Interview de Thierry Gali  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 13/12/2011.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.

Thierry Gali © SLAM

Thierry Gali s’associe à l’UNICEF et revient avec un nouvel album, « Il était une fois… », consacré aux contes de fées, qui plaira autant aux petits qu’aux grands. L’opus se décline en deux CDs. Le premier est composé de chansons originales chantées par Thierry, le second comprend les contes de fées racontés par onze artistes venant d’horizons très différents les uns des autres (Laurent Voulzy, Lorie, Annie Cordy, Elsa, Chantal Ladesou ou encore Lara Fabian...) Deux fées l’accompagnent également, Rose Laurens et Ysa Ferrer. Au cours de notre entretien, Thierry reviendra sur l’enregistrement de cet album et nous expliquera comment chaque protagoniste est arrivé. Il sera beaucoup question d’amitié ! Rencontre avec Thierry Gali, un dingue de la vie qui est resté un grand gamin…

IdolesMag : Mettre en chansons les contes de fées, était-ce un projet qui te tenait à cœur depuis longtemps ?

Thierry Gali : Oh oui. Depuis très longtemps ! Il faut remonter à la petite enfance carrément puisque j’ai écrit beaucoup de chansons quand j’étais tout petit. C’était mon rêve de gamin, et puis, tout ça s’est concrétisé au fil des années. J’ai eu la chance de travailler dans ce métier, mais  de l’autre côté, je m’occupais d’artistes pour le coup, en tant qu’attaché de presse. Et donc, ça m’a permis d’approcher de plus près ce monde-là et de concrétiser quelques années plus tard mon rêve d’enfant. Cet album est en fait la concrétisation de ce rêve. J’ai déjà sorti plusieurs albums, mais celui-ci est certainement le plus abouti et le plus en accord avec ce que je voulais faire depuis le départ.

Quand le projet a-t-il pris forme réellement ?

La toute première chanson, « Il était une fois… », qui est le titre phare de l’album, je l’ai imaginée quand j’ai été signé chez Sony. J’étais parti quelques jours au Brésil, à Rio. Et va savoir pourquoi… Enfin, si quand on connaît ce genre d’endroit où il plane dans l’air tellement de rythmes, de musiques, d’ondes positives… je suis toujours très inspiré. En l’occurrence « Il était une fois… » est née là-bas. C’est cette chanson qui a été le point central de tout ce projet. Et puis les autres chansons ont été déclinées sur la thématique des contes de fées. Ça s’est fait de fait, j’ai envie de dire. Après, autre étape, et pour boucler la boucle, j’ai eu l’idée de proposer à d’autres artistes que j’avais eu l’occasion de connaître à travers mon parcours de venir se joindre à moi. Je ne savais pas trop comment au départ, mais je voulais qu’ils participent à l’aventure. Et puis, pour simplifier les choses et aussi pour donner quelque chose d’un peu original aussi, je leur ai demandé non pas de venir chanter sur le disque, mais de venir raconter les histoires. Si je leur avais demandé de chanter, on se serait limité aux seules personnes qui acceptaient de chanter. Il y a des gens de télévision qui ne seraient certainement pas venus, je pense. Je n’avais pas envie de n’inviter que des artistes chanteurs, je voulais quelque chose de plus large encore, qui allait faire intervenir des gens de différents autres milieux, comme le cinéma, la comédie, la chanson, la télévision… C’est ce que j’ai donc fait en invitant aussi bien Laurent Voulzy et Lorie que Jean-Luc Reichmann ou Chantal Ladesou. Je suis très très heureux et très fier de ce projet.

Thierry Gali et ses amis, Il était une fois…Comment as-tu choisi les contes qui figurent sur l’album ?

Ça s’est fait tout naturellement. Si tu avais la même chose à faire, tu le ferais de la même manière que moi. C’est-à-dire que d’un seul coup, on se replonge dans son enfance, on se recentre un peu et on se demande les contes phare qui ont bercé notre enfance, qui nous ont fait rêver quand on était petit, qui nous ont fait peur aussi… Je me suis demandé les contes qui étaient légitimes pour un projet comme celui-là et qui étaient légitimes aussi pour les enfants d’aujourd’hui. Je voulais des contes « trans-générationnels », que les parents, les grands-parents et les enfants peuvent apprécier.

Comment as-tu attribué les contes aux différents protagonistes ? Sont-ce eux qui les ont choisis ou toi qui a « distribué les cartes » ?

Évidemment, pour les tout premiers qui m’ont dit oui, ils ont pu choisir. Je leur ai donné la liste et ils ont fait leur choix. Le tout premier qui a choisi, c’est Laurent Voulzy, il est d’ailleurs le premier à avoir accepté. Il a choisi « La Petite Sirène ». C’est un conte qui l’a touché particulièrement. Et ce n’est pas étonnant d’ailleurs quand on sait l’amour que Laurent a pour les océans et la mer en général. Il l’a chantée dans de nombreuses chansons. Lorie a choisi « Peter Pan » tout naturellement, parce qu’elle est la voix française de la fée clochette pour Disney. Donc, c’était pour elle tout à fait évident. C’est son conte de prédilection, dirons-nous. Ensuite, de fil en aiguille, quand on se rapprochait de la fin et qu’il ne restait plus que 3 ou 4 contes, c’est sûr que les derniers qui nous ont rejoints ont eu moins de choix, mais ça ne les a pas dérangés du tout. De toute façon, quel que soit le conte, il n’y a pas un conte que quelqu’un déteste dans ce générique-là. Ce sont tous des contes qui nous ont émerveillés dans notre enfance. Donc, je n’imaginais pas quelqu’un arriver vers la fin du projet et me dire « Ah non ! Si c’est pour raconter Pinocchio, c’est non ! » (rires) Il n’y avait pas de raison de s’y opposer farouchement.

Le premier CD est composé de chansons originales ayant pour thème un conte et le second CD est quant à lui composé de ces mêmes contes racontés par les artistes. Pourquoi « Ali Baba » et « Sinbad le Marin » ont-ils leur chanson, mais ne sont pas racontés par un artiste ?

C’est une bonne question qu’on ne m’a d’ailleurs encore jamais posée ! Ils ont été enregistrés ces contes-là. « Ali Baba » a été raconté par Willy Denzey et « Sinbad le marin » par Yvan Le Bolloc’h. Ils ne figurent pas sur l’album parce que nous avons été face à un « problème de riche », dirais-je. Dans la mesure où la durée d’un CD est limitée à un certain nombre de minutes, à une minute près, on avait du mal à faire rentrer ces deux contes-là. On a essayé de retaillé dans l’un et l’autre, mais pour différentes raisons techniques, c’est devenu très compliqué. Et ça alourdissait vraiment le tout. On a finalement fait le choix de ne pas les mettre, mais ils existent, ils sont prêts. On se demandait si on n’allait pas les mettre en bonus pour le web, mais on ne l’a pas encore fait. Ou en bonus sur une seconde édition. Ce qui est sûr, c’est qu’on les a, qu’ils sont très bien, qu’ils ont été très bien racontés par l’un et l’autre et qu’ils existeront d’une manière ou d’une autre pour le public. On va réfléchir à tout ça. Il y avait malheureusement des choix à faire. C’est toujours un peu arbitraire.

J’aimerais que tu me parles un peu maintenant des différents artistes qui sont venus te rejoindre sur l’album. Comment tu les as rencontrés ? Comment s’est passée votre collaboration ? etc…

Thierry Gali © SLAMOn va commencer par Laurent Voulzy si tu veux bien.

Houlà… ça remonte à loin ! On s’est rencontrés à l’époque chez BMG. Je travaillais sur la promotion d’un de ses albums. Et puis, nous sommes devenus amis avec le temps. C’est quelqu’un qui compte beaucoup pour moi. C’est un ami tout simplement. Nous nous sommes donc rencontrés de par notre travail, moi j’avais la casquette d’attaché de presse et lui celle d’artiste. Mais nous sommes vite passés à autre chose. Indépendamment du travail, ça se passait très bien entre nous sur le plan humain. Ça fait des années que nous ne travaillons plus ensemble, mais l’amitié est restée. C’est ce qui compte.

Annie Cordy.

Annie, je ne la connaissais pas personnellement. Nous nous étions croisés une fois ou deux, mais vraiment ce qui s’appelle se croiser, rien de plus. J’avais été la voir en spectacle aussi. J’avais trouvé ça extraordinaire. Elle a une énergie tout à fait incroyable. Je voulais que dans un album comme celui-ci, il y ait la « mamie de choc », si je puis dire. Et pour moi, la « mamie de choc », il n’y en a qu’une à mes yeux, c’est Annie Cordy. C’est elle qui m’a toujours fait rire, c’est elle qui m’a toujours fait rêver aussi quand j’étais petit. Elle me donnait une énergie dingue quand j’écoutais ses chansons. Pour moi, la boucle était bouclée si Annie Cordy était là. Et finalement, ça s’est fait tout simplement. Je me suis creusé la cervelle un petit moment pour savoir comment la contacter, jusqu’au jour où je me suis rendu compte que nous avions une connaissance en commun. Cette personne m’a mis en contact avec Annie. Annie m’a rappelé le lendemain très énergiquement « Allô, c’est Annie ! Alors, on fait quoi ? Où ? Quand ? Comment ? » Je crois que dans le fond c’est la plus jeune et la plus gamine du projet. C’est génial qu’elle soit venue. Elle a enregistré un « Petit Chaperon Rouge » que je conseille à tout le monde, qui est extraordinaire, avec un talent immense et beaucoup de bonnes ondes. Annie a une particularité dans ce projet. Je ne dénigre absolument pas les autres, ça n’a rien à voir, mais elle a une façon de travailler unique. Comme tous les gens du music-hall avaient d’ailleurs. Quand Annie est arrivée au studio pour l’enregistrement, elle connaissait tout le conte par cœur ! Je n’avais demandé à personne de connaître le conte par cœur, juste de venir le lire en mettant des intonations. Mais non, elle avait juste un petit pense-bête devant elle quand elle avait un doute. Elle l’avait travaillé à la perfection. Ça m’a complètement retourné. Quand j’ai vu ça, je me suis dit qu’elle était incroyable. Je serais en tout cas incapable de le faire. Si on me l’avait demandé, j’aurais trouvé que c’était beaucoup. Mais ici, elle l’a fait naturellement et spontanément. C’était fabuleux.

Jean-Luc Reichmann.

Je ne le connaissais pas personnellement. C’est un ami que nous avons en commun qui, idem, m’a donné son contact. Jean-Luc nous a répondu positivement immédiatement. Ça s’est fait dans l’heure. Dès qu’il a eu connaissance du projet, il m’a posé deux ou trois questions et il nous a dit oui immédiatement. Je l’ai rencontré pour la première fois le jour où il est venu enregistrer son conte au studio. Le courant est très bien passé. Il nous a raconté un « Tom Pouce » tout à fait magnifique. Lui aussi l’a fait vivre à sa manière avec tout son talent.

Anthony Kavanagh.

Anthony, c’est un grand comédien. Tout le monde le sait. Il n’a donc eu aucun mal à nous faire un « Barbe Bleue » hors norme. Il fait vivre le conte d’une manière qui lui est propre. Il a fait vivre tous les personnages, déjà. Il fait partie des rares, et c’est peut-être le seul, qui ait fait vivre tous les personnages. Annie Cordy et Chantal Ladesou l’ont aussi fait un petit peu. La façon dont les comédiens ou les humoristes abordent leur conte est totalement différente des autres artistes. C’est assez drôle. Anthony est vraiment génial, il nous a fait un « Barbe Bleue » qui à la fois nous fait peur et nous fait rire. Il nous a fait la voix de la dernière femme de « Barbe Bleue », excellente. Il a fait les frères… Même les portes qui grincent, il nous a tout fait ! (rires) Il est carrément génial. On s’est tapé des fous rires en studio avec lui comme on a du mal à l’imaginer ! On a beaucoup ri avec tous, mais ils sont deux avec qui ça a été hors norme. C’est lui et quelqu’un d’autre de qui tu vas me parler dans pas longtemps je pense…

… Chantal Ladesou ?

(rires) La voilà ! Tu avais tout compris. Chantal… oh la la… que dire ?!... (rires) L’histoire est drôle, parce qu’elle est arrivée la toute dernière sur le projet. On envoyait le disque à la fabrication quand, au dernier moment, il y a eu un petit souci avec l’une des intervenantes qui était prévue à l’origine et qui n’a pas pu venir. Il n’y a aucun problème ni aucune polémique autour de ça, mais elle n’a vraiment pas pu venir au dernier moment pour une raison d’engagement qui avait été pris… bref, plein de choses qui font qu’elle n’a pas pu participer au projet. Donc, je me suis retrouvé dans l’embarras de la dernière minute. Et là, une amie m’appelle pour carrément autre chose et me dit « Oh la la, toi, ça n’a pas l’air d’aller ». Je lui ai dit que l’album devait partir en fabrication dans quelques jours et que je me retrouvais au dernier moment dans la panade, parce qu’il me manquait la conteuse de « Cendrillon ». C’est un conte majeur, et pour le coup, je ne me voyais pas l’enlever. Elle m’a demandé qui je rêverais d’avoir dans l’absolu et je lui ai répondu Chantal Ladesou. Je la voyais tellement bien là-dedans. Et là, accroche-toi, mon amie me dit « Oh, je viens de l’avoir au téléphone il y a cinq minutes, c’est une amie… » Ça s’est vraiment fait comme ça. J’ai eu Chantal au téléphone l’après-midi même dans la foulée. Le lendemain, on s’est reparlé. Et le surlendemain, on était en studio. Donc, idem, je l’ai rencontrée pour la première fois le jour où nous sommes rentrés en studio. Mais pour le coup, c’est quelqu’un que je considère aujourd’hui comme une amie. Pour moi, l’amitié, il faut beaucoup plus de temps que ça pour qu’elle prenne vie, mais avec Chantal, il y a vraiment quelque chose d’extrêmement amical entre nous, quelque chose de très sympa, de très proche. C’est une vraie rencontre humaine. J’aime beaucoup cette femme. Déjà, la comédienne me fascine et me fait hurler de rire. Je l’adore. J’ai presque envie de dire, et ça n’engage que moi, que c’est la plus grande. Elle nous l’a prouvé en studio… Elle nous a fait un truc… je ne sais même pas comment l’expliquer ! Elle est arrivée et s’est approprié les personnages d’une façon exceptionnelle. C’est assez drôle sa façon de travailler. Elle a d’abord lu le texte une première fois, puis une deuxième fois et d’un seul coup, on retrouvait déjà sa patte avec des expressions et une manière de parler qui n’appartiennent qu’à elle. Et après, avec son air, elle m’a dit « Eh Thierry ! J’ai le droit de changer deux/trois petites choses ? » Je lui ai dit « Chantal, le texte est à toi, je ne peux pas te dire mieux. Tu l’adaptes comme tu le sens. » C’est ce que j’ai dit à tous les artistes. Je voulais que chacun se sente bien dedans et l’adapte comme il voulait. « Ah ! Fallait le dire plus tôt ! » Et là, elle est partie… (rires) Et on n’a pas pu l’arrêter. Elle a ajouté des expressions de son cru, que je ne me serais jamais permis de mettre. Elle a fait dire par exemple à l’une des deux méchantes sœurs de Cendrillon « Pov’fille dégage ! » à Cendrillon… On s’est tous regardés en se disant « C’est tout de même un conte pour enfants ! » Et puis, c’était tellement drôle, et tout le monde a tellement ri quand on l’a fait écouter à d’autres gens par après, qu’on a tout gardé. Elle a vraiment fait du Chantal Ladesou, c’est le moins qu’on puisse dire ! Les enfants, ça les amuse, ce ne sont pas vraiment des gros mots non plus. C’est du langage un peu familier. Et puis les adultes, ça va les faire marrer… Depuis que l’album est sorti, je pense que c’est le texte qui fait le plus parler de tout l’album. On m’en parle tout le temps, partout. Dès que je fais une interview, on me dit que les contes sont tous super, mais que celui de Chantal Ladesou, c’est le top ! La Cendrillon de Chantal Ladesou est vraiment Rock’n’Roll ! C’est très drôle, c’est vivant, et comme dans tout ce qu’elle fait, elle est à fond dedans. On a vraiment ri comme des baleines dans le studio avec elle. On s’est vraiment éclatés. Par contre, dans le travail, elle est très sérieuse parce que c’est une grande comédienne. C’est le summum du talent pour moi !

Thierry Gali © SLAMLorie fait aussi partie de l’aventure.

Ah oui… Lorie et Laurent sont les deux premiers à m’avoir dit oui. Lorie est une amie de longue date. Je connais son papa Dominique depuis une quinzaine d’années. Peut-être même plus. J’ai donc connu Laure bien avant qu’elle ne devienne Lorie. C’était une petite jeune fille, une petite adolescente quand je l’ai connue. C’est un petit bonbon Lorie. C’était une jeune fille d’une grande intelligence déjà, d’une grande gentillesse et d’une simplicité vraiment incroyable. Je ne connais personne qui n’aime pas Lorie, en fait. Certaines personnes peuvent ne pas aimer sa musique, ça c’est normal. Mais la personne est vraiment adorable. Et puis il faut aussi reconnaître le professionnalisme de Lorie. Pour moi, c’est une grande professionnelle comme on n’en a pas beaucoup en France mine de rien. Il faut le reconnaître c’est une vraie showgirl. Et dans cette aventure, elle a une fois de plus donné le meilleur d’elle-même. C’était très émouvant de me retrouver avec Laure en studio. Et puis, évidemment, avec Lorie, ça a été un oui franc et massif tout de suite. Là d’ailleurs, elle vient de sortir son nouvel album, « Regarde-moi », qui est un vrai petit bijou. Sincèrement, je le trouve très réussi, très abouti et très adulte. Pour tous ceux qui seraient encore à dénigrer tout à fait gratuitement, je leur propose de juste l’écouter… Il faut oublier les préjugés que certains peuvent avoir et écouter ce disque. C’est un très bon album… Lorie a été extraordinaire du début jusqu’à la fin de ce projet. Elle en parle dès qu’elle peut en parler. Elle ne tarit pas d’éloges et je l’en remercie. Je sais qu’elle a pris beaucoup de plaisir à le faire. Je vais d’ailleurs te faire une révélation... c’est un scoop ! (rires) On ne sait pas encore si ça se fera, mais bon… Je sais qu’elle aimerait beaucoup écrire des textes pour moi, des textes pour les enfants. Elle aimerait beaucoup s’essayer à cet exercice parce qu’elle est désormais auteur, elle vient d’écrire quelques très bons titres sur son album, et le monde de l’enfance n’est jamais loin chez Lorie. C’est quelqu’un qui a gardé cette part d’enfance très très forte en elle. Elle est comme ça. Elle a cette petite flamme que je pense avoir aussi. Donc, peut-être qu’une collaboration avec Lorie verra le jour dans quelques temps. En tout cas, ça nous plairait beaucoup à tous les deux. Ça ne changerait rien à sa carrière ni à la mienne, mais ce serait chouette…

Lara Fabian.

Nous étions dans un train, nous travaillions ensemble. On s’entend à merveille, on est très proches. Au dernier moment, une personnalité n’a pas pu venir enregistrer parce qu’elle était coincée à l’étranger. Et on devait enregistrer le lendemain… J’en ai parlé dépité à Lara, puisque le studio était loué, etc… J’étais pris à la gorge. Là-dessus, elle me dit « Thierry, je peux te demander quelque chose ? » Je lui ai répondu « Bien sûr ! ». C’est là qu’elle m’a dit qu’elle rêverait d’enregistrer « Blanche Neige » pour sa petite Lou. Elle venait d’être maman et elle était d’autant plus sensibilisée à tout ça. Et elle m’a dit « Si tu me laisses le faire, je raconterai le conte avec autant d’amour que quand je raconte une histoire à Lou le soir avant qu’elle ne s’endorme… ». Je lui ai dit que je n’avais pas osé le lui demander, elle non plus n’osait pas me le demander. Que nous étions bêtes tous les deux ! Le lendemain, nous étions donc au studio, et elle enregistrait une « Blanche Neige » pleine d’émotion. Une très belle « Blanche Neige »…

Natasha St-Pier.

Ça s’est fait par le biais de sa manageuse que je connaissais. Je lui ai demandé au début du projet à qui elle penserait que le projet pourrait plaire. Et elle m’a répondu que Natasha, ça lui plairait certainement beaucoup. Ça s’est fait aussi simplement que ça. Elle est venue au studio. On ne se connaissait pas. C’est après que finalement on a un peu appris à se connaître. Le jour où elle est venue au studio, c’était un peu la course… elle était en pleine promotion. En tout cas, c’est quelqu’un qui a vraiment le cœur sur la main. Mais ça, c’est le dénominateur commun. Tous les artistes sont venus pour l’UNICEF gratuitement, sans se poser de question. Natasha en fait partie et c’est une très belle personne que je connais moins que d’autres, mais que j’aime beaucoup…

Sébastien Folin.

C’est un peu comme Natasha St-Pier. C’est une amie, Laurence, qui est un peu, j’ai coutume de dire, la maman du projet. Moi j’en suis le papa. Elle est toujours à mes côtés et m’aide beaucoup. C’est elle qui a fait venir Anthony et Sébastien. Elle lui a parlé du projet et c’est lui qui a voulu en faire partie. Il est venu en studio et on a enregistré le conte. On se connaît peu avec Sébastien, je dois l’avouer. C’est la personne que je connais le moins du projet. On s’est échangé quelques mails, mais on ne s’est pas vraiment revus après. C’est quelqu’un de très bien. Je pense que le fait que ce soit pour l’UNICEF l’a beaucoup sensibilisé. Il avait déjà fait des choses avec eux. C’est la raison pour laquelle il est venu dans l’aventure.

Thierry Gali © SLAM

Ambroise Michel.

Ambroise, ça s’est passé aussi par le biais de Laurence. C’est un garçon que les gens connaissent bien puisqu’il joue le rôle de Rudy dans « Plus belle la vie », entre autres. Il a beaucoup de projets au théâtre également actuellement. C’est quelqu’un dont on va beaucoup  entendre parler, je pense. Adorable garçon, et extrêmement dévoué. J’ai eu plus l’occasion de le connaître après l’enregistrement. C’est quelqu’un qui me touche beaucoup, qui est extrêmement gentil. Quelqu’un qui a le cœur sur la main et qui justement n’a de cesse que de s’investir dans des causes. Les gens le savent peu, il s’investit dans beaucoup de causes humanitaires. Ça a donc été un oui franc et massif tout de suite. Il a voulu immédiatement me rejoindre. Et puis, on a eu l’occasion de faire un peu de promotion ensemble il y a quelques temps. Ça a été l’occasion de mieux nous connaître. Il a toujours plein de bonnes énergies à partager avec le public. Et ce n’est pas un hasard si les gens l’apprécient autant. Il est généreux et c’est très agréable de travailler avec quelqu’un comme lui.

Elsa…

J’ai envie de dire qu’avec Rose Laurens, qui incarne une fée dans le projet, elles sont mes deux meilleures amies. On est amis depuis des années. Je te l’ai dit à propos de Lorie et quelques autres aussi, il ne faut pas faire une échelle de valeur. Mais Elsa est une vraie amie intime. Je crois qu’on connaît tout l’un de l’autre, ou presque. Nous sommes très proches. Donc, c’était juste une évidence, je ne pouvais pas lancer un projet sans qu’elle y soit. C’était évident pour moi. La question a été « Est-ce que tu veux y participer ? » et la réponse, « Mais Bien sûr ! ». Je lui ai dit qu’elle choisissait le conte qu’elle préférait, que ça m’était égal. Ça a été très clair, très simple. Je trouvais que le conte de « Peau d’Âne » lui allait bien. Elle l’a très bien raconté, avec beaucoup de classe.

Tous y ont mis un peu de leur âme… La seule chose que je leur ai demandé quand ils sont venus participer, c’était qu’ils/elles soient eux-mêmes. Le temps du conte, je voulais qu’ils redeviennent le petit enfant qu’ils ont été. Je voulais qu’ils y mettent leur âme d’enfant. Je travaille comme ça quand j’écris mes chansons et que je les interprète. Je ne pense pas qu’on puisse faire autrement.

On va finir la liste des invités avec les deux fées… Rose Laurens…

Comme je te le disais tout à l’heure, avec Elsa, c’est ma meilleure amie. Nous nous connaissons depuis tellement longtemps avec Rose, que je ne sais même plus à quand ça remonte. C’est une des premières artistes avec qui j’ai travaillé à l’époque. Et puis, avec Rose on partage tout. En plus, nous sommes voisins dans la vie, elle habite à 30 mètres de chez moi, sur le même trottoir, dans la même rue. Ce sont les hasards de la vie qui ont fait ça. Nous nous étions perdus de vue un moment, et nous nous sommes retrouvés. Rose, pour moi, elle est unique. C’est une personne extraordinaire, une très grande artiste qui a une voix tout à fait exceptionnelle, tout à fait personnelle, différente, propre à elle-même. Elle a une vraie personnalité très marquée. Tout le monde la connaît pour « Africa », mais elle a fait plein de choses après les années 80. Elle a participé à des comédies musicales, elle a interprété des chansons qui ont été écrites sur mesure pour elle par Goldman ou Cabrel… Des choses très très belles qui lui vont très bien. Elle a d’ailleurs un très beau projet en préparation avec Pierre Palmade. Rose est une personne très chère à mon cœur…

Et Ysa Ferrer…

C’est aussi une amie ! Tu vas me dire que j’exagère, mais en même temps, travailler entouré de ses amis, ce n’est pas un hasard non plus. Je me répète, mais Ysa est également une amie très proche. On se connait depuis des années. On a déjà eu l’occasion de travailler ensemble et on le refera. On sera toujours là l’un pour l’autre. Tout simplement. Avec Ysa, les choses se font très joliment, très spontanément. Elle nous a fait une « Fée Ysa », qui lui ressemble parfaitement. La « Fée Rose » est un peu plus classique, plus conventionnelle et plus douce. C’est un peu la Fée Bleue de Pinocchio quelque part. La « Fée Ysa », c’est la fée barrée ! (rires)  C’est une fée tout à fait actuelle et rigolote. Elle est tellement amusante ! Quand nous avons travaillé ensemble je lui ai dit que je voulais qu’elle reprenne un peu la voix de Chichi qu’elle double dans « Dragon Ball Z ». Les gens ne savent pas toujours qu’elle double la voix de Chichi… Et je voulais retrouver ce côté un peu décalé des mangas. Il n’a pas fallu lui dire deux fois, ça a été le déclic, et hop, elle est partie ! Elle nous a fait une « Fée Ysa » qui est très Ysa… un peu déjantée, très rigolote, extravagante, un peu délurée, qui ne se prend pas au sérieux… une fée géniale, tout simplement…

Thierry Gali © SLAMLe projet va-t-il vivre sur scène ?

Le projet va vivre sur scène, c’est certain. Où ? Quand ? Comment ? Je n’en ai encore aucune idée. Mais le plus vite et le mieux possible. J’avance là-dessus en ce moment. J’ai déjà rencontré des gens avec qui j’ai envie de travailler. Eux aussi visiblement ont envie de travailler avec moi. Mais monter sur scène implique beaucoup de choses. On est en train de travailler tout ça. Chaque chose en son temps. Pour l’instant, l’album vient de sortir et  idéalement si dans un an on pouvait être sur scène, ça me paraîtrait génial ! J’aimerais que les artistes qui sont sur l’album, ou en tout cas une bonne partie, soient à mes côté, au moins à Paris. Un peu à l’instar de « Soldat Rose », dans le même esprit, mais différemment. J’ai une idée précise dans la manière dont j’ai envie de les faire intervenir. Mais j’aimerais beaucoup que tous les artistes interviennent dans ce spectacle, mais de manière originale. Pas en nous racontant le conte qu’ils racontent sur l’album, encore autre chose…

Je ne peux pas te laisser partir sans te demander qui étaient tes idoles…

Quelque part, mes idoles étaient un peu les mêmes quand j’étais enfant et quand j’étais ado. Je suis un peu bizarre vas-tu me dire… Quand j’étais petit, j’étais fan de Claude François, c’était la grande époque. Sheila aussi. J’aimais les artistes populaires. Évidemment Chantal Goya aussi, elle est devenue une amie aujourd’hui. Mais en fait, tous les gens que j’ai aimés étant enfant, je les ai aimés après aussi. Souvent à l’adolescence, on a besoin de rejeter ce qu’on a aimé dans l’enfance, mais ça n’a pas été le cas chez moi. Les contes que j’ai aimés étant petit, je les aime toujours, la preuve, j’en suis encore là. Blague à part, je ne suis pas atteint du syndrome de Peter Pan, je te rassure. Mais peut-être un petit peu… Si être atteint du syndrome de Peter Pan c’est avoir gardé son âme d’enfant, alors oui, j’en suis atteint ! (rires) Mais ce n’est pas pathologique. Je suis resté un grand gamin. Et les gens qui m’ont touché quand j’étais enfant me touchent encore aujourd’hui. Je pense que nous sommes nombreux dans ce cas… Adolescent, ma star absolue, c’était Michael Jackson. Il l’est toujours et le restera toujours je pense. J’en étais complètement dingue et je ne me suis jamais remis de sa disparition comme, je pense, nous tous. J’ai évidemment adoré Dorothée aussi. Tout ce qui touchait à l’univers de l’enfance m’a toujours beaucoup plu et beaucoup touché.  Pour moi, tout ce qui touche au monde de l’enfance, c’est quelque chose de lumineux et de pétillant. C’est la vie. Et je suis un dingue de la vie ! Et donc du monde de l’enfance…

Propos recueillis par IdolesMag le 13 décembre 2011.

-> Site officiel : http://www.thierrygali.com/








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