Interview de Christophe Deschamps, Missils Airlines  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 19/01/2012.
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Missils Airlines © Christophe Deschamps

Le nouvel album du groupe « Missils Airlines » emmené par Flo, Vincent Perrot (Viché de Vince), Pascal Novak (Scal Novak) et Christophe Deschamps est dans les bacs depuis le 16 janvier dernier. Cet album, résolument rock, incisif et énergique nous a séduits. Nous avons donc rencontré Christophe Deschamps, le batteur du groupe pour qu’il nous parle un peu de ce nouvel opus, « 240 ». Au cours de notre entretien, Christophe reviendra également sur son parcours, les tournées de Jean-Jacques Goldman, celle d’Eddy Mitchell et son parcours de chanteur. Rencontre avec un des musiciens les plus emblématiques de la scène française de ces 20 dernières années. Missils Airlines sera entre autres sur scène le 12 mai au Wolf Rock Festival de Dour (BE).

IdolesMag : Dans quelles circonstances vous êtes-vous tous rencontrés ?

Christophe Deschamps : Je suis ami depuis très longtemps avec Vincent Perrot qui est le bassiste. Lui avait déjà fondé un groupe qui s’appelait « Mary Modified » avec une chanteuse américaine. Je n’avais jamais fait de groupe auparavant et ça me faisait envie depuis longtemps. J’ai passé mon temps à accompagner des chanteurs comme tu le sais… (rires) Donc, je lui ai proposé de travailler avec lui. On a commencé à bosser ensemble. Ensuite, le groupe a évolué parce qu’on a arrêté de travailler avec la chanteuse américaine et Flo est arrivée. Comme Flo est française, on a bifurqué vers du rock en français. Et voilà comment je suis venu jouer avec eux…

Missils Airlines, 240C’est donc parce que Flo est arrivée et qu’elle était francophone que vous avez décidé de partir sur du rock en français. Elle aurait pu chanter en anglais…

Oui, bien sûr, mais je pense qu’au niveau crédibilité, quand on n’est pas vraiment anglo-saxon de naissance, ce n’est pas bien de chanter en anglais. Enfin, c’est mon avis ! Quand ce n’est pas ta langue maternelle, c’est toujours plus difficile. Enfin, pour chanter en anglais, il faut avoir un accent parfait, ce qui n’était pas le cas.

D’où vient le nom du groupe ?

Au départ, il s’appelait « Miss Ils ». Et puis ensuite, on a bifurqué parce qu’il y avait parfois des confusions. Et donc, on s’est dit qu’il fallait qu’on change de nom, mais on avait envie de garder « missils » dedans, donc, on a trouvé « Missils Airlines » et on est tous partis dans le même avion, pour le même voyage !… On n’a jamais vraiment été chercher plus loin. C’est un peu comme une compagnie d’aviation dans laquelle on est tous embarqués.

Peux-tu me présenter le reste de l’équipage ?

Il y a Scal Novak qui est guitariste. Il faisait partie du groupe « Mary Modified ». Il a eu plusieurs expériences solos, mais je l’ai connu par le biais de Vincent. Vincent Perrot, lui, est donc arrangeur, mixeur, preneur de son, bassiste, compositeur. Il fait plein de choses. C’est mon compagnon de très longue route. On a travaillé sur de nombreux projets ensemble. Et puis, il y a Flo, qui avait déjà fait un disque chez Sony. Elle nous a rejoints quand on cherchait une chanteuse. Vincent l’a rencontrée dans un magasin de musique, quelque chose comme ça…

Qui amène quoi ?

En général, c’est Vincent et moi qui amenons des maquettes, enfin… des bribes de chansons. On les travaille ensemble. Ensuite, on les répète, on les modèle, on cherche, on tourne autour. Ensuite, c’est Vincent qui écrit les textes et qui mixe. C’est vraiment Vincent le « producer » du disque, va-t-on dire. Flo amène parfois des chansons aussi avec des textes un peu plus féminins, mais sur le dernier album, c’est essentiellement Vincent qui a écrit les textes. Après, on enregistre les titres et c’est Vincent qui mixe tout au final.

Il y a eu un premier album éponyme en 2007 et un EP en 2009, mais c’est tout de même long 4 ans entre deux albums. Que s’est-il passé ?

Oui, c’est assez long parce que c’est dur… On était autoproduits, maintenant nous sommes distribués. Mais ça prend beaucoup de temps, parce que c’est beaucoup plus difficile de réaliser des albums et de les concrétiser quand on est tout seul. Il faut le temps de composer, et puis de trouver les moyens pour enregistrer. Nous, on aurait aimé que ça aille un peu plus vite, mais malheureusement, ça a pris un petit peu de temps.

Missils Airlines © Céline Perret

L’album est sorti en début d’année dernière en Suisse et en Belgique. Il sort seulement aujourd’hui en France…

… c’est tout simplement parce que nous n’avions pas de distributeur en France. Nous, on aurait aimé que l’album sorte partout en même temps, mais on vient seulement de trouver un distributeur pour la France maintenant.

Vous êtes-vous mis à bosser sur « 240 » juste après le premier album ou un peu après ?

Oh après… On s’est mis à bosser réellement sur de nouveaux titres il y a un an et demi à peu près. Et là, on commence déjà à bosser sur de nouveaux titres pour un futur album, parce que ça prend toujours pas mal de temps à chaque fois.

Quelle est la première chanson que vous avez écrite sur « 240 » ?

Bonne question ! Je ne sais plus… (rires) Sincèrement, elles sont presque toutes arrivées en même temps pour la simple et bonne raison que quand on a décidé de faire l’album, on a amené toutes les maquettes qu’on avait préparées en amont. On les a toutes bossées en même temps, il n’y en a pas eu une qui s’est détachée plus qu’une autre.

Missils Airlines © Céline Perret

Quand vous avez décidé de travailler sur ce nouvel album, saviez-vous de prime abord dans quelle direction musicale vous alliez aller ou bien est-ce que ça s’est dessiné au fil des répétitions ?

Oui. On le savait. En fait, avec le premier album du groupe, chacun venait d’un univers plus ou moins différent des autres. On a commencé à faire des concerts et on s’est aperçu rapidement dans quel style on se sentait tous bien sur scène, ce qui nous correspondait le plus. Et en fait, on avait envie d’aller dans une direction de rock incisif. Et c’est pour ça qu’on s’est dit que sur le deuxième album, on allait faire quelque chose qui déménageait. On avait envie de morceaux qui vont vite, qui ont beaucoup d’énergie. C’est un peu le dessein du second album. À part « Serial Killer », tu remarqueras que tous les morceaux sont rapides. On avait vraiment en tête cette idée de style très compact et de groupe rock incisif.

Dès le départ, vous saviez donc exactement où vous alliez aller.

Ah oui. Totalement. On s’est orienté vers ce son directement.

Missils Airlines © Céline Perret

Un son qui tranche d’avec « Mary Modified », beaucoup plus électronique.

Oui. Ce qui s’était passé avec « Mary Modified », le premier groupe avant « Missils », c’est que tout était électronique, avec beaucoup de séquences et de choses comme ça. On était donc très dépendants de la technologie, des computers et de l’électronique. C’était fatigant et dangereux. Ça en devenait même stressant. Donc, on s’était dit que le prochain groupe et le prochain album qu’on allait faire, ce serait tout en acoustique. Enfin, il y a de l’électrique, mais ce que je veux dire c’est qu’on ne voulait plus de sophistications, plus de séquences, plus d’ordinateurs. On voulait quelque chose de vivant sur scène qu’on puisse jouer aussi bien dans une cave que dans un garage ou sur une grosse scène. Nous ne voulions plus être dépendants d’un clic ou d’un ordinateur qui marche ou qui ne marche pas. Parce que ça, ça dégage un stress pas croyable. Et on n’en voulait plus.

« Serial Killer », c’est un clin d’œil à Gainsbourg.

Un hommage soutenu, même !

Que représente-t-il pour vous ?

C’est quelqu’un de respectable. En France, c’est quelqu’un d’énorme. Il y a une telle richesse dans sa carrière, dans toutes les chansons qu’il a écrites. On l’aimait. On avait envie de le montrer et de le dire, tout simplement. C’est un réel hommage, c’est un artiste qu’on apprécie beaucoup et qu’on respecte énormément. Et qui, surtout, pouvait se marier avec notre style. C’est Vincent qui a écrit paroles et musiques sur ce titre.

D’où vient le titre de l’album, « 240 » ?

Ça vient de ce qu’on dit dans la chanson « Nuit de Plomb ». C’est l’histoire d’une voiture qui va très vite dans la nuit. Et « 240 », c’est en général le chiffre que l’on donne pour définir la vitesse d’une voiture qui va très vite. Et ça correspondait bien à l’idée de ces morceaux qu’on voulait rapides, énergiques et powerfull.

Missils Airlines © Christophe Deschamps

Avez-vous joué les morceaux sur scène avant de les enregistrer ?

Oui, je crois, mais je n’en suis pas sûr du tout… ce qui est sûr par contre, c’est qu’on les avait répétés et joués en répet’. On n’est pas arrivés en studio directement pour les enregistrer. On les a testés en les répétant, ça c’est sûr, mais les a-t-on joués devant un public ? Je n’en suis plus certain. Certains ont été prêts plus tôt que d’autres et ceux-là, on les a peut-être joués sur scène.

Je te pose la question parce qu’en les jouant sur scène, ça donne parfois d’autres idées.

Tout à fait.

Mais donc, vous n’avez pas forcément voulu les jouer avant de les enregistrer ?

Non, par forcément. On se rend compte tout de même en répétition rapidement ce qui va fonctionner sur scène ou non. Après, bien entendu, on peut avoir des surprises. Mais si déjà le titre nous plait à nous, c’est déjà pas mal !

C’est Vincent qui a réalisé l’album. Pourquoi ne pas avoir fait appel à une oreille extérieure ?

C’était naturel. Vincent est à la base du projet. Tout part de lui. C’est tout de même lui qui écrit tous les textes et qui compose moitié-moitié avec moi. Et en plus de ça, il a le talent pour. Il sait prendre le son, il sait faire du mixage, il sait faire des arrangements finaux, en bref, il sait produire et réaliser un album. Et on ne lui discute pas cette place-là, parce qu’il est le seul à pouvoir le faire dans le groupe. En plus de ça, quand on voit la genèse du groupe, ça paraît naturel que ce soit lui qui réalise l’album. Et c’est une chance de bosser avec lui.

Toi, tu t’occupes pas mal de l’image, de l’artwork, etc…

Oui. Je m’occupe de tout ce qui est pochette, visuel et tout ce qui est clip vidéo.

Missils Airlines © Céline Perret

C’est quelque chose qui te plaît, l’image.

Ah oui ! Beaucoup. Si je n’avais pas été musicien, j’aurais été graphiste sans aucun doute. C’est certain. Si on me donne une seconde vie, c’est ce que je ferai. J’adore ça. Je n’en ai jamais fait mon métier et je ne le fais pas professionnellement, mais je m’en sers pour mes projets personnels comme « Missils Airlines » ou d’autres projets sur lesquels je bosse. C’est quelque chose qui me passionne et qui me plait.

Chacun trouve vraiment sa place dans le groupe.

Oui, Vincent mixe et réalise. Et il le fait bien. Moi j’essaye de faire le visuel, parce que je pense pouvoir le faire.

Et que font les deux autres ? (rires)

Un qui conduit le camion, et l’autre qui cuisine ! (éclats de rires) Je rigole, mais on se complète vraiment bien. Et à l’heure d’aujourd’hui, c’est presque nécessaire pour les groupes de pouvoir un peu assumer toutes les tâches.

Qui est-ce qu’on écoutait chez toi quand tu étais gamin ?

J’ai grandi avec mes frères et sœurs. Je suis le 12ème d’une famille de 12 enfants. Donc, mes frères et sœurs écoutaient plein de trucs différents. Je suis venu à la musique très tôt parce que mon frère écoutait les Beach Boys et ma sœur écoutait l’émission « Salut les copains ! » quand j’étais gamin. Moi, ça m’a tout de suite attiré et ça m‘a tout de suite plu. Je me déguisais en Beatles au lieu de me déguiser en Zorro ! (rires) Je faisais déjà de la musique sans en faire. Mon frère m’a lancé en écoutant les Beatles, les Beach Boys et tous ces groupes-là, et puis je me suis fait mon éducation musicale tout seul, j’ai pris le relais. Par contre, il y a un truc assez amusant, je pense que je n’ai jamais entendu mon père écouter de la musique. Jamais. C’est assez hallucinant, mais je ne sais pas pourquoi. Ma mère par contre écoutait de la musique classique, Mozart etc…

Et toi qui étaient tes idoles ?

J’ai eu des idoles batteurs et des idoles groupes ! J’ai adoré les Beatles, ça c’est évident. J’ai aimé beaucoup d’autres groupes comme Deep Purple, Led Zeppelin, les Who… Enfin, la plupart des groupes anglais des années 70. Mais je n’avais pas vraiment d’idole chanteur, c’étaient surtout des groupes. Après, il y a eu des batteurs comme Carl Palmer, qui était mon idole. Ringo Star évidemment avant aussi. Steve Gadd et Jeff Porcaro, qui sont des batteurs américains de studio, je les admirais. Mais là, j’étais même plus vieux. J’avais 22 / 23/ 24 ans. J’étais fan d’eux. Après je suis devenu adulte… et j’ai arrêté d’être fan !

Missils Airlines © Céline Perret

Qu’est-ce qui t’a poussé vers la batterie ?

En toute honnêteté, je ne sais pas ! Tout de suite, depuis tout petit, la musique m’a attiré, et je ne sais pas pourquoi j’ai pris la batterie. C’était un truc attractif, ça me plaisait de voir ces cymbales et d’entendre ces bruits… Mais je ne sais vraiment pas pourquoi, mais c’était la batterie et rien d’autre. En plus, je n’ai jamais fait d’autre métier. Depuis l’âge de 8 ans, je n’ai fait que ça. À 8 ans, je me fabriquais mes batteries moi-même, à 12 ans, j’ai eu ma première batterie, une toute petite batterie que m’avait ramenée mon frère qui vivait en Allemagne. C’était le plus beau jour de ma vie. Après, je n’ai plus fait que ça. J’ai monté des groupes, etc… J’ai revendu cette batterie-là pour en racheter une autre, etc… Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais fait que ça… J’en suis assez heureux ! Mais je ne peux vraiment pas te dire pourquoi la batterie. Parce que ça m’a plu tout simplement. En fait, je crois que personne n’aurait pu m’empêcher d’être batteur, mes parents n’auraient jamais pu m’empêcher d’en faire mon métier ni m’imposer de faire autre chose.

C’est assez marrant, parce que naturellement, on est plus facilement attiré par une guitare ou un piano.

Oui… Mais je ne sais pas, il y a eu quelque chose qui m’a tout de suite plu dans la batterie. Et en plus, je n’ai jamais hésité. Des fois, des musiciens commencent par la basse et finissent par la guitare ou d’autres apprennent le piano et finissent par le chant, moi, ça a tout de suite été la batterie et ça l’est toujours ! Je n’ai jamais eu aucun doute.

Missils Airlines © Céline Perret

Ta première grosse tournée, tu l’as faite avec Eddy Mitchell. Dans quelles circonstances l’as-tu rencontré ?

En fait, la première personne un peu connue avec qui j’ai travaillé, c’était Bill Deraime. On était avec Jean-Jacques Milteau, un harmoniciste reconnu. Je ne sais plus de quelle manière mais il nous avait réunis avec Jean-Yves d’Angelo, Patrick Verbeke,… On a donc accompagné le bluesman Bill Deraime. À l’époque, il débutait, il avait fait un album, « Faut qu’j’me tire ailleurs », on l’avait fait avec lui. C’était un petit peu le début pour nous de faire des scènes professionnelles sur toutes les scènes de France et des festivals. Et à cette époque, Eddy Mitchell cherchait un groupe pour partir en tournée, il nous avait repérés et nous a demandé de l’accompagner pour sa tournée. Moi, à l’époque, je devais avoir 22/23 ans et j’étais fou de joie. On a fait un mois l’Olympia. On a tourné dans toute la France. C’était Noël avant l’heure ! Et puis surtout, ça a été une super vitrine parce que tout d’un coup, ça m’a permis de me faire connaître des gens du métier. Et donc, ça m’a donné accès à plein de séances de studio et plein de projets différents. Jean-Jacques Goldman m’a connu justement à travers cette tournée avec Eddy Mitchell.

On ne va pas pouvoir revenir sur toutes les tournées sur lesquelles tu as joué…

Ce serait un peu long effectivement ! (rires)

… mais de quelle tournée gardes-tu le meilleur souvenir ?

La première avec Eddy Mitchell. C’était une tournée d’été. J’y ai pris un plaisir fantastique par la musique, mais aussi par le style de vie, etc… C’était le bonheur total. C’était aussi la découverte de cette vie de tournée. Après, j’ai fait beaucoup de tournées… Ce serait difficile de t’en citer une parmi les autres. Mais disons que toutes les tournées que j’ai faites avec Jean-Jacques Goldman resteront les plus mémorables pour moi. Que ce soit émotionnellement ou musicalement. Ça a, à chaque fois, été un réel plaisir.

Pourquoi ?

Jean-Jacques Goldman est quelqu’un d’exceptionnel. Être proche de lui, c’est enrichissant, ça te remplit d’allégresse. Ce n’est que du plaisir au quotidien. C’était juste génial. Et d’ailleurs tous les gens qui ont travaillé sur ses tournées te diront la même chose que moi. Ça reste les meilleurs souvenirs qu’on ait pu connaître.

Tu as chanté aussi… Il y a eu un premier album, « Connivences » en 1991, avec un titre phare, « Idole Idole ». Elle est née quand cette chanson et cette aventure d’ailleurs ?

C’est marrant que tu me poses cette question, parce que la grille de ce morceau est née quand j’étais à Los Angeles. J’ai habité deux ans à Los Angeles, j’ai fait une école de musique là-bas. Et c’est là-bas que j’ai trouvé cette suite d’accords. Après, quand je suis revenu en France, j’ai commencé à écrire des chansons que je voulais placer un peu à différents chanteurs, mais sans vouloir chanter. Et j’ai fait la rencontre de Jean-Jacques Souplet, un producteur de chez EMI, qui m’a dit que mes chansons étaient super et m’a demandé pourquoi je ne les chantais pas moi-même. Je n’étais pas convaincu, mais il m’a produit cet album-là et donc, j’ai composé des chansons pour cet album et j’en ai réuni quelques-unes que j’avais déjà, dont « Idole Idole », dont je n’ai pas écrit le texte, je le précise. C’est Francis Basset qui l’avait écrit. Le texte est donc venu beaucoup plus tard, au moment où il a été question de sortir un album. Par contre, la musique est née bien avant.

Être chanteur n’était donc pas quelque chose qui te travaillait depuis longtemps.

Ah non. Pas du tout. D’ailleurs, je n’ai pas continué. J’ai plus pris ça comme une expérience, mais je n’étais pas habité par la profession, sincèrement. D’abord, je ne pense pas être un bon chanteur. Et ensuite, être devant sur scène de cette manière-là, ça ne me correspondait pas. C’est sûrement pour ça que je suis si bien derrière ma batterie ! (rires)

Missils Airlines © Céline Perret

Pourtant, tu as retenté l’expérience en 1995 avec un deuxième album « En l’air », qui lui n’a jamais vu le jour.

Effectivement. Je pensais pouvoir continuer… J’étais assez content du premier album, donc je me suis lancé dans une nouvelle aventure avec « En l’air ». Là, par contre, je l’ai mal réalisé et mal produit. Et je n’ai pas voulu insister. J’ai juste arrêté.

La chanson, c’est une histoire finie aujourd’hui ?

En tout cas la chanson en tant que chanteur pur et dur, je pense que oui. En même temps, j’ai toujours envie de faire un album, parce que j’ai plein de musiques qui trainent et que je trouve que c’est dommage de les laisser comme ça sans rien en faire. Je suis donc toujours tenté de faire un album, mais ce serait d’une autre manière, je pense. Ce serait plutôt un album de featuring avec des gens avec lesquels j’ai envie de chanter, et je poserais ma voix de temps en temps. Un album sans étiquette, sans rien. Comme j’ai la chance d’avoir un studio à la maison, j’ai les moyens de pouvoir enregistrer un album et j’ai envie de le faire. Je ne l’ai pas encore fait parce que j’ai toujours 10 000 projets en tête et que je n’ai pas le temps tout simplement. Mais on ne peut pas dire que la chanson ce soit fini. En tout cas en tant que chanteur simplement, c’est fini. Autrement, pourquoi pas ?

Tu fais pas mal de sessions studio aujourd’hui et on te voit encore très souvent sur scène, notamment avec Keren Ann ces derniers temps. Où te sens-tu le plus à ton aise ? En studio avec un travail plus précis ou sur scène avec un travail plus instinctif ?

J’ai envie de te dire que je me sens dans mon élément quand je joue de la musique que j’aime. Alors, que ce soit sur scène ou en studio, ça n’a pas trop d’importance. Disons que le travail de studio est un travail d’orfèvre. On essaye de capter une émotion et ça se passe très vite parce que c’est souvent fait en un après-midi et puis hop on n’y revient plus, c’est fini. Une tournée, quand on est sur scène, on joue tous les soirs, on a une réponse directe du public. J’imagine que c’est la même chose pour un acteur qui fait du cinéma, qui aura plus de notoriété parce que le film va toucher plus de monde, alors qu’au théâtre, il joue devant moins de monde, mais quand on reçoit les applaudissements, ça nous remplit beaucoup plus. Donc la scène, c’est plus plaisant et plus jouissif, mais c’est moins porteur que de faire un disque, qui peut toucher plus de monde. À choisir, je préférerais ne faire que de la scène parce que j’aime vivre et partager des moments avec les gens. Le studio, c’est éphémère, c’est rapide, c’est un coup d’éclair.

Vous allez jouer au Zèbre de Belleville le 26 janvier [notre interview a été réalisée avant, le 19 janvier]. D’autres dates sont-elles prévues ?

Oui, il y en a une au mois de mai en Belgique (le 12 mai au Wolf Rock Festival de Dour). Mais en France, on n’en a pas d’autres pour l’instant. Ce qui s’est passé, c’est que j’étais en tournée avec Keren Ann l’hiver dernier, donc, on ne s’est pas trop occupé à trouver des dates. Et là, on est en train de retravailler pour trouver des concerts. À partir de mars, on essaye d’en avoir d’autres. Tu sais, « Missils Airlines », c’est limite artisanal. On n’a pas de grosse maison de disques derrière nous, donc, on est obligés de faire tout nous-même. C’est beaucoup plus difficile. Et puis, ici, c’est notre groupe, ce n’est pas la même chose que quand on accompagne un chanteur, où là on a des exigences. On demande tant d’argent et telles conditions. Quand on va pour notre groupe, on n’a pas beaucoup d’argent, et quand on a un peu d’argent, ça sert pour la production du groupe, pour couvrir les frais. Mais on n’en est pas au stade de s’enrichir, c’est évident !

Et puis, vous avez tous des engagements à gauche et à droite et ce n’est pas évident de caler des dates.

On est obligés. On ne gagne pas notre vie avec le groupe. C’est évident.

Quels sont tes prochains projets en dehors de « Missils Airlines » ?

J’ai encore quelques concerts avec Keren Ann. Et là, je travaille avec Benjamin Paulin. On est en train de répéter avec les membres du groupe Rococo aussi. Ils sont super. On est en train de répéter pour faire des concerts avec lui. Donc, mon actualité, ça va être ça dans les prochains mois en tout cas.

Propos recueillis par IdolesMag le 19 janvier 2012.

-> Site officiel : http://www.missils-airlines.com/








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