Interview de Glasgow

Propos recueillis par IdolesMag.com le 05/12/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.






Glasgow © Eric Soudan

Le groupe Glasgow vient de sortir son premier album, « Le Sexe des Anges », un album résolument rock avec de belles mélodies et des textes un tantinet cyniques. Nous avons donc été à la rencontre Cris et Sofi pour qu’ils nous parlent de ce premier album fort prometteur. Sofi s’occupe de la compo, Cris des textes et du chant. Au cours de notre entretien, ils évoqueront chacun leur parcours respectif et nous expliqueront aussi comment Djoum (Superbus, Bashung, Indochine…) et Bruno Solo sont arrivés sur le projet. Rencontre avec Glasgow, un groupe de rock qui, malgré son nom écossais, a pris le parti de toujours chanter en français…

IdolesMag : Dans quelles circonstances est né le groupe Glasgow ? Je pense que Sofi n’était pas là au départ…

Cris : Effectivement. J’ai formé en 2005 avec plusieurs personnes un groupe qu’on a fini par appeler Glasgow pour des raisons qui finalement n’avaient pas vraiment trait à la ville au départ. C’était plutôt lié à l’échelle de Glasgow qui était une échelle médicale. Quand on cherche le nom d’un groupe, on cherche toujours des tas de symboles ! (rires) Mais Sofi est arrivée très vite. Elle est arrivée au printemps 2006 quelques mois plus tard. On cherchait un guitariste. Elle rentrait de Glasgow (pour le coup, elle, elle vivait là-bas) et elle a répondu à l’annonce. Pour elle, ça a été un signe, je pense ! On s’est rencontrés comme ça. Et c’est comme ça que l’histoire a commencé. Elle a intégré le groupe et on a fait les premières démos ensemble. On peut tout de même dire que Sofi est là depuis le départ du groupe, dans ce sens où elle est là depuis les premiers enregistrements du groupe. Mais effectivement, à la base, j’étais déjà dans une formation qu’on avait appelée Glasgow.

Glasgow, Le sexe des angesQu’est-ce qui vous a donné l’envie de faire de la musique ensemble ?

Cris : Au départ, bien que nous étions un groupe de rock, on était dans un registre plus pop sucrée. C’était moins rock qu’aujourd’hui. Et petit à petit on s’est trouvé des affinités avec Sofi. Elle composait des chansons de son côté, et moi, j’ai toujours écrit des textes. À l’époque il n’y avait pas un seul compositeur dans le groupe. Je me suis rapproché de Sofi parce que j’avais beaucoup d’affinités avec ses mélodies et ses morceaux. Donc, ça ne s’explique par vraiment, c’est plutôt une question de sensibilité musicale qui nous a rapprochés. Par la suite, comme dans beaucoup de groupes, les autres ont décidé de quitter le projet. Nous nous sommes retrouvés les deux à construire un répertoire qui nous correspondait plus finalement.

Le fait de chanter en Français date-t-il de quand vous vous êtes retrouvés les deux ou était-ce déjà le cas avant ?

Cris : Là, pour le coup, c’est depuis le départ. Parce que, comme je te le disais, c’est toujours moi qui ai écrit les textes. Et mes influences, pour ce qui est de l’écriture de textes, sont françaises. Il n’y a rien d’innovant dans ceux que je vais te citer, mais j’ai adoré Gainsbourg et les paroliers de Bashung quelles que soient les époques. Et la chanson française d’une manière générale.

Et musicalement, quelles sont tes influences ?

Cris : Ce sont des influences beaucoup plus rock. Limite métal parfois ! J’ai toujours été un grand fan de groupes comme Foo Fighters, Nirvana, tous les groupes avec lesquels j’ai grandi dans les années 90.

Et toi Sofi, quelles sont tes influences ?

Sofi : On les trouve plus de l’autre côté de la Manche ! Je suis très sensible aux mélodies et aux morceaux d’un groupe comme RadioHead, et pas mal de groupes des années 90 comme Blur, Oasis ou les Cranberries. J’aime les musiques qui sont assez puissantes mais qui restent mélodiques. Des compos qui n’ont pas peur de laisser la place à la mélodie avec quelque chose de soutenu et de musclé par derrière. C’est ce genre de musique que j’apprécie.

Comment bossez-vous tous les deux ? Qui amène quoi en premier ?

Sofi : Le plus souvent, j’arrive avec une mélodie guitare-voix assez sommaire. Quelque chose qui n’est pas figé. Autour de ça, on arrange le titre avec le groupe. C’est généralement comme ça qu’on travaille. Ça peut arriver qu’on parte d’un texte, c’est plus rare mais c’est déjà arrivé. Comme tu vois, on n’a pas vraiment de marche à suivre, mais généralement, ça marche mieux quand j’apporte une mélodie et que Cris pose son texte dessus.

Glasgow © Eric Soudan

Quand tu bosses sur une mélodie, es-tu plutôt une instinctive ou une grosse besogneuse ?

Sofi : Je suis plutôt une instinctive. C’est vrai que j’aime bien m’isoler un petit peu avec mon instrument, gratouiller, chercher et voir ce qui vient. Je ne m’impose jamais de plages de travail où je m’obligerais à sortir un morceau impérativement. J’ai des phases où je suis plus inspirée que d‘autres, c’est normal. Et donc j’en profite…

Et toi, Cris, tes textes sont assez cyniques tout de même…

Cris : Heureusement, ils ne sont pas autobiographiques, sinon ma vie serait triste à mourir. (rires) Ce sont des choses de tous les jours qui m’inspirent. L’album s’appelle « Le sexe des anges » parce que finalement on dit souvent qu’on a vite fait le tour dans le thème des chansons. Et ce n’est pas forcément faux dans le sens où on parle souvent d’amour ou de tragédie. Là, on parle de mort ou de maladie sur certaines chansons. Ce n’est pas forcément très gai au premier abord. Tout l’intérêt de chanter en français réside dans le fait qu’on peut traiter ces sujets graves avec du cynisme et de la dérision, mais pas forcément dans toutes les chansons. L’idée c’est de tourner autour d’un thème. Ce n’est pas forcément de dire que cette chanson va parler de ça, et ne parler que de ça. Je prends l’exemple de « Chien et Chat », qui est l’histoire d’un couple, une sorte de « Je t’aime moi non plus », mais l’idée était de ne pas rester terre à terre. L’idée c’était vraiment de trouver une forme d’expression particulière. Et d’ailleurs, je trouve que cette chanson symbolise bien le ton de l’album. « Si je prenais le temps de te parler, je te dirais combien je te hais »

Glasgow © Anthony Dubois

Les paroles sont écrites dans le livret en prose et non sous forme de poésie comme il est d’usage de le faire. Tu peux m’expliquer pourquoi ?

Cris : C’est volontaire. Tu sais, je suis arrivé à l’écriture en essayant d’écrire des nouvelles et des histoires. Donc forcément, la rime n’est pas le gros fort de mes textes. L’idée, c’est plus d’écrire des histoires sur un ton particulier. Toujours avec des jeux de mots qui me plaisent. C’est pour ça que le français m’intéresse, il a tellement de ressources et de finesses de langage ! Et ces nuances n’existent pas forcément dans d’autres langues comme l’anglais. En tout cas, moi, je ne trouve pas toutes ces nuances qui me plaisent tant en français dans la langue anglaise. Souvent on dit que l’anglais sonne mieux mais qu’il est peut-être plus restreint dans sa richesse, en tout cas, pour un francophone. Donc effectivement, mes textes ressemblent plus à de la prose parce que l’idée c’est que ces textes soient comme des petites histoires plutôt que des petits poèmes. Ce sont des histoires courtes. Comme je te le disais tout à l’heure, ce n’est pas forcément autobiographique, mais c’est toujours l’histoire de quelqu’un. C’est donc pour toutes ces raisons qu’on a décidé de présenter les textes dans le livret en enfilade. Parce que finalement, la rime, ce n’est pas à mes yeux la chose la plus importante qu’il puisse y avoir dans une chanson. Ce qui est le plus important, c’est le sens et le sentiment qui va s’en dégager au final.

Est-ce que vous aimeriez un jour échanger les rôles ? Toi, Cris, composer et toi Sofi, écrire.

Sofi : Oh ! Ce n’est pas exclu ! Après, moi, je suis quand même assez contente de la manière dont on fonctionne et c’est vrai que quand j’écoute les textes que Cris écrit sur mes mélodies, souvent, je me dis que ce sont les mots que j’aurais voulu écrire. Par contre, si je devais écrire des textes, j’aurais plutôt tendance à le faire en anglais, parce que ça me vient plus facilement.

Cris : Accidentellement, c’est tout de même déjà arrivé sur quelques chansons. Je suis guitariste de formation, donc, il m’est parfois arrivé de chercher une petite partie sur une des compos de Sofi qui avait un petit manque. Et puis elle, inversement, j’ai parfois un manque sur un refrain ou un bout de texte, et elle vient me souffler un mot ou l’autre. Je pense notamment à « Attaque-moi ». C’est une chanson qui est partie sur une idée de Sofi finalement puisqu’elle est venue avec ces deux mots et sa mélodie. Et en fait quand elle m’a dit ça, ça m’a fait tout de suite penser à cette maladie qu’est le cancer qui te ronge et contre laquelle il faut se battre. Mais encore une fois, si tu lis le texte, il n’y a rien de déprimant dedans, au contraire, il y a tout un tas de jeux de mots et de diversions pour essayer de parler de ce sujet sans que la chanson ne devienne complètement triste. Et donc, ce sont les deux mots de Sofi qui ont fait le refrain.

Glasgow © Anthony Dubois

Tu chantes très peu sur l’album, Sofi. Juste un petit bout sur « Chien et Chat ». Pourquoi ?

Sofi : Parce que je ne suis pas chanteuse du tout.

Et ça ne te démange pas parfois un petit peu ?

Sofi : Non. Je fais parfois des chœurs sur scène. Après, sur « Chien et Chat », le propos justifiait le duo. Et du coup, comme ça s’est présenté de façon assez logique, je l’ai fait. Mais ce n’est pas forcément évident que je chante plus dans le futur parce que je ne suis pas chanteuse…

Cris : Tu chantais tout de même beaucoup plus avant, dans les premières démos qu’on a faites, dans la première mouture du groupe. Mais comme je le disais tout à l’heure, le répertoire était différent.

Sofi : Oui. À l’époque, on était plus sur des harmonies vocales.

Cris : Quelque chose de beaucoup plus acidulé. Et on s’est rendu compte à un moment donné que le côté harmonique variétisait un peu nos compos. On n’aime pas mettre des étiquettes, mais on a voulu se détacher de ça en ne gardant qu’une seule voix et en utilisant la voix de Sofi uniquement quand le propos le justifiait ou quand la mélodie le demandait. C’est pour ça qu’en live, on a réintégré la voix de Sofi sur certains morceaux. Et des fois, on chante un refrain à deux avec une petite harmonie. Mais on le fait aussi avec Romain, le bassiste et Mathias le batteur. En live, on prend plus de liberté sur le côté mélodique.

Glasgow © Eric SoudanComment s’est passé l’enregistrement ? Du live tous en ensemble ou instrument par instrument.

Sofi : Majoritairement, ça a été chaque instrument et la voix séparément. Mais quelques morceaux ont été enregistrés de manière plus live comme « Les mécaniques » ou « Ammonium ». Par contre, la base et toute la préparation ont été faites en live. C’est important de le souligner. On a enregistré nos démos en live, et on a fait le choix des morceaux sur ces enregistrements live. Donc, la préparation s’est faite de manière live et après, lors de l’enregistrement, chaque partie séparément.

Cris : Il faut savoir qu’on a eu la chance de travailler avec Djoum en studio, et que c’est quelqu’un qui a une expérience incroyable. Il a certaines méthodes de travail qui n’étaient pas forcément à notre portée au départ, ou dont on ne connaissait pas l’existence. Comme te le disais Sofi, on a enregistré nos démos en live et ça nous a permis de choisir nos tempos. Sur l’album, on retrouve notamment du « tempo change », c’est-à-dire que le tempo change de manière progressive. Tout simplement parce que la version maquette était faite comme ça, et qu’on a voulu garder cet effet. Souvent, quand on enregistre en studio, c’est au métronome. Mais nous, on a voulu conserver la spontanéité qu’il y avait dans les maquettes live. Et donc, on a retranscrit ces changements de tempos dans l’enregistrement final. Ça nous a permis de garder la vie qui était dans la démo.

Comment Djoum [Superbus, Bashung, Indochine…] est-il arrivé sur le projet ? Vous le connaissiez depuis longtemps ?

Sofi : On avait des connaissances en commun, c’est comme ça qu’on l’a approché. On avait déjà eu la chance de lui faire mixer une vieille maquette. On avait été vraiment satisfaits du résultat. Et du coup, pour l’enregistrement de l’album, on a eu envie de se tourner vers lui. On avait très envie qu’il réalise notre album. Il est venu passer pas mal de temps en amont avec nous justement pour qu’on prépare bien nos maquettes. Et puis, ensuite, on est rentré en studio avec lui pendant un mois. Et il s’est occupé du mix par la suite. Ça a été un long suivi et une belle aventure.

Cris : Ça s’est tout de même étalé sur une période d’un an entre la première rencontre et l’enregistrement. Il y a eu plusieurs étapes. Il a d’abord fallu le convaincre ! Ça ne s’est pas fait comme ça, il ne faut pas croire ! (rires) On est retournés en Écosse faire quelques concerts pour créer ces fameuses maquettes live là-bas. Et c’est ça qui a fini par convaincre Djoum. C’est là, je pense, qu’il s’est dit qu’il y avait peut-être un potentiel. Ça lui a donné envie en tout cas de commencer à travailler avec nous. Après, on n’a pas tout de suite parlé d’album. On s’est d’abord dit qu’on allait faire quelques morceaux pour commencer… Il est venu quelques fois à Lyon. Puis, il est revenu pour l’enregsitrement.

C’est donc vrai, vous avez bien été enregistrer vos maquettes à Glasgow… Ce n’est pas juste pour faire genre dans la bio !

Sofi : (rires) Ah oui ! C’est totalement vrai !! Je vais te dire, ça s’est même fait en deux phases. Nous y sommes allés une première fois pour l’écriture. On a finalisé une bonne partie des morceaux à deux là-bas. Et ensuite, on y est retourné pour enregistrer les maquettes live. On en a profité pour jouer nos morceaux là-bas en faisant quelques petits concerts. C’était un bon moyen de nous préparer…

Cris : C’était l’idée de Sofi, parce que moi, l’avion, je n’aime pas trop ça ! (rires) Mais finalement, elle a eu raison !

Sofi : J’ai de bonnes ondes !

Cris : Effectivement ! (rires) Donc, j’ai suivi Sofi là-bas. Il y a eu de très bonnes vibrations. De toute façon, le dépaysement est toujours bon quand on cherche à créer quelque chose. Elle, elle connaissait déjà l’endroit, comme elle y avait vécu. J’ai donc été un peu émerveillé parce que j’ai eu un très bon guide ! Ça nous a permis de préparer dans de bonnes conditions nos morceaux. Nous y sommes donc retournés une deuxième fois en groupe. Au départ, on avait un peu peur d’aller chanter en français à Glasgow, je ne te le cache pas. On avait peur de se prendre des tomates sur la figure… (rires) Mais ça ne s’est pas du tout passé comme ça. Ça s’est même très très bien passé. Au contraire, on a fait cinq concerts en une semaine (on en profitait pour aller en studio la journée), et tout s’est très bien passé. Ça a été une expérience intensive, mais très riche. Les cinq concerts qu’on a faits à Glasgow étaient vraiment top. Le public écossais nous a réservé un très bon accueil, même si nous avons chanté en français, et que la plupart des gens ne comprenaient rien aux paroles. Pour eux, c’est la mélodie qui prime. On s’est vraiment rendu compte sur ces concerts que le texte n’avait finalement pour eux que très peu d’importance. C’est un lieu commun de dire ça, mais la mélodie prime pour les anglais, et on s’en est réellement rendu compte.

Glasgow © Eric SoudanNous n’avons pas du tout la même culture musicale qu’eux.

Cris : Effectivement. Et c’est finalement là qu’on s’est dit qu’on avait fait le bon pari : essayer de faire sonner le français le mieux possible, quitte à se prendre des étiquettes dans la figure… Et là, on s’est rendu compte que les anglais trouvaient que nos paroles en français sonnaient bien. Ils n’ont pas d’a priori comme on peut en avoir ici…

J’aimerais évoquer encore un peu avec vous l’image ou plutôt l’imagerie du groupe. Et notamment la thématique du chien qui revient un peu partout sur la pochette. Pourquoi ce choix ?

Cris : C’est un visuel qu’on a découvert un peu par hasard lors d’une séance photo. Ces chiens sont des illustrations créées par Thierry Poncelet, un artiste belge. On a découvert son travail sur des coussins. On s’est dit que ses chiens étaient très chouettes et qu’ils colleraient parfaitement pour la pochette de notre album. Surtout, on aimait bien cette espèce d’être mi animal mi humain avec des costumes militaires. Ça décrivait bien pour nous « Le sexe des anges », cet être dont on ne sait pas s’il est homme ou femme, et cette espèce de paradoxe qu’on a en nous tous, mi-homme mi-animal. Le côté bestial et le côté philosophe qu’on a en chacun de nous. C’est un peu alambiqué ce que je te raconte, alors que ça s’est fait très simplement. Mais on aimait bien l’idée de cette dualité. Quand on a vu les visuels, on s’est tout de suite dit que ça correspondait bien à l’image qu’on avait de nos chansons et du thème de l’album. On a donc voulu contacter Thierry Poncelet. Et l’anecdote, c’est que le mec qui avait les coussins nous avait dit que l’artiste qui avait peint ces chiens était mort vers 1850 et que c’était de vielles peintures… (rires) Alors, je me suis renseigné tout seul comme un grand, et j’ai vu que cet artiste était bien vivant. Nous sommes donc rentrés en contact avec lui et nous avons découvert toute sa collection d’« aristochiens ». Il a dû en faire une cinquantaine et finalement, on a choisi les deux qu’on a vus au départ, parce que c’étaient ceux qu’on aimait le plus. On les trouvait beaux et kitchs à souhaits. Comme on voulait également se démarquer par le visuel, ça tombait bien… Je ne sais pas si ça marche et si l’effet recherché est atteint, mais ça nous plaisait bien.

C’est assez chouette de ne pas avoir mis simplement une photo de vous deux. La pochette en elle-même raconte déjà une histoire…

Cris : Il y avait aussi le parti pris de ne pas nous mettre en photo sur la pochette. Tu sais, quand on est un jeune groupe en développement, on te dit toujours qu’il faut te mettre en photo, pour que le public voit nos têtes. Mais en même temps, on aimait l’idée que ce chien représente Glasgow. Nos têtes, le public aura le temps de les découvrir. On aimait bien l’idée que  les gens associent Glasgow avec ce chien mi-homme mi-animal. 

Bruno Solo joue dans le clip de « Chien et Chat ». Comment est-il arrivé là ? Le connaissiez-vous avant ?

Sofi : On avait très envie d’avoir un guest sur le clip de « Chien et Chat », cette personne qui allait un peu semer la zizanie dans le couple qui s’aime en apparence et qui se déteste dans le fond. Du coup, on a naturellement contacté Bruno Solo, parce qu’on connaissait aussi son parcours d’animateur d’émissions plutôt rock. C’est un batteur. Donc, on s’est dit « pourquoi pas ? » et on a essayé de rentrer en contact avec lui. Il a regardé les clips qu’on avait fait auparavant et il a eu l’occasion d’écouter l’album, et il s’est décidé et nous a dit à notre grande surprise aussi qu’il était prêt à nous donner un peu de son temps pour tourner ce clip ! Depuis, nous sommes restés en contact, il prend souvent des nouvelles du groupe. On a eu l’occasion de faire un concert à Paris au mois de novembre dernier. Il est venu taper le bœuf avec nous sur scène. L’histoire continue. On en est ravis !

Glasgow © Eric Soudan

J’ai une autre petite question à propos de vos clips… Sur votre site web, il y a une série de photos du tournage d’un clip qui n’a jamais vu le jour. De quelle chanson s’agit-il ? Et pourquoi ce clip n’a-t-il jamais vu le jour ?

Cris : Tu vois tout, toi ! (rires) C’est en fait le premier clip que nous avions tourné pour « Le sexe des anges », qui a été remplacé par le clip tourné sur un ring. Ce tournage dont tu parles est donc une version très officieuse qui n’a jamais vu le jour. Mais on a gardé les photos et on les a mises pour se marrer. C’est aussi pour montrer qu’on a une certaine forme d’exigence. Parce que c’est vrai qu’on avait passé du temps sur ce premier clip, qu’on avait réuni tous nos amis. On avait décidé de faire un truc sur fond vert, pour pouvoir incruster des images par la suite. Or, on s’est rendu compte très vite qu’on avait certes à nos côtés les gens avec les compétences nécessaires pour réaliser ce genre de clip, mais qu’on n’avait pas forcément les moyens techniques pour que ce soit vraiment bien fait. Donc, on a laissé tomber et on est parti sur une autre idée. C’est comme ça qu’on a rencontré Olivier Danjon qui a réalisé les clips du « Sexe des Anges » et de « Chien et Chat ». Il nous a apporté sa patte. On a toujours tenu à écrire les scenarii, et il a réussi à retransmettre nos idées à travers ses images.

On a parlé de vos influences musicales tout à l’heure, mais qui étaient vos idoles quand vous étiez ados, si vous en aviez, bien évidemment ?

Sofi : moi, c’étaient vraiment Blur et Oasis, comme je te le disais tout à l’heure. À l’époque, on n’avait pas le choix, on devait aimer l’un ou l’autre, pas les deux. Mais en fait, j’adorais les deux. J’avais plein de posters dans ma chambre. Ce sont les deux groupes que j’écoutais le plus…

Cris : Forcément, ado, j’ai idolâtré Kurt Cobain, comme beaucoup d’autres. C’est aussi lui qui m’a donné envie de me mettre à la musique, de monter un groupe, etc… J’avais 14 ans, c’était la pleine époque. Et puis après, j’ai adoré les Smashing Pumpkins et tous les groupes qui ont émergé au début des années 90 et qui ont fait quelque part toute notre culture musicale d’adolescent. Après, je pense que toute notre vie on aura des idoles. Gainsbourg fait partie de ces gens, Bashung aussi…

Glasgow et Bruno Solo - DR

Pouvez-vous l’un et l’autre me raconter dans les grandes lignes votre parcours musical avant Glasgow ?

Sofi : J’ai eu la chance d’avoir plusieurs guitaristes dans ma famille, donc je me suis mise à la guitare assez tôt. J’ai commencé tout de même par le solfège, le piano et la clarinette. Quand j’ai découvert la guitare, j’ai essayé tant bien que mal de reproduire les musiques que j’écoutais. J’avais la chance d’être dans un lycée qui avait des locaux de répétition pour les élèves. Entre midi et deux, on pouvait aller brancher les amplis et faire un peu de musique. Donc, très vite, j’ai joué en groupe et j’ai écrit des musiques et des textes tant bien que mal… (rires) j’ai commencé comme ça mon parcours rock. Ensuite, j’ai eu une période jazz pendant quelques années. Il y a un grand festival de Jazz à Vienne, et j’ai fait partie de l’académie pendant trois/quatre ans. Ça m’a appris la rigueur et le fait de suivre une partition à la note près. Ça m’a vraiment appris à jouer de la musique avec les autres, à écouter les autres. C’est un apprentissage qui m’a beaucoup servi, même si je ne joue plus du tout de jazz aujourd’hui. Ensuite, il y a eu toute une période à Glasgow où j’ai joué avec pas mal de gens. J’y ai pas mal fait de travail sur le son, j’ai fait de belles rencontres qui m’ont donné envie de me remettre à la musique en rentrant en France. Et puis, j’ai rencontré Cris et j’ai intégré le groupe…

Et toi, Cris ?

Cris : C’est un parcours assez simple… J’ai trouvé un jour chez moi dans un placard une guitare à laquelle il ne restait plus que deux cordes. C’était une guitare que ma sœur avait fait acheter à mes parents parce qu’elle voulait se mettre à la guitare. Et puis, elle a vite abandonné. Donc, j’ai pris cette guitare à deux cordes et j’ai commencé à gratouiller dessus. Un jour mon père a dû avoir pitié de moi, alors, il l’a fait réparer. C’est comme ça que j’ai eu ma première guitare. Mon père jouait de l’orgue, il était un grand passionné de musique. Il m’a transmis sa passion. Un jour il m’a dit que c’était bien de jouer de la guitare, mais que ce serait mieux de chanter en même temps. (rires) C’est là que je me suis mis à chanter. C’est passé par énormément de catastrophes. Au début, je jouais et je chantais du Elvis en yaourt ou du Johnny Hallyday. Et après, quand j’ai découvert Nirvana, j’ai fait de mes pieds et de mes mains pour avoir une guitare électrique. J’en ai eu une qui m’a fait 5 anniversaires et 5 Noël en même temps (rires). Ça coûtait très cher à l’époque ! Ça m’a amené jusqu’à l’âge de 17/18 ans à jouer dans différentes petites formations d’ados. Après, j’ai commencé à écrire des textes et j’ai touché à de nombreux styles musicaux, comme le métal ou le reggae. Je suis passé d’un extrême à l’autre avant de rencontrer les gens avec qui j’ai formé Glasgow en 2005.

Glasgow © Eric Soudan

L’écriture est donc venue plus sur le tard.

Cris : Oui. C’est venu vers 18 ans. Au début, ce n’était pas forcément mûr. Mais le fait d’être dans des groupes qui m’ont donné la chance d’écrire des textes, m’a permis de faire mes armes et de trouver un style. C’est parce que je suis passé par de nombreuses étapes que je réussis aujourd’hui à écrire des textes qui me correspondent.

Une tournée va suivre la sortie de l’album ?

Cris : Oui, quelques dates sont déjà programmées. Et on est en train de mettre en place une tournée. On a toujours eu l’habitude de beaucoup jouer sur scène. On a fait une moyenne de 30 à 40 concerts par an sur les trois dernières années. Cette année, on va essayer d’être présents au niveau national. On a de bonnes équipes qui nous entourent et on travaille sur tout ça en ce moment…

Propos recueillis par IdolesMag le 5 janvier 2012.

-> Site officiel : http://www.glasgow-music.com









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