Interview de Blankass

Propos recueillis par IdolesMag.com le 17/01/2012.
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Blankass, Les Chevals

À la surprise générale (et même à la leur d’ailleurs), le groupe Blankass revient avec un nouvel album, « Les Chevals » qui en étonnera plus d’un ! Le son Blankass prend un sacré virage, toujours résolument rock, il tend aujourd’hui vers l’électro et la pop. Au niveau des textes aussi, ça change. Ils sont moins revendicatifs et plus poétiques que de par le passé. Nous  avons donc été à la rencontre de Guillaume Ledoux, afin qu’il nous explique ce changement de cap. Il reviendra également sur son parcours et nous avouera que le premier disque qu’il a demandé à ses parents n’était autre que « YMCA » des Village People ! Et oui, Blankass nous réservera toujours des surprises !

IdolesMag : Depuis quand bossez-vous sur ce nouvel album ?

Guillaume Ledoux : Écoute, cet album nous a vraiment surpris Johan et moi… On était en train d’enregistrer nos deux albums solos. Après la sortie du live de Blankass, on a refait une tournée. On a terminé cette tournée à l’été 2009 et on s’est mis chacun sur notre projet solo. Moi, je suis parti directement sur scène avec un pianiste. J’ai fait une tournée d’une cinquantaine de dates, un truc très intimiste, très chanson. Mon frère, lui, montait un projet très pop qui s’appelle « Georges ». Et donc, fin, 2010, début 2011, on était en train d’enregistrer nos albums solos. On était en train d’enregistrer le mien, on avait presque fini le sien. Et Johan me dit « Tiens, j’ai deux idées pour le futur de Blankass… » On ne savait pas du tout quand on allait refaire un album de Blankass. On s’était dit qu’un jour on en referait un, mais rien n’était planifié. Il n’y avait aucune décision prise. Il m’a donc fait écouter des choses. J’ai écrit dessus, puis on les a montées, on les a enregistrées… Et de fil en aiguille, on a fait un troisième titre, puis un quatrième… Et à un moment donné, on s’est rendus à l’évidence, on était en train de faire un nouvel album de Blankass et plus du tout nos albums solos. Et donc, nous sommes repartis sur Blankass bien plus tôt que prévu. Ce sont les morceaux qui se sont imposés à nous, nous on n’avait pas du tout prévu ça. Ça a été plus fort que nous. C’est pour ça que c’est un album qui nous surprend vraiment. Et musicalement, il nous a beaucoup surpris aussi. Puisqu’on n’avait pas de planning prévu, on a exploré toutes les idées qui nous passaient par la tête. Et je pense que ce sont des choses qu’on n’aurait pas pu faire avant. On n’aurait pas fonctionné comme ça si on l’avait prévu. Là, tout était ouvert, on laissait venir les idées comme elles arrivaient. Aussi bien au niveau du son qu’au niveau des textes. Ce n’est pas du tout comme d’habitude. Je ne raconte pas des histoires avec un début et une fin. Il y a de vrais gimmicks de voix qui servent plutôt d’instrument musical que de vraies paroles. Tout ça c’est nouveau pour nous. Je pense que ça ne serait pas arrivé si on ne s’était pas renfermés dans ce studio tous les deux avec Johan sans savoir où on allait. C’est un album qui a été entièrement composé en studio et en direct. On enregistrait directement toutes les idées qui nous passaient par la tête. Donc, on a dû commencer fin 2010, début 2011 et au printemps 2011, on avait tout.

L’album a été enregistré dans votre propre studio, est-ce que ça rassure d’être « dans ses meubles » ?

Je crois que ce n’est pas une question de mise en danger ou d’être rassuré. Je pense que c’est plutôt une totale liberté. On n’avait pas dead line, pas d’horaires. Avant, pour faire un album de Blankass, la maison de disque nous louait un studio. On travaillait beaucoup avant d’arriver en studio parce qu’un studio, ça coûte cher. Enfin, à l’époque ça coûtait cher, jusqu’il y a deux/trois ans, la location d’un studio coûtait très cher. Et donc, le studio était loué pour trois semaines et il fallait avant d’y entrer savoir exactement ce qu’on allait y faire. Il fallait être efficace et gagner du temps. Chacun avait sa partie écrite et du coup, quand on était en studio, ça n’encourageait pas beaucoup la créativité. Et là, sans dead line, et comme personne ne nous attendait, aucun album de Blankass n’était attendu, le studio était open nuit et jour, on a pris notre temps. Si on prenait six mois pour faire l’album, on prenait six mois, ça ne posait aucun problème. Et ça, ça a été très important dans la conception de l’album. On avait vraiment le champ libre.

Les chansons sont donc venues un peu malgré elles, comme ça, et le son Blankass a pour le coup bien changé. Il a évolué vers l’électro et même vers la pop. À quoi est-ce dû à ton avis ?

Je n’en sais rien ! (rires) Je pense que réellement c’est dû au temps qu’on a eu pour tout essayer. Avant, avec trois semaines de studio, on n’aurait pas pu prendre le risque d’expérimenter des choses nouvelles. Donc, ça vient d’un côté du temps qu’on a eu et puis, il y a aussi l’évolution naturelle de la musique. On n’a pas les mêmes outils aujourd’hui qu’il y a quelques années. La technique a bien changé. Mis à part le live CD + DVD qui est sorti en 2008, le dernier album studio de Blankass, c’est « Eliott » qui date de 2005. Donc, il s’est écoulé 6 ans entre ces deux albums et l’évolution de nos goûts est passée par là aussi. On ne peut pas dire qu’on fait de l’électro, parce que je pense que les fans d’électro seraient un peu déçus en écoutant notre album (rires) mais nous nous sommes servis des sons qui aujourd’hui sont embarqués dans n’importe quel petit ordinateur. On s’est dit que ça pouvait apporter quelque chose à nos chansons. Et puis nos goûts également ont changé en 5/6 ans. Les gens s’imaginent qu’on bascule d’un son à l’autre, d’un album à l’autre. Mais ils oublient qu’entre deux albums il s’écoule 5 ou 6 ans…

Vous bossez comment tous les deux ?

Johan apporte les musiques, et je pose mes textes bien souvent après. Là, c’était tout de même un peu particulier puisqu’on n’a travaillé que tous les deux. Donc, chacun a pu donner son avis sur la partie de l’autre. Johan a par exemple écrit un texte, « L’Empreinte ». Il a d’ailleurs fait paroles et musiques sur ce morceau-là. Moi, j’ai participé à la structure musicale de certains titres. On a un peu mis tous les deux les mains dans le cambouis, tant au niveau des textes que musicalement, mais traditionnellement, il est plus sur la musique et moi sur les paroles. Des fois, on s’engueule et on jette ce qui nous passe par les mains sur les murs. (rires) C’est assez humain, dans le fond, comme façon de procéder.

En étant frangins, ça doit être plus facile d’aller droit au but et de dire ce qu’on pense vraiment …

Voilà. C’est vrai que c’est assez pratique. Pour moi, je dis toujours que c’est une chance de travailler en famille. Parce que je sais qu’il y a des tas de gens qui n’aimeraient pas ça. Mais nous, on y arrive très bien, on a cette chance-là. On gagne du temps, c’est très pratique. On peut tout se dire, on peut s’engueuler très fort, le lendemain, on est toujours frères. Ce qui ne serait pas le cas avec un autre membre du groupe… si on s’engueule très très fort, on se demande toujours s’il sera encore là le lendemain matin. Alors qu’entre nous, c’est pratique !

Ça permet de gagner du temps aussi.

Bien sûr. Mais surtout, c’est un vrai plaisir de vivre cette aventure ensemble. Pour nous, c’est formidable.

Vous avez laissé beaucoup de titres de côté pendant l’enregistrement ?

Deux ou trois, je pense. Ce sont des titres qu’on n’a explorés ni assez ni à fond pour pouvoir les intégrer à l’album. Ce sont des morceaux qui je pense serviront un jour. Et puis, c’est rigolo parce qu’à côté de l’album, on est capable de pondre un inédit qu’on a fait en guise de cadeau sur notre site pour la nouvelle année. On a donc écrit et composé en deux jours un titre dans la grande tradition de ce qui se faisait avant, tous les groupes voulaient avoir une chanson de Noël. Ce titre, qui s’appelle « Janvier », a été mis en ligne, c’est un cadeau pour tous les gens qui nous suivent. Il est en ligne et peut être téléchargé gratuitement par tout le monde. Et c’est rigolo parce qu’on a ces deux ou trois morceaux en chantier qu’on n’arrive pas à terminer et à côté en deux jours, on est capable de pondre un titre qui est plutôt pas mal…

Peux-tu m’expliquer la symbolique du titre de l’album, « Les Chevals » ?

(éclats de rire) Il n’y a aucune explication logique et cohérente ! Je pense que ça vient du fait qu’on était dans un truc d’imprévu avec cet album, une espèce d’ambiance dans laquelle on ne maîtrisait pas grand-chose finalement. Et donc, on s’est laissé emporter par une petite folie douce. On voulait un titre qui soit en rapport avec cet état d’esprit-là, quelque chose d’un peu intemporel. Et je ne sais pas pourquoi, Johan a sorti un jour « Les Chevals ». Je n’en sais vraiment rien. C’est sorti comme ça et j’ai trouvé ça formidable.

Blankass © Gianni Villa

Donc, ça ne vient pas d’un truc que vous avez lu quelque part ou que sais-je ?

Non. C’est venu vraiment comme ça. Je suis vraiment incapable de t’expliquer le pourquoi du comment des « Chevals » ! (rires) Nous sommes tous les deux fans des Monthy Pythons et de choses comme ça. Ça vient peut-être de là ? Aucune idée. Au début, on s’est dit que c’était peut-être une mauvaise idée, et puis, ça fait tellement parler les gens finalement qu’on s’est dit que l’idée n’était pas si mauvaise que ça. L’autre jour, à Bourges, j’allais acheter mon journal. Et la dame du bureau de tabac, qui savait que je faisais partie de Blankass, m’a réprimandé devant ses clients en disant que ce n’était vraiment pas bien d’appeler son album « Les Chevals » vis-à-vis des enfants qui apprenaient le français. Ce jour-là, je me suis dit que c’était bien comme titre, puisque ça faisait parler les gens.

L’album a été mixé par Mark Plati (Bashung, Rita Mitsouko…). Pourquoi avez-vous fait appel à lui ?

Ça faisait longtemps qu’on avait envie de travailler avec lui. Notamment pour son travail sur « Bleu Pétrole » de Bashung. Il a fait aussi l’album de Gaëtan Roussel, un super album. Il avait pas mal bossé avec Rita Mitsouko, Bowie, The Cure, etc… Pour nous, c’est quelqu’un qui avait le bagage de la grande tradition du rock’n’roll et puis à côté il sort des trucs comme l’album de Gaëtan Roussel. Après, ça a été un vrai concours de circonstances. On ne savait absolument pas où joindre ce monsieur. On savait juste qu’il aimait bien travailler en France. Et puis, en fait, on avait un ami commun, notre éditeur, Firmin de chez Strictly Confidential. On lui a donc parlé de notre envie de travailler avec lui et lui nous a dit qu’il le connaissait très bien. C’est lui qui lui achète ses guitares vintage aux États-Unis. Donc, il l’a appelé sur son portable. Mark Plati était justement à Paris en train de mixer l’album de Catherine Ringer. Donc, trois jours après, on l’a rencontré et on lui a fait écouter les titres. Il a craqué sur les titres, et il savait qu’on n’avait pas un budget énorme, mais il a accepté de mixer nos titres. Du coup, il est parti avec les fichiers et il a mixé le tout dans son studio à New-York. On est vraiment super contents du résultat.

En milieu d’année, vous avez enregistré un duo avec Mike Scott de The Waterboys. Et curieusement, il ne figure pas sur l’album…

Au début, on voulait vraiment le mettre… C’est un morceau que Johan avait fait avec Mike Scott pour son projet solo « Georges ». Il avait envoyé la musique à Mike Scott pour qu’il lui écrive les paroles. Et quinze jours après, Mike Scott le rappelle en lui disant qu’il adorait le titre, qu’il avait écrit les paroles, et qu’il les avait chantées. Sur la première version, il n’y avait donc que Mike Scott qui chantait dessus. Ensuite, Johan a posé sa voix pour faire un duo. Dès le départ, on s’était dit que le morceau serait sur l’album. Mais quand on a écouté les dix autres titres de l’album et celui-là, le décalage était trop grand. Ça ne collait pas, même si c’est un morceau qu’on adore et qu’on espère qu’il servira un jour. Mais ça ne collait pas à l’univers des « Chevals ».

Qu’est-ce qu’on écoutait chez vous quand vous étiez gamins ?

On écoutait Dylan et les Who, mon père était un grand fan des Who. Et puis, Brassens aussi. Quand on a eu 6/7 ans, mes parents ont eu une grande période folk pendant laquelle ils nous ont emmenés voir Malicorne, Gwendal, … Ce sont des trucs qu’on a mis aux oubliettes pendant quelques années. Puis, quand on a fait Blankass, on a ressorti tout ça. Et on s’est dit qu’il y avait pas mal de bons trucs à prendre dans la folk aussi. Et finalement, si on dresse sur un papier la liste de tous ces groupes ou artistes, ça correspond exactement à ce qu’est Blankass aujourd’hui. C’est un joli mélange.

Qui étaient tes idoles ?

C’était l’époque de Björn Borg. Quand j’étais gamin, j’étais complètement fan. Forcément, il y avait aussi les musiciens qu’on écoutait à la maison. Curieusement, Brassens et Brel sont venus après. Par contre, j’étais complètement fou de Pete Townshend, le guitariste des Who, et je le suis resté. Ça a toujours été une idole. Et puis, je vais te faire une révélation… le premier disque que j’ai demandé à mes parents de m’acheter, j’en ai fait une vie, je devais avec 7 ans… C’était « YMCA » de Village People ! (éclats de rire) C’est le premier 45 tours que j’ai demandé. Je dois l’avouer aujourd’hui.

Quand vous avez monté « Zéro de Conduite », vous aviez quoi ? 11/12 ans. C’est très jeune. Vous faisiez déjà de la musique depuis longtemps ?

Johan faisait déjà de la guitare vers 8 ans. Il y avait de toute façon toujours une guitare qui traînait à la maison. Il s’est donc mis à tripoter la guitare. C’était une sorte de jeu pour lui. Il s’est débrouillé tout seul. Il n’a jamais vraiment pris de cours de guitare, ça s’est fait comme ça. Après, moi, j’ai suivi le mouvement quand on a fondé « Zéro de Conduite ». Enfin… fondé, c’est un bien grand mot ! Quand on s’est mis à s’amuser à faire « Zéro de Conduite » à la MJC, dirons-nous…

D’où vient le nom « Blankass » ?

C’est lamentable ! (rires) ça vient du fait que nous étions toute une bande de copains, et on cherchait un nom. On était tous en train de boire du blanc-cassis dans un bar, parce que c’était pas cher, et on  s’est dit « On va s’appeler Blankass, c’est super ! » Voilà l’histoire… C’est lamentable, je t’avais prévenu ! (rires)

Blankass © Gianni Villa

Le premier album sort en 1996, il a super bien marché. Comment avez-vous vécu le succès ?

On était en tournée dans un camion, on n’écoutait pas vraiment la radio. Il n’y a pas eu un moment auquel on s’est dit « Tiens, ça commence à marcher ». Ça ne s’est pas passé comme ça. Le seul truc dont on s’est rendu compte c’est que dans les concerts, les gens commençaient à connaître les paroles. C’est ça qui nous a marqués surtout. C’est là qu’on s’est dit que s’ils chantaient, c’est qu’ils devaient avoir le disque chez eux… Tu sais, le succès, ça n’a pas été soudain. Nous, ce qu’on s’est dit quand on a compris que ça se vendait, c’est qu’on pourrait faire un second album, et certainement encore dans de meilleurs conditions. Et faire de plus en plus de dates aussi… Mais il n’y a pas un jour où on s’est rendu compte que ça décollait. Quand on a reçu le disque d’or du premier album, on avait déjà dépassé les 100 000 ventes, on devait être à 150 000. On a reçu ce disque d’or quand on terminait l’enregistrement du deuxième. Donc, on était déjà complètement ailleurs... Il n’y a pas eu de truc exceptionnel… De toute façon, ça ne sert à rien tout ça. Ça fait plaisir, c’est sûr, mais on sait très bien depuis le départ que tout ne tient qu’à un fil. Ce n’est pas exceptionnel ce qu’on fait, c’est juste de la musique et des chansons. Je pense d’ailleurs que c’est le jour où l’on pense que c’est bon et que la partie est gagnée, qu’on ne fout plus rien…

Parallèlement à la musique, tu peins également…

Être artiste, c’est avoir quelque chose à l’intérieur qu’on a envie de montrer. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi. C’est peut-être une maladie ou une tare finalement. (rires) Je me pose souvent la question. Pourquoi avoir envie de montrer ce qu’on a à l’intérieur alors que tout le monde éprouve des sentiments ? Chacun est unique. Mais l’artiste a envie de montrer ce qu’il ressent. Avec la musique, je montre mon côté un peu rock’n’roll et dans la peinture, c’est mon côté un peu Bourvil. Une espèce d’idée de nostalgie, d’un pays perdu avec de gros bonhommes souriants.

Le groupe sera à la Cigale le 6 avril prochain, et en tournée dans toute la France. Peut-on dire définitivement que Blankass est un groupe de scène ?

Ah oui, je pense vraiment. Je trouve que nos morceaux ne sonnent jamais aussi bien que sur scène. Je ne réécoute jamais les albums une fois qu’ils sont enregistrés. Je les écoute pendant quinze jours peut-être et puis plus jamais. Quand je les écoute, je suis toujours un peu déçu, parce que je me dis qu’on aurait pu faire telle ou telle chose autrement. Il n’y a qu’en concert où les titres sonnent comme ils doivent sonner.

On m’en voudrait de ne pas te poser la question… Quelques concerts ont été annulés en décembre pour raisons de santé. Tu devais te faire opérer du ménisque. Comment vas-tu aujourd’hui ?

Eh bien, je ne me suis pas fait opérer. Le chirurgien ne veut pas m’opérer. Il soigne mon ménisque avec des séances de kiné, des infiltrations et de la musculation. Ça va beaucoup mieux depuis quinze jours, je ne boîte plus. Et j’en suis super content, parce qu’il faut que je sois d’attaque pour recommencer la tournée !

Propos recueillis par IdolesMag le 17 janvier 2012.

-> Site officiel : http://www.blankass.com/









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