, de nouveaux terrains. On dit toujours que nul n’est prophète en son pays. Quand je chantais dans ma propre langue, je n’y croyais pas vraiment. Et aujourd’hui, j’y crois beaucoup plus. C’était idiot de résonner comme je le faisais. Le Mani qui chantait en français était certainement trop proche de moi. J’avais besoin, je pense, de mettre une certaine distance. C’est certainement pour ça que j’allais naturellement vers l’anglais. Ça me permettait de sortir de moi. Et après tout ce temps à chanter en anglais du gospel, de la house ou de la funk, je n’étais plus en paix avec moi-même. Avec le temps, j’ai appris à m’accepter tel que je suis. Il a fallu que je passe par beaucoup d’étapes pour que j’accepte enfin aujourd’hui d’entendre ma voix en français. Et j’en suis content. Alors, j’espère que ça va plaire aux gens. En tout cas, pour le moment, les retours sont plutôt très positifs.

Tu vas donc adapter certains titres de l’album en français.

Pas tous. Ça n’irait pas pour tous les titres, mais quelques-uns, oui. Je pense notamment à un titre comme « Bungalow ». J’ai d’ailleurs déjà écrit une partie des paroles en français et on enregistre mardi ! Il ne sera donc pas sur l’album, du moins, pas dans sa première édition. On était déjà hybrides dans notre son, maintenant, on va devenir hybrides dans notre langage ! (rires)

Mani © Leonard Porche

C’est chouette de mélanger le français et l’anglais, parce que forcément, quand tu es francophone et que tu entends un mot en français, ça attire l’oreille…

Bien sûr ! Même moi, j’ai un rapport différent avec certaines de mes chansons depuis que je les ai adaptées en français. Pourtant, j’écris mes textes en anglais, donc, je les comprends… Heureusement ! (rires) Même si je suis courant en anglais, j’ai toujours un peu besoin quand j’écris un texte de le traduire dans ma tête. Parce que ce n’est pas ma langue maternelle tout simplement. Avec ta langue maternelle, tu as un rapport complètement différent et naturel. Au-delà de comprendre les mots, tu les ressens.

Qu’est-ce qui t’a incité à t’inscrire sur MyMajorCompany ? L’envie de te faire produire par le public ? L’envie d’être plus libre ? Quelle a été ta démarche ?

En fait, on avait signé avec Tony en Angleterre chez « Angelic Studios », le label de Toby Smith, un des fondateurs de Jamiroquaï. Avec lui, j’ai pas mal bossé, notamment sur « Pop Idol », la « Nouvelle Star » anglaise. C’est un proche. On a bossé sur pas mal de trucs ensemble. Quand je lui ai parlé de mon projet « Mani », il a adoré et il a voulu que je vienne en Angleterre et que j’enregistre avec un autre groupe. Il voulait produire notre album. Mais après un mois et demi d’enregistrement, on n’était pas content de la tournure que prenaient les choses. On a alors rompu notre contrat. On est toujours très pote, ça n’a rien changé à ce niveau-là, mais on est rentrés chacun chez soi ! (rires)  À l’époque, à part lui, je ne voyais pas qui le projet pourrait intéresser. Je me disais que si le producteur de Jamiroquaï n’arrivait pas à produire l’album qu’on voulait, ça allait être très compliqué par la suite… Si lui n’arrivait pas à trouver le son qu’on cherchait, je ne voyais vraiment pas qui pourrait le trouver. J’étais un peu déprimé, je te l’avoue. J’avais envie de tout abandonner, de tout jeter à la poubelle et repartir en voyage... Et donc, je suis parti deux mois à l’étranger et au bout d’un mois et demi, Tony m’appelle et me dit « écoute, toi qui a toujours voulu évoluer dans des réseaux indépendants, je pense que ce serait bien qu’on signe chez MMC. On a les titres, on les met en ligne et on verra ce que ça donne. » Je lui ai dit que j’étais OK, sans trop y croire, je te l’avoue. Comme je ne connaissais pas vraiment le principe, j’étais un peu dubitatif. La seule chose que je savais c’est que c’était le public qui décidait si ton album allait voir le jour ou non, et ça, ça me plaisait grandement, parce que si je fais de la musique, c’est avant tout pour la partager avec le public. Donc, avoir leur verdict en direct, ça me plaisait bien. Mais je n’y croyais pas plus que ça… Je me suis dit que j’avais encore quelques mois devant moi à partir sur la route et qu’on verrait ce que ça allait donner. Deux semaines après, Tony m’appelle à nouveau et me dit « On a les 100 000 euros, il faut que tu rentres tout de suite à Paris ! » Je n’y croyais pas. Je suis donc rentré à Paris et on a cherché un réalisateur.

Tiery F.

Tout à fait. Il est probablement le mec le plus impressionnant que j’ai rencontré dans la musique ces dix dernières années. Il a réalisé des titres pour Estelle ou Teddy Ridley entre autres. C’est un mec qui a un talent incroyable. Un genre de virtuose qui touche à tout, qui écrit de la musique pour des orchestres symphoniques, qui joue du clavier, de la basse, de la batterie… Il nous a produit l’album de nos rêves. Il a gardé le son du groupe, tout en apportant une couleur parfois électro, parfois plus vintage, mais toujours moderne.

C’est toi qui es allé le chercher ?

Oui. Quand j’ai dit au groupe que Toby voulait nous signer, tout le monde était content. Ça ne se refuse pas une proposition pareille. Mais moi déjà à la base, je n’étais pas sûr que c’était la meilleure chose à faire. J’adore humainement Toby parce que c’est une merveille de mec et un artiste qui a un talent incroyable. Mais je n’étais pas sûr qu’il était la bonne personne. Par contre, quand je suis tombé sur Tiery F par l’intermédiaire d’un pote qu’on a en commun, j’ai tout de suite compris que ça le ferait. Il était capable de produire un truc de variété, un truc de R’n’B ou un truc plus indé, mais toujours avec un talent incroyable. C’est lui qu’il nous fallait. J’en ai tout de suite été convaincu.

Avais-tu des idoles quand tu étais ado ?

Sans aucun doute. Stevie Wonder ! C’est grâce à lui que j’ai commencé à chanter. « Innervisions », « Jungle Fever », « Songs in the Key of life », ce sont des albums que j’ai écoutés pendant toute mon enfance, qui m’ont appris l’anglais, qui m’ont appris à chanter, qui ont mis la soul dans mon ventre. J’ai beaucoup écouté aussi Donny Hathaway. Après, je suis parti sur l’univers un peu psyché. Je suis un mec qui a trippé sur le rock psyché des années 70 comme Led Zeppelin, The Doors et Jimmy Hendrix. Comme tu vois, je suis très 70’s dans mes goûts !

Tu as rapidement composé ?

Oh oui. C’est venu très très tôt, presque même avant de chanter ! C’est plus fort que moi, quand j’entends une grille harmonique ou des accords de piano, il faut que je me pose dessus. J’ai des mélodies qui me viennent en tête tout de suite. Déjà très jeune j’avais des idées de mélodies.

On ne va pas retracer tout ton parcours, mais je ne peux pas faire l’impasse sur « Starlight »… [Mani faisait partie des Supermen Lovers et était la voix du titre « Starlight », un des cartons de l’année 2002]. Comment as-tu vécu le succès à l’époque ?

Je relativisais pas mal en fait… Il faut savoir que c’était le deuxième titre que j’enregistrais. Le succès a été tellement énorme. On a dû vendre 1 800 000 singles. À ce moment-là, t’es obligé de te dire que tu as quand même du cul ! (rires) Il y a des gens hyper talentueux qui galèrent pendant des années ou qui n’y arrivent jamais. Toi, tu mets le pied à l’étrier et hop, ça prend presque tout de suite. Je ne me suis pas emballé, j’ai vécu le succès vraiment sereinement et dans le fun.

Mani © Leonard Porche

Tu es parti ensuite en tournée pendant presque deux ans. Mais après, as-tu eu besoin de changer un peu d’air et de faire un break ?

J’ai eu besoin de changer d’air, déjà pour me trouver artistiquement. Je m’étais retrouvé dans un tourbillon incroyable avec un tube dance international. C’est bien de faire des tubes, mais quand tu as un projet artistique, le but, c’est de te trouver en tant qu’artiste et d’exister en tant que chanteur. D’autant plus que je suis compositeur et auteur. J’ai envie de livrer autre chose que juste « une machine à chant ». Je veux créer un univers. Je veux que quand les gens écoutent mon CD, ils voyagent et partent ailleurs. Je me suis cherché pendant un bon nombre d’années. Et finalement, j’ai rencontré Tony Le Guern il y a quatre ans. Entre « Starlight » et ma rencontre avec Tony, il s’est écoulé 5 ans pendant lesquels j’ai multiplié les collaborations avec des artistes très différents les uns des autres.

Le groupe sera notamment le 19 mars prochain sur la scène de la Maroquinerie. Quel est ton rapport à la scène ?

C’est essentiel. C’est le seul endroit où tu ne peux pas tricher. C’est l’endroit où tu peux te livrer tel que tu es. C’est l’endroit où la sentence est la plus irrévocable. Tu es les yeux dans les yeux avec le public, donc, ça peut être violent si ta musique n’est pas bien accueillie. Mais c’est tellement puissant quand tu partages ce que tu as créé dans ton studio. En plus, comme la plupart des compositions ont été rodées en répétitions avec le groupe, la scène est vraiment la continuité naturelle. Et puis, tu peux donner et partager des choses sur scène que tu ne peux pas partager ailleurs.

Une tournée va suivre, je suppose.

Bien entendu. On a déjà quelques dates programmées, et notamment des festivals cet été.

Une dernière question. La photo de la pochette a-t-elle bien été prise sous le pont de Bir-Hakeim ?

Exactement ! Sous le pont de Bir-Hakeim à Paris. On voulait pour la pochette un truc très authentique. Je ne suis pas super impliqué dans l’image du groupe, c’est plutôt mon alter-égo Tony qui gère tout ça. Mais cette photo a fait l’unanimité dans le groupe, parce qu’elle livrait quelque chose de vrai et d’authentique et c’est le message qu’on voulait livrer aux gens.

Propos recueillis par IdolesMag le 11 janvier 2012.








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