Interview de Make The Girl Dance, Pierre Mathieu

Propos recueillis par IdolesMag.com le 09/11/2011.
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Make The Girl Dance - DR

Après avoir créé le buzz en 2009 avec le titre (et le clip) « Baby, Baby, Baby » (3 millions de vues en trois jours et vidéo la plus vue sur Dailymotion sur l’année) et créé l’évènement avec deux autres titres, « Kill Me » et « Wall of Death », le groupe « Make The Girl Dance », emmené par Pierre Mathieu et Greg Kozo sort enfin son premier album, un album électro vachement bien foutu qui n’a d’autre prétention que de faire danser les filles… et qui le fait avec brio ! Nous avons donc rencontré Pierre Mathieu qui nous expliquera dans quelles circonstances le projet est né, lui que le grand public connaît mieux via la télé. « Make The Girl Dance » a émoustillé nos oreilles, nul doute que le tandem va émoustiller les vôtres, si ce n’est déjà fait !…

IdolesMag : Quand et dans quelles circonstances vous êtes-vous rencontrés avec Greg Kozo ?

Pierre Mathieu : On s’est rencontrés il y a quatre ans exactement. Ça concorde avec la sortie de l’album, c’était le 31 octobre il y a quatre ans à Paris dans un petit club qui s’appelle maintenant « Le Tigre ». Je passais des disques, ça m’amusait. Je faisais de la télé à l’époque, mais comme j’avais été DJ quand j’étais plus jeune, des fois on me redemandait de passer des disques. Je passais surtout du rock. Et lui, Greg, passait derrière moi dans la même soirée. Il faisait de l’électro, mais lui n’était pas DJ, il jouait avec des contrôleurs midi, une espèce de live bizarre. On a sympathisé. On s’est fait deux ou trois vannes, essentiellement sur le physique ! (rires) Nous nous sommes recroisés sur une soirée six mois après, puis il m’a fait jouer à un autre endroit. Et du coup, je lui ai dit qu’il y avait des groupes qui mélangeaient du rock et de l’électro et que j’aimerais bien une fois faire un morceau comme ça. Il m’a dit « Viens, j’ai un studio avec des instruments ». On s’est donné rendez-vous et on a fait un morceau. Ça devait s’arrêter là parce qu’on faisait ça en plus de nos métiers. Et puis, on a continué à en faire d’autres, de manière complètement récréative pendant six/sept mois jusqu’à la sortie de « Baby, Baby, Baby » où c’est devenu professionnel.

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Quand « Baby, Baby, Baby » est sorti, y avait-il déjà l’idée de faire un album ?

Il n’y avait pas l’idée de faire un album, parce qu’on n’avait pas d’ambition… On est plutôt du genre pas trop optimistes Greg et moi ! (rires) Mais par contre, même si on ne se prenait pas au sérieux, on prenait le projet au sérieux. C’est-à-dire qu’on adorait faire de la musique tous les deux, on se voyait le soir et le week-end. On jouait nos morceaux dans des clubs que des potes tenaient. Ils nous laissaient passer nos morceaux pendant une demi-heure / une heure. On trouvait ça chouette. Mais on n’imaginait pas une seconde qu’on allait monter un groupe et que… ça allait tourner dans le monde entier. Du coup, on le faisait par passion, donc consciencieusement, mais on ne se prenait pas au sérieux. On ne pensait pas qu’un jour on irait jouer à New-York !

Le clip de « Baby, Baby, Baby » a créé le buzz sur le net (plus de 3 millions de vues en quelques jours et video la plus vue sur l’année sur dailymotion). On le vit comment ?

C’était très bizarre… On avait fait un clip qui était un peu hors du commun, on ne pensait pas que ça allait faire un buzz d’une telle intensité. Même si c’était une idée chouette… la mienne (rires)… moi, le premier, je ne la trouvais pas révolutionnaire. J’avais déjà vu des gens tout nus dans la rue pour des manifestations naturistes ou des choses comme ça. Ça fait 15 secondes au JT et puis voilà. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ce jour-là, il y a eu un engouement, les gens devaient s’embêter au boulot ou je ne sais quoi, et tant mieux, ça a fait boule de neige. Et du coup pendant trois jours on a été assaillis. On était invités sur les plateaux télé, on avait trois interviews à l’heure. Et surtout, à un moment donné on se dit « On est riche ! ». On voit les millions de clics, on voit les gens de Russie et des États-Unis parler du clip. Et en fait, très vite, tu te rends compte que non. On nous l’avait dit « un buzz internet, ça dure trois jours et puis ça s’arrête. Les gens passent à autre chose. » Mais finalement, ça a été la vidéo la plus vue de l’année sur Dailymotion en France. Le clip a été parodié, reparodié. D’un coup, on s’est rendu compte qu’on avait créé un genre, le genre « Baby, Baby, Baby ». On était très flattés, mais on n’en revenait pas. On essayait de garder les pieds sur terre. On ne voulait pas s’emballer, parce que ce n’étaient que des clics sur internet. Pour la notoriété, c’est super, parce que ça nous a fait connaître d’un coup en un week-end un peu partout dans le monde, mais ça n’a pas vraiment de valeur. Après, pour durer, on savait très bien qu’il fallait faire des trucs derrière. Un buzz internet ne suffit pas. On a donc été un peu ballotés dans tous les sens, mais on a voulu garder les pieds sur terre.

À cette époque, vous avez beaucoup de morceaux en rayon  ou pas du tout ?

À cette époque, on avait 5/6 morceaux. Mais des morceaux qui n’étaient pas du tout dans ce genre-là. C’étaient plutôt des morceaux électro, des turbines de club. « Baby, Baby, Baby » a été en fait créé en hommage à un groupe qui s’appelle « The Shoppings », qui à l’époque était un petit groupe parisien un peu hype qui marchait bien. Ils écrivaient des chansons un peu rigolotes avec des paroles qui parlaient de la vie à Paris, au Baron, des p’tites nanas et des mecs qui traînent dans les endroits branchés. Du coup, on a demandé à une amie de nous écrire des paroles d’une nana un peu parisienne dans le même esprit. On a écrit une petite chanson pop. Mais comme c’est celle-là qui marchait le mieux sur notre Myspace, on a sorti celle-là sur le label qu’on avait. Un petit label sans prétention. On l’a juste mise en vente. Et le clip, par contre, a donné une autre portée au titre. On avait écrit des morceaux, mais pas en vue de faire un album, ni même de sortir un autre single. On a sorti un truc pour voir…

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Comment bossez-vous tous les deux ? Qui amène quoi ?

C’est très particulier ! Greg, c’est le vrai musicien du groupe puisqu’il a fait l’école de jazz de Paris. Il joue de la basse et de la contrebasse. Et surtout, c’est lui qui fait le geek ! C’est lui qui met les musiques sur son ordinateur. Moi, je suis une m*** en ça ! Mais après, on est très complémentaires dans la mesure où lui, ça fait des années qu’il fait de la musique électronique et de plein de genre, il fait des choses très particulières, très pointues et très travaillées, et moi, j’arrive avec un esprit plus simpliste, dirons-nous. Donc, il écrit plein de petits riffs de guitare. Et moi, derrière, je passe en lui disant d’enlever telle ou telle chose et de rajouter telle ou telle autre. D’un coup, on trouve un riff de guitare ensemble, quelque chose que lui tout seul n’entend pas forcément. En fait, j’arrive pour simplifier ce qu’il fait, et le rendre efficace. Et après, on pose tout sur ordinateur, parce que si on a des synthés, des guitares, etc… on a aussi une panoplie de logiciels ! Comme j’ai une culture DJ, je suis très attentif à la musique, à la ligne de batterie. Et donc, je fais toute la structure. « Le début, il faut que ça sonne comme ça. Là, on enlève la guitare, là on la rajoute. Là, on fait un break, puis on repart… ». Lui amène toute la matière première et je la mets en forme.

Le grand public te connaît par le biais de la télé (« Plus vite que la Musique », « Hit Machine », « Morning Café ». Est-ce que ça t’a plutôt servi ou desservi sur ce projet où il ne t’attendait pas forcément ?

Je pense qu’au final, ça m’a plus desservi. Au moment de « Baby, Baby, Baby » et de son explosion, c’est sûr que c’était plus facile pour les gens pour nous interviewer, même s’ils n’ont pas compris tout de suite que j’étais derrière, parce qu’on ne voulait pas le mettre en avant, tout simplement. Une fois qu’ils l’ont capté, on était plus facilement joignables pour les médias parce que les gens avaient mon numéro, etc… Donc, pour la communication de départ, ça a été plus simple. Après, l’embêtant, c’est que comme je te le disais, les morceaux qu’on créait, c’étaient plus des morceaux un peu trash et on voulait plus atteindre une cible jeune qui écoute Justice plutôt que le grand public pop. Pas par dénigrement du genre, pas du tout. Mais tout simplement parce que ce qu’on écrivait était plus dans cette veine-là. Et on sait que ce monde électro pointu est très snob, moi le premier ! Quand je sortais et que j’allais au « Social Club » ou au « Paris Paris », si j’avais vu Benjamin Castaldi passer des disques, je me serais dit « Qu’est-ce qu’il fout là ? ». Parce qu’en France on a des étiquettes et des codes et c’est comme ça. Donc, après, quand il s’agissait d’aller jouer dans des endroits, je baissais la tête, pensant que les gens allaient me jeter des cailloux se demandant ce que je foutais là… En animant le « Morning », dans la tête des gens, je ne pouvais pas aimer l’électro. Alors que tu peux faire de la télé et à côté avoir une passion pour la musique électro et être calé là-dedans aussi. Donc, il a fallu que je joue et que je joue… pour petit à petit me faire accepter par la communauté qu’on voulait atteindre en montrant qu’on savait ce qu’on faisait et qu’on avait une vraie culture électro, qu’on ne faisait pas juste un projet pour faire rire. Ce n’était pas juste un mec de la télé qui faisait de l’électro, on a voulu prouver qu’il y avait un vrai fond musical. Du coup, petit à petit, on a réussi. Mais il a fallu vachement gommer cette image que j’avais, surtout en France. Après, la chance qu’on a eue, c’est de pouvoir tout de suite jouer à l’étranger, en Allemagne, en Espagne, en Suisse ou aux États-Unis, où là, le problème ne se posait pas. Mais en France, parfois, ça a été compliqué. Et dans les deux sens d’ailleurs, parce que parfois, on arrivait dans une boîte et tout le monde me parlait à moi et laissait Greg sur le côté. Ils voulaient voir le mec de la télé…

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Comment avez-vous choisi le nom du groupe « Make The Girl Dance » ?

Quand on a  commencé à avoir fait deux/trois morceaux et qu’on a voulu créer notre page MySpace, on s’est dit qu’il fallait trouver un nom. Et comme j’ai toujours été fan de rock anglais, Franz Ferdinand et tout ça, j’avais lu une interview d’eux où on leur demandait pourquoi ils voulaient faire de la musique et ils répondaient « Pour faire danser les filles ». On s’est dit que c’était évident, que la musique devait être faite pour ça. On n’est pas trop dans l’intellectualisation de la musique. On se dit que la nôtre est en tout cas faite pour faire danser et justement réfléchir le moins possible. C’est juste une musique de sensations. Et donc, on s’est dit que « Make The Girl Dance » c’était rigolo et que ça correspondait bien à notre musique. Quand les filles dansent, tout le monde danse. Les garçons ne sont jamais très loin…

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Vous bossez rapidement tous les deux ?

Non ! On est plutôt très lents ! (rires) Même quand on nous commande des remixes, on est lents. Déjà, parce qu’on est deux et qu’on n’a pas toujours la même idée. Souvent quand un aime un truc l’autre n’aime pas. Tout prend deux fois plus de temps… Et en plus, on n’est pas des brutes de travail. On aime bien discuter, regarder ce qu’il se passe sur internet… Donc, on perd beaucoup de temps en discussion, on est un peu de vraies filles pour ça !(rires) Et à côté de ça, il y a des gens qui s’enferment pendant trois semaines pour faire un album. Ce n’est pas notre cas, nous, on peut avoir des éclairs de génie, on peut pondre un truc super en une journée, mais on peut passer un mois à tourner en rond sur une boucle pour la mettre en forme. Donc, on n’est pas les plus rapides, mais aussi parce que justement, on ne veut pas sortir de musique au kilomètre. On pourrait aussi sortir dix tracks dans la journée avec juste une boucle et de la techno pure, une basse et hop. Il y en a plein qui le font très bien. Nous, on aime bien quand un morceau devient presque une chanson. Et pour ça, il y a plus de travail. Il faut prendre un risque, il faut écrire des paroles, du coup, on a appris à s’entourer de gens pour les parties qu’on savait moins bien faire. Par exemple, on sait qu’on a plus de mal à écrire des textes et des lignes de chant, donc, on s’entoure de filles et de mecs qui savent le faire, pour qu’ils les posent sur nos compositions. Plus ça va, plus on se connaît et plus on travaille vite, mais on est quand même pas très rapides.

Make The Girl Dance, Everything is gonna be ok in the endL’album est sorti la semaine dernière [L’interview a été réalisée quelques jours après la sortie de l’album]. Dans quel était d’esprit es-tu ? C’est plutôt la fin d’un truc ou le début d’un autre ?

C’est plutôt la fin d’un truc. Depuis le début, et c’est ça qui nous tient d’ailleurs, on se dit toujours, « Tiens, génial, on aura au moins vécu ça ! ». On essaye de ne pas trop se projeter dans l’avenir pour ne pas être déçus. On essaye toujours de s’émerveiller de ce qui vient de se passer. Quand on arrive à New-York pour jouer, on se dit « Waouw ! Mais qu’est-ce qu’on fout là ? ». Chaque fois, on se dit qu’il y a deux ans on jouait à Reims devant trois ou quatre personnes de dos qui nous insultaient. Mais tout va très vite. Le groupe a trois ans aujourd’hui, c’est jeune, et on se dit qu’on a déjà un album, et en plus, un album dont on est contents, qu’on n’a pas fait à l’arrache. Je me dis toujours « ça, c’est fait ! Dans ma vie, j’aurai fait ça, sortir un album de musique électro, et un album plutôt chouette ». Du coup, on n’attend rien, mais bien sûr qu’on aimerait que l’album plaise aux gens et marche bien. Je me dis toujours que je suis super content d’en être arrivé là. Donc, je suis plutôt serein aujourd’hui. Ça, c’est fait !

L’album a trois parties, une partie soft, une pop, une hard. Qu’est-ce qui t’éclate le plus ?

Dans la vie ou comme genre de musique ? (éclats de rires)

Comme tu veux…

Il y a trois parties parce que justement on n’a plus 19 ans, on est un peu plus âgés que ça (rires), on écoute plein de genres de musiques différents. En vieillissant, on arrête de dire, « je suis punk » ou « je suis un rocker ». Tu as écouté plein de choses dans ta vie et tu en as gardé plein de bon. Nous, on écoute beaucoup de folk très triste, de la variété française, plein de trucs très différents. Et quand on écrit, ça se ressent. On ne voulait pas faire un album qu’avec des turbines électro, même si c’est ce qu’on joue au final quand on est dans les clubs. On sait qu’un album, il faut pouvoir l’écouter chez soi. Et donc, si t’as quinze morceaux qui te cassent la tête, c’est chiant. Comme depuis le début on écrit aussi des titres plus doux, on a juste voulu que le fil conducteur soit dansant. Et comme il y a plein de manières de danser, plus ou moins hard… Il y a plusieurs styles différents dans l’album. Dans la vie, les morceaux que j’écoute le plus souvent, ce ne sont pas les grosses turbines, je suis plutôt soft. J’aime bien les trucs aériens, un peu mélos, un peu mélancoliques. C’est pour ça qu’en plus, bizarrement, on a plus de facilité à écrire des titres comme ça. C’est beaucoup plus compliqué d’écrire des turbines qui fracassent les dancefloors. Mais par contre, une fois qu’on est sur scène et qu’on joue, on n’a plus envie que de ça. Donc, on va dire que le soir je suis plutôt hard et la journée, plutôt soft…

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Ça te dirait de pousser la chansonnette dans l’avenir ?

Oh la la… Non ! (rires) Dieu vous en préserve, je ne suis pas très bon chanteur. Bizarrement, alors que tout ce que je fais c’est assez narcissique (ce que je fais aujourd’hui ou même avant, quand je faisais de la télé), j’ai beaucoup de mal avec la mise en avant pure et dure. Quand tu chantes, tu dois aller te présenter sur scène, etc… Il y a un truc où il faut une confiance en soi que je n’ai pas. Et c’est pareil pour la comédie. C’est du même ordre. Quand on joue la comédie, il faut d’un coup se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre, et moi, je me vois toujours de l’extérieur et je trouve ça ridicule. Ce n’est pas naturel chez moi. Donc, le principe même d’être chanteur, pour moi, c’est non.

Le groupe a créé le buzz à plusieurs reprises avec ses clips. N’avez-vous pas peur que cette image ne prenne le pas sur votre musique ?

Oui et non. On a arrêté de se poser la question. Ça a commencé par le clip de « Baby, Baby, Baby » et on est très très conscients tous les deux que s’il n’y avait pas eu ce clip, on n’en serait nulle part aujourd’hui. Peut-être qu’à force de jouer on aurait fait notre trou, mais ce n’est pas certain. Il y a beaucoup d’artistes talentueux en France qui font de la musique électro, et qui en font même mieux que nous, mais après, je pense que c’est important, sans vraiment parler de maketing, de prendre le projet dans sa globalité. Ça m’intéressait de faire du clip, comme c’est aussi très intéressant de faire de la mise en scène. Il y a des groupes qui sont connus aussi parce qu’ils se présentent sur scène comme ci ou comme çà. Ça fait partie aussi du projet. Donc voilà, je pense que si la musique était merdique, on aurait fait un clip et quitte à faire un autre super clip, les gens ne seraient pas venus nous voir jouer dans les clubs. Aujourd’hui, on fait tout de même 150 dates par an. Du coup, c’est pour toutes ces raisons que trois ans après, on a pu sortir un album. On a quand même fait nos preuves en montrant aux gens qu’il y a les clips, mais que quand on joue, il se passe aussi quelque chose. C’est un tout. Donc, oui, au début, on était surtout un groupe de clip. Après, on a essayé, non pas de gommer cette image, mais plutôt de l’assumer, puisqu’on a fait d’autres clips en faisant gaffe à ce qu’ils soient un peu étonnants. Mais la musique doit venir avec, ce n’est pas l’un ou l’autre…

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Make The Girl Dance, Broken Toy BoyJ’ai l’impression que le nouveau clip, celui de « Toy Boy », est par contre, lui beaucoup plus cinématographique et plus construit que les précédents.

Ah oui ! C’est une volonté. En fait, les trois premiers, c’est moi qui les ai réalisés. Parce que j’en avais envie, déjà. Et parce que je voyais beaucoup de clips qui étaient tournés avec beaucoup d’argent, mais sans aucune idée derrière. C’est à peu près toujours pareil : un groupe qui joue sur scène et une nana qui se prend de l’eau sur elle et qui danse sensuellement. J’en ai vu des dizaines comme ça, et ça me gonfle. Il y a plein de réalisateurs talentueux qui ont de bonnes idées qui ne coûtent pas cher. La preuve, « Baby, Baby, Baby » a dû couter 100 euros à tout casser. Il suffit d’avoir juste la bonne idée. Mais comme je n’en ai pas deux par semaine, je ne peux pas en faire mon métier, sinon, je monterais ma boîte de pub et je ferais mon Jacques Séguéla. (rires) Après « Baby, Baby, Baby », on a fait « Kill Me » puis « Wall of Death », ce n’était pas toujours forcément pour faire le buzz, mais c’étaient des idées faciles à réaliser et qui étaient toutes dans un trip de « Reality Clip », appellons ça comme ça. On filmait des choses vraies. Pour accompagner la sortie de l’album, on voulait quelque chose de différent. Déjà, je n’ai plus trop le temps en ce moment, mais je voulais que le groupe fasse un beau clip. On a donc pris un vrai réal qui est arrivé avec une idée de poupée que nous avons développée tous ensemble. On a donc tourné ce clip de « Toy Boy » pour la sortie de l’album. On ne voulait plus seulement une idée chouette, on l’avait déjà fait trois fois, on voulait un truc beau, avec une idée rigolote et un vrai réal.

Les deux « Big Jim » qui figurent sur la pochette du single vont-ils être en vente pur Noël ? (rires)

(rires) Tu rigoles… Mais comme tu le sais nous sommes signés au Japon, et dès le début, ils nous ont proposé de faire des petites poupées « Make The Girl Dance » ! Pour l’instant, on n’a pas encore validé, mais je trouve l’idée assez rigolote. C’est très mégalo tout de même ! Déjà pour le clip, on a fait faire des poupées grandeur nature, c’est un côté très narcissique qui serait assez intéressant à creuser. Je ne sais pas si on vendrait beaucoup de petits Ken à notre image, mais ça me ferait marrer en tout cas !! (rires)

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Vous faites à peu près 150 dates par an. Où prends-tu le plus ton pied ? Sur scène ou en studio ?

Sur scène ! C’est vrai qu’en studio on a vécu plein de bons moments parce qu’on s’entend super bien, on rigole beaucoup. C’est chouette d’aller dans un studio et se dire « Tiens qu’est-ce qu’on va faire aujourd’hui ? », mais après, quand on va sur scène, il se passe quelque chose de fou ! Par rapport à la télé, il y a vraiment une toute autre dimension. C’est vraiment chouette à faire, la télé, mais il n’y a pas vraiment de reconnaissance. Il y a des gens qui sont fans d’animateurs télé, je n’ai jamais trop bien compris, parce que ce n’est pas un art de faire de la télé. Non pas qu’être DJ soit extraordinaire en soi non plus, mais soulever des foules, les faire crier, sauter et danser dans tous les sens, ça renvoie quelque chose de très violent. Il y a quelques soirées qui ont été ratées, soyons honnêtes, et c’est normal, mais quand il y en a une qui est très réussie, que le public est en communion, que ça prend, comme on dit, là, tu en prends plein la gueule.

Je ne peux pas te laisser partir sans te demander qui étaient tes idoles quand tu étais ado…

Ah ! Oui, j’ai eu quelques idoles. Je n’ai jamais été un grand grand fan en général, sauf pour « The Cure ». Quand j’étais jeune et ado, c’étaient les années 80, et j’étais fan de Robert Smith. Tu sais, quand tes parents organisent un repas avec des amis et que tu fais un spectacle, c’est assez humiliant comme truc, et bien, moi, je faisais des play-backs de « The Cure » en imitant Robert Smith ! (rires) J’étais assez  fan de ça. Ça m’a passé avec le temps, c’était super dark je trouve avec le recul. Je n’ai jamais eu de gros posters dans ma chambre, mais il y a eu plein de groupes que j’aimais bien. J’ai eu toute une période punk et après toute cette période un peu dark, j’ai très vite basculé dans toute cette musique électronique. Il n’y avait pas encore d’idoles à cette époque. Les Guetta et tout ça sont venus bien après. On écoutait des sons et des mixes. Entre temps, j’ai bien écouté quelques trucs hip hop aussi. Mais je n’ai pas suivi un modèle qui m’a mené quelque part.

Propos recueillis par IdolesMag le 9 novembre 2011.









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