Interview de Manau  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 12/01/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.

Manau © Sandrine Fesq

Treize ans après la sortie de « Panique Celtique », et après deux autres albums de Manau, un best-of et un album solo, Martial Tricoche revient seul aux manettes de Manau avec « Panique Celtique 2 – Le village », un album concept dans lequel il raconte les histoires des différents personnages qui vivent dans un village. Au-delà des histoires, il y a bien évidemment de nombreuses métaphores, qui rendent cet album d’inspiration médiévale et celtique très contemporain. Au cours de notre entretien, Martial ne manquera pas de revenir sur le formidable succès de « La Tribu de Dana », qu’il a paradoxalement assez mal vécu à l’époque, et au formidable succès que Manau continue d’avoir sur scène depuis 13 ans maintenant !

IdolesMag : Qu’est-ce qui t’a donné envie, après 13 ans, de donner une suite à « Panique Celtique » ? Alors que d’autres albums sont sortis entre temps.

Martial Tricoche : C’est la suite logique. C’est mon cinquième album. Et si on compte celui qui n’est pas sorti, c’est mon sixième ! (rires) C’était l’occasion de le faire. Je n’ai pas fait « Panique Celtique II » parce qu’on m’a forcé. C’était le moment. Tout était digéré, tout était bien à plat, tout était tranquille dans ma tête. C’était le moment de le faire. Il est venu tout seul.

Quand le projet a-t-il commencé à pointer le bout de son nez ?

On tournait beaucoup, on faisait plein de scènes, on n’arrêtait pas. Et donc, je jouais souvent des nouveaux morceaux. Je me suis rappelé que j’étais à l’aise en écrivant des petites histoires. Cette histoire de village avec ses différents personnages m’est venue à l’esprit. Je me suis dit que ce serait bien de mettre cette idée en chanson. Au début, l’album devait s’appeler « Le village » tout court et puis « Panique Celtique II » s’est imposé tout simplement parce que raconter des histoires, ça ressemblait étrangement au premier album…

Manau, Le villageAs-tu exploré d’autres pistes que le village, ou bien l’idée du village était-elle évidente pour toi ?

C’est assez conceptuel tout de même. Les personnages de ce village me sont venus tout de suite. Donc, le village me paraissait évident. Quand j’écris, je visualise bien les scènes, etc… Et tout ce qui me passait par la tête se passait en définitive dans ce village. Donc, l’idée s’est imposée d’elle-même. Ça s’est fait tout naturellement comme le premier album. Ça n’a pas été une longue suite de rendez-vous avec des américains ou des japonais pour  faire naître le projet (rires). C’était un truc super nature.

Comment s’est passée la création des personnages ? T’es-tu dressé une liste au départ avec les personnages emblématiques d’un village et après tu leur as apporté un vécu, ou bien sont-ils arrivés comme ça naturellement, un peu au hasard ?

Ils sont venus naturellement. J’ai commencé par le curé. Et curieusement, il se trouve d’ailleurs tout au début de l’album.

Ce sont des personnages, certes, mais il y a aussi un sous-texte…

Bien entendu, il y a un grand nombre de métaphores, ce ne sont pas uniquement des petits personnages comme ça pris au hasard. « Le curé et les loups » parle notamment des émeutes de 2007. En fin de compte, cet album d’inspiration médiévale et celtique va-t-on dire est très contemporain.

Et après le curé ?

C’est la sorcière qui m’est apparue. Ils étaient tous là dans ma tête, je pense. J’aurais presque pu faire un film. On m’aurait donné plein de tunes, j’aurais pu faire un super film. J’ai les personnages dans ma tête, ils m’accompagnent. C’est sympa. C’est cool. Exactement comme le personnage de « La Tribu de Dana », ils m’accompagnent tous, ces gens-là !

L’univers de Manau est très visuel avec tous les personnages. Est-ce que ça te tenterait de monter un film ou un spectacle musical ?

Tu sais, déjà un concert, c’est toujours une suite de personnages avec Manau. Parce que quand je suis sur scène, moi, je m’en fous, ce qui est important, ce sont les chansons et les personnages. Mais c’est vrai qu’un film ou un spectacle avec costumes, etc… ce serait pas mal. En plus, ce serait facile, parce qu’ils existent tous tellement dans ma tête. Ce serait super en tout cas. Mais je le ferais uniquement si on me donne les moyens. Si je n’ai pas les moyens, ça voudrait dire faire un truc à moitié, et là, alors, non. En tout cas, ça m’éclaterait de le faire !

Tu écris les textes de Manau depuis le début. Es-tu tout le temps à gribouiller sur des feuilles, ou bien écris-tu uniquement quand tu as un projet précis en tête ?

C’est la musique qui me sert de point de départ. Souvent, je me fais une base musicale, un sample tempo basse et la musique m’amène quelque part (ou pas, d’ailleurs). Souvent, je vois tout de suite le personnage ou la situation. Et là, j’essaye de tourner autour. Parfois, ça ne marche pas d’ailleurs, j’arrête après un couplet. Et de temps en temps, je vois le bout de l’histoire, je visualise vraiment tout du début jusqu’à la fin. Du premier mot jusqu’au dernier, j’ai vraiment toute la scène en tête. Et aussi, en cours d’écriture, l’histoire peut changer, et ça c’est assez drôle. Par exemple, sur « La Tribu de Dana », j’ai fait trois versions.

Manau - DR

Et quand tu arrêtes d’explorer une piste et que tu mets le texte de côté, est-ce que ça t’arrive de revenir dessus ou bien quand c’est fini, c’est fini ?

Je peux revenir dessus, mais c’est très très rare. Il y a par exemple des personnages que j’ai mal situés au départ, et donc, quand je m’en rends compte, je reviens dessus. Mais c’est assez rare tout de même.

Cédric est donc parti, tu as repris le flambeau tout seul j’ai envie de dire. Comment ça s’est passé au niveau de la compo ?

J’ai appris ! Je n’avais pas le choix ! (rires) Avec  Laurent Méliz, et pendant les quatre années de tournée, j’ai pas mal appris. J’avais déjà attaqué la programmation avec Méliz. Donc, j’ai acheté le matos nécessaire, j’ai pris quelques cours et comme j’ai vu Cédric programmer pendant quinze ans, c’est venu assez vite en fait. C’est venu assez naturellement, de toute façon, je n’avais pas le choix, il fallait que je me lance.

D’être seul, ça te donne une plus grande liberté. Est-ce la même que quand tu bosses sur un projet perso, ou bien quand on bosse sur un projet « Manau », il y a un héritage et un certain carcan à respecter ?

Je me suis senti super libre. Soyons honnêtes, Cédric est venu me voir souvent. Mais dans Manau, c’est l’histoire qui suggère le tempo. Là, j’étais encore plus libre, parce que quelle que soit la critique, je sais qu’elle tombe sur moi. Ce n’est pas quelqu’un d’autre du groupe qui va prendre, c’est moi.

« Panique Celtique II » est tout de même beaucoup plus chanté que le premier volume…

C’est l’évolution naturelle. Au bout de 13 ans, et surtout ces dix dernières années, on n’a pas arrêté de faire des concerts, c’est donc une évolution naturelle qui s’est faite avec les musiciens. J’ai juste envie de raconter des histoires, et je n’ai pas cherché à chanter plus. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, je chante les refrains, ce que je ne faisais pas avant. Avant, je prenais toujours un choriste pour les refrains. Aujourd’hui, j’assume le fait de chanter les refrains. Mais je n’ai pas du tout pris de cours de chants ou quoique ce soit, c’est 100% naturel, et rien de calculé.

Manau © Sandrine FesqLe décalage est assez frappant entre des titres plus rappés sur le volume 1 et des titres plus chantés sur le volume 2.

On m’a déjà fait cette réflexion. C’est tout de même assez rappé, sauf que je chante les refrains. Et les personnes ne sont pas habituées…

Et comme les refrains sont efficaces, tu retiens plus facilement cette partie de la chanson…

Par exemple, dans « Panique Celtique I », à part les trucs de bourrins comme « Panique Celtique » et les trucs très hip hop, toutes les parties chantées des titres comme  « La Tribu de Dana » ou « La confession », ce n’était pas moi qui les chantais. Je n’osais pas. À l’époque, je n’osais pas chanter. Alors qu’aujourd’hui, je ne me pose plus la question, je le fais, et puis voilà ! Il faut apprendre son métier. Au début, je n’étais pas à l’aise avec ça. Et puis, à force de tourner, j’ai été plus à l’aise avec le chant. Attention, je ne veux pas dire que je suis un bon chanteur, loin de là. Mais je suis plus à l’aise avec le chant aujourd’hui.

« Panique Celtique 1 » est sorti dans une major, « Panique Celtique 2 » sur un tout petit label. Tu es devenu presque un artisan aujourd’hui, j’imagine que tu as plus de liberté là aussi…

C’est le jour et la nuit.

Avec la major, tu avais tout le rouleau compresseur, aujourd’hui, tu n’as plus tout ça. Tu te sens plus à l’aise dans quelle structure ?

Très sincèrement, quand on était chez Polydor, on faisait tout ce qu’on voulait tout de même. Nous étions auteurs-compositeurs, donc on a pu chanter les titres qu’on voulait. Bon à côté de ça, le grand truc de la major, c’est de savoir un peu t’endormir, ça aussi c’est certain… Mais je n’ai rien du tout contre les majors. C’est grâce à eux que « Panique Celtique 1 » s’est aussi bien vendu. La vraie grande différence, et ce pourquoi je suis aujourd’hui trente fois plus heureux, c’est parce que ce projet me ressemble beaucoup plus… Comment te dire sans que tu ne me prennes pour un fou… mais… J’ai super souffert du succès.

Ah bon, tu as souffert du succès ?

Oh oui ! Musicalement, je ne viens pas du tout de la grande variété. Je n’ai jamais écouté de la variété. Avec mes frères et mes potes, on a toujours été écouter des choses un peu spéciales. Et là, du jour au lendemain, ça a explosé. Quand j’ai écrit « La Tribu de Dana », ne te fous pas de moi, je pensais réellement avoir écrit un truc très underground. Pas du tout un titre grand public. Je n’imaginais pas une seule seconde que le grand public pourrait adhérer à cette chanson. Quand « La Tribu de Dana » est sortie, je travaillais toujours à l’usine. Je ne pensais pas que cette chanson allait me permettre de manger !! Et donc, Manau est devenu très vite un groupe de variété grand public, et je n’ai pas compris ce qu’il se passait. Le phénomène fan, je ne savais pas ce que c’était. Je l’ai super mal vécu. Attention, j’étais très heureux que ça se passe comme ça, il ne faut pas se méprendre. On a fait plein de concerts, on a gagné beaucoup d’argent… C’était vraiment génial. Les gens étaient super avec nous. Mais le côté « star » entre guillemets, ça ne m’a pas plu du tout. Je l’ai très mal vécu.

Le projet vous a complètement échappé en fait.

Ah oui, c’est le moins qu’on puisse dire ! Je me suis retrouvé dans la grande variété avec des fans à gauche et à droite. Je ne savais pas ce que c’était. C’est hallucinant. Je me suis retrouvé là-dedans du jour au lendemain et je n’ai pas trop compris ce qui se passait. Attention c’était super, je ne suis pas en train de faire ma Cosette ! Mais je n’étais pas heureux, parce que je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. On faisait des télés tout le temps, plein de gens nous suivaient partout… Je n’étais pas préparé à ça.

Et quand le groupe à un peu moins vendu de disques… Tu l’as mieux vécu ?

(éclats de rires) Tu rigoles, mais il y a probablement un peu de vrai là-dedans. Et je pense que c’est pour ça que je suis encore là aujourd’hui. Je suis heureux d’être simplement un saltimbanque. C’est plus ma nature. Aujourd’hui, j’adore faire des concerts et rencontrer le public. Je ne vais pas jouer mon hypocrite, si demain on me proposait de revendre des millions de disques et de jouer dans des Zéniths, je signerais tout de suite. Maintenant que je connais par cœur le métier, je saurais comment l’assumer ce truc-là. J’ai tellement aimé ces six dernières années que j’aimerais que ça continue. En plus gros, si possible, mais que ça continue dans le même esprit saltimbanque. C’est pour ça que Cédric est parti, lui, il commençait à en avoir marre. Mais moi, bizarrement, moins ça marchait, plus ça me plaisait ! (rires)

Il faut dire que le succès de « La Tribu de Dana » a été violent…

C’est un tsunami et surtout moi, je ne comprenais rien. Tu sais, je n’avais jamais regardé une émission de variétés à la télé de ma vie… Cédric avait déjà un esprit beaucoup plus large que moi. Du jour au lendemain, les gens me reconnaissaient quand j’allais faire mes courses. Je ne m’y étais pas préparé. Certains m’ont d’ailleurs certainement trouvé très hautain, alors que ce n’était que de la timidité. Mais je tiens à préciser que je ne regrette rien du tout !! D’ailleurs si j’en suis encore là aujourd’hui, c’est grâce à tout ça, j’en suis bien conscient. Ma vie personnelle est beaucoup plus super aujourd’hui.

Manau © Sandrine Fesq

Tu m’as dit que tu écoutais des trucs un peu underground quand tu étais plus jeune. C’était qui ?

J’ai découvert la musique avec le rap. Très tôt, vers 10/13 ans, j’étais déjà branché sur Nova. Et j’ai commencé à écouter les premiers trucs hip hop qui passaient. J’ai appris la musique par le biais du rap. Et par chance, c’était super ciblé à l’époque. Beaucoup de gens écoutaient la grande variété, moi pas du tout. J’étais avec mon hip hop et mon rap. Et là aussi, tu vas te foutre de moi, j’ai appris très tard ce qu’était un interprète ! Je ne savais pas ce que c’était.

Ce monde n’était pas le tien.

Voilà ! Je pensais qu’un chanteur, il écrivait et composait ses chansons. Je ne pensais pas qu’il y avait des interprètes… Je l’ai appris très tard. Tu vois, je n’étais pas du tout dans le bain. J’étais vraiment « underground » entre guillemets, alors que Manau est un groupe grand public… J’étais dans mon trip. C’est pour ça que je n’ai pas compris ce qu’il se passait.

Tu as commencé à rapper et à écrire jeune ?

C’est la logique de tous les gamins… Quand le hip hop est venu, comme tout le monde, j’ai été un danseur, j’ai été un smurfeur, après je suis devenu breakeur, puis je suis devenu un taggueur. Et la suite logique pour un mec comme moi, c’est de se mettre à écrire des textes. Donc, très tôt, je me suis mis à l’écriture. Ce n’étaient pas des textes très drôles au début… c’étaient des textes de rebelle !! (rires)

L’album bénéficie d’une édition physique, qui est en vente sur ton site web (http://www.manauofficiel.com/). Était-ce essentiel à tes yeux ?

Oui. Déjà les fans se tiraient les cheveux parce qu’ils n’en pouvaient plus ! Les gens étaient un peu en colère parce que je faisais plein de nouveaux morceaux sur scène, alors qu’il n’y avait pas de disque derrière. Ils n’étaient pas très contents. Il fallait à tout prix que j’enregistre un album et qu’on le leur propose, même s’il n’y avait pas de major derrière, et même si on savait que ça allait être très difficile. Il fallait répondre à tous les gens en leur proposant un album physique, même si c’est à petite échelle.

Va-t-on le trouver dans le commerce ?

Si quelqu’un est prêt à la prendre en édition, bien sûr. Mais nous, de notre côté, on est super impressionnés du succès. On ne s’attendait pas à ce que ça marche aussi bien, très sincèrement. Donc, on est en train de voir pour le mettre dans le commerce…

Manau © Sandrine Fesq

Tu viens de me parler de la demande des fans d’un nouvel album. Quand on parcourt les forums consacrés à Manau, beaucoup sont déçus de ne pas retrouver sur l’album des chansons que tu chantes depuis un bon moment en live. Je comprends fort bien qu’elles ne s’intégraient pas au concept de « Panique Celtique 2 », mais vont-elles voir le jour ? Si oui, quand et comment ?

Dans l’avenir, il va y avoir un CD bonus ou un spécial web, je ne sais pas encore exactement. Comme  on a la chance d’être assez présents sur le web, ce serait plutôt un cadeau sur le web. Parce que les gens sont adorables avec nous, ils ont relayé la sortie du nouvel album, donc, on leur doit bien les chansons qu’ils entendent en live !

Tu as la chance d’avoir gardé des fans assez actifs !

Je le disais l’autre jour dans une interview, les fans de Manau sont exceptionnels. Pour que ça remarche à fond, il faudrait lever une armée, et c’est un peu ce qu’il se passe en ce moment. C’est impressionnant, et je suis le premier impressionné.

Avec le succès que Manau a eu et le fait d’être resté tout le temps présent sur scène… ça aide !

Je suis d’accord avec toi. Mais tu sais quand tu as eu un grand succès comme « La Tribu de Dana », le plus difficile, c’est de revenir. Normalement, quand tu fais un tel carton, tu as après une assez mauvaise image. C’est difficile. Mais que les gens soient encore là, j’en suis heureux. Les plus jeunes ont grandi, les plus vieux ont mûri, et on s’amuse toujours autant ! Que les salles soient toujours remplies, c’est assez formidable, parce que pour les médias, je n’existe pas. N’exister que par le biais des gens, c’est incroyable.

Dès le départ, Manau a toujours été très présent sur scène.

Ah oui ! Comme je te le disais, ce qui était important à nos yeux, c’était la musique, pas le chanteur ou un tube ou ce que tu veux. On s’en fout de ça à la limite. Le plus important, c’est de faire de la musique. Être un saltimbanque, c’est la base du métier.

Des scènes sont-elles prévues ?

Oui. Elles ne sont pas encore publiées sur le site, mais on est en train de préparer tout ça. On prépare de belles choses. Certains festivals sont déjà signés. Avec Laurent Méliz, on prépare la nouvelle scène en ce moment.

Quel rapport entretiens-tu avec tes fans aujourd’hui ?

Tout a changé. À l’époque, c’était un peu du n’importe quoi… C’était du genre des filles qui criaient « Ah Martiaaaaal t’es beauuuuuuuu ! »… Aujourd’hui, c’est un rapport très différent. Ce sont des gens qui viennent écouter la musique de Manau. Il y a un rapport beaucoup plus respectueux. Le public de Manau aujourd’hui me ressemble quand j’étais plus jeune.

Manau - DR

Le public a grandi aussi. À l’époque de « La Tribu de Dana », il y avait beaucoup de gosses aussi dans le public.

Oui. Ce qui est hallucinant, c’est que même aujourd’hui, il y a encore des jeunes, même très jeunes, qui chantent tout par cœur. Je ne sais pas trop ce qu’il se passe dans leur tête. Pour eux, je devrais être un vieux has been, et puis non… ils connaissent toutes les chansons par cœur. C’est impressionnant. À l’époque, les enfants sont venus à Manau avec « La belette », je pense. Il y a eu un phénomène enfants à l’époque. C’est pour ça quand tu me dis que Manau existe toujours sur scène, j’en suis fier, parce que ce n’est pas facile quand des enfants ont aimé un groupe, après, on traîne souvent une très mauvais image vis-à-vis des adultes. Pour revenir, c’est assez difficile. Mais de voir que les gens sont toujours là, ça prouve que même à l’époque, il y avait un fond que les gens ont compris. C’est super agréable.

On va terminer par une petite question plus légère… Si tu devais t’identifier à un des personnages du village, lequel serait-ce et pourquoi ? Le curé, l’étranger, l’idiot du village, le dragueur, l’ami ?

(éclats de rires) C’est une très très bonne question ! On va dire le dragueur… Je me prends tellement de râteaux ! (rires)

Propos recueillis par IdolesMag le 12 janvier 2012.

-> Site officiel : http://www.manauofficiel.com/








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