Interview de BB Brunes
Propos recueillis par IdolesMag.com le 20/10/2011. © Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.
Le premier album live des BB Brunes, « Nico Teen Live », est dans les bacs depuis le 24 octobre dernier. On y retrouve un DVD live, un CD live, ainsi que des versions acoustiques de cinq de leurs titres (choisis par leurs fans) et des inédits. Nous avons rencontré Karim Réveillé (le batteur du groupe), il nous parlera de ce premier album live, de la dernière tournée des BB Brunes qui a fait escale à l’Olympia et à l’Alhambra et nous en dira plus sur les projets du groupe, avec un nouvel album qui se profile pour 2012 et dont déjà une quarantaine titres ont été maquettés !
IdolesMag : C’est le premier album et DVD live de BB Brunes. Qu’est-ce que ça vous fait ?
Karim Réveillé des BB Brunes : C’est un peu un soulagement. C’est la fin d’une première période qui couvre les deux premiers albums studio du groupe. C’est aussi un peu le bilan de 300 concerts qu’on a faits en France, au Québec, en Belgique et en Suisse. Donc, on est très heureux de montrer toute cette énergie en DVD.
Quels souvenirs gardez-vous de cette dernière tournée ?
Une ambiance électrique. Il s’est passé énormément de choses, beaucoup de fous rires, on s’est vraiment bien amusé. Tout s’est vraiment bien déroulé. Les gens étaient au rendez-vous à chaque fois. Ce sont de très bons moments.
300 concerts, deux albums, un EP en anglais… c’est pas mal pour un jeune groupe. Vous arrive-t-il de temps en temps de regarder dans le rétro de votre carrière ? Ou bien regardez-vous toujours vers l’avant ?
Oui, ça nous arrive… Mais ce sont surtout nos potes qui nous montrent ce qu’on faisait il y a quelques années ! Donc, du coup, on regarde ça avec fierté, parce qu’on a tout de même eu une belle ascension. On est fiers de tout ce qu’on a fait et on est en train d’avancer comme il faut, je pense.
Vous êtes montés sur la scène mythique de l’Olympia l’année dernière. Quels souvenirs en gardez-vous ?
Je vais être très honnête avec toi… ce premier Olympia… pour moi ça a été un gros gros stress ! Je me souviens que les autres étaient assez à l’aise, mais moi, j’avais un peu du mal… Il y avait pas mal de monde dans la salle. Nous étions dans les loges avec Benjamin Biolay, il montait sur scène avec nous après. C’est vraiment la première fois que ça m’arrivait de paniquer un peu avant de monter sur scène. Sinon après, au bout de trois/quatre morceaux, on se lâche complètement et on ne garde que de très bons souvenirs d’une expérience comme celle-là.
Le DVD live a été tourné à l’Alhambra, le CD quant à lui a été majoritairement enregistré à l’Olympia, avec quelques extraits du Printemps de Bourges et de l’Alhambra. Pourquoi ce choix ?
La vidéo a été prise à l’Alhambra parce que juste après l’Olympia on a rencontré une personne dont on adorait le travail. Il nous a montré des vidéos qu’il avait faites de Yael Naïm. On a vachement aimé sa façon de filmer. Du coup, on a décidé de lui demander de nous filmer à l’Alhambra, qui est une très jolie salle. Après, pour le CD, on a un peu regroupé tous les meilleurs morceaux qu’on avait de tous nos concerts.
Il y a quelque chose de presque orgasmique entre le public et vous quand vous vous produisez sur scène. Quel rapport entretenez-vous avec lui ?
On est vraiment très proches de notre public. On essaye de mettre le moins possible de barrière entre eux et nous. On essaye de communiquer un maximum avec eux pour qu’il y ait un vrai échange. Tu sais, on ne voit pas l’intérêt d’aller faire des concerts si c’est pour rester dans notre bulle. On essaye de partager tout avec le public. Et même après le spectacle, on les invite dans les loges. On fait la fête avec eux. On s’est même trouvé des amis fans de nous avec qui on traîne maintenant.

C’est chouette ça.
Carrément. Mais c’est vraiment le rapport qu’on a avec notre public. On a envie de les recnontrer et nouer des amitiés.
Ce sont donc les fans qui ont choisi les cinq titres acoustiques qui figurent sur l’album. Est-ce un exercice que vous aimez, ces versions acoustiques ? Parce qu’on attend moins BB Brunes dans ce registre…
Carrément. C’est un peu ce qui nous fait kiffer. Pouvoir changer un peu. Ce sont de nouveaux challenges qu’on se donne. Ce sont des choses qui ne sont pas forcément faciles à faire mais qu’on essaye de faire le mieux possible.
Vous faites deux reprises dans deux registres très différents. Une de Jacques Brel, « La Valse à Mille Temps » et l’autre de Metronomy, « Everything goes my way ». Comment avez-vous choisi ces titres ?
C’est souvent quand on écoute un album que l’idée vient. Pour la reprise de Jacques Brel, je me souviens qu’on écoutait un de ses albums dans le tourbus. Il était 6 heures du matin, et on commençait à être un peu fatigués. Du coup, on a mis Jacques Brel et dès qu’on a entendu « La Valse à Mille Temps », nous nous sommes dit que ce serait une belle idée de la reprendre. C’est un morceau qui nous a tous les quatre touchés. Dès qu’on est arrivés dans la salle où nous devions jouer le soir, on a commencé à le bosser. Pour ce qui est de Metronomy, ça a été un coup de cœur. Je suis fan de Metronomy depuis leur premier album, j’ai donc fait découvrir le groupe aux autres BB Brunes. Leur deuxième album a été un vrai ovni pour nous et le morceau qu’on a choisi est celui qui nous touchait le plus.
Quand on reprend « La Valse à Mille Temps » de Brel, n’y a-t-il pas une certaine peur de s’attaquer à un monument ?
Je vois très bien ce que tu veux dire, mais ce n’est pas vraiment une peur qu’on a eue. On l’a vu plutôt comme un challenge. Ce qu’on a essayé de faire, ce n’était pas une reprise classique. On ne voulait pas refaire ce qu’il avait fait lui, et très bien d’ailleurs. On a voulu la réinterpréter à notre façon. C’est plus un clin d’œil en respect envers cet homme-là.
Il y a aussi une adaptation de « Alright » de Supergrass, « Cul & Cheminse ». Est-ce un exercice que vous avez aimé ?
Oui, carrément. Je connais beaucoup d’artistes qui reprennent les morceaux exactement comme ils existent déjà. Ils font un simple copier-coller. Ça n’a aucun intérêt. Nous, on ne pourrait pas faire une reprise exactement comme le groupe l’a enregistrée. Une adaptation, c’est une autre manière de voir le morceau. C’est intéressant pour nous de voir comment on peut adapter un titre, avec notre propre énergie.

Comment le titre se retrouve-t-il sur la BO du remake américain de « LOL » ?
Très simplement. C’est la prod du film qui a demandé un titre d’un groupe français à Warner. Et il s’est avéré que nous étions les premiers auxquels ils ont pensé.
« Cavalier Noir » figurait aussi sur la BO de Twilight chapitre II. Est-ce que ça vous plairait de composer une BO entière pour le cinéma ?
Ouais… ça pourrait être intéressant. Mais après, c’est beaucoup de boulot et il faut beaucoup d’expérience pour faire ça. Donc, c’est une chose à laquelle on pourrait réfléchir, mais pas dans l’immédiat, ce sera pour plus tard ! Mais ce serait une expérience intéressante.
Un coffret collector est en vente sur le shop de votre site web. Que contient-il de plus ?
Il y a les titres acoustiques, déjà. Mais surtout, il y a un très beau livret avec des photos persos de chacun de nous, en studio ou ce genre de choses.
Vous êtes tous les quatre très jeunes mais j’ai l’impression que vous attachez de l’importance au support physique.
Tout à fait. Pour nous, c’est un des trucs les plus intéressants dans la musique. Ce n’est pas le plus important, bien entendu, mais ça fait partie du truc. Avoir un disque, un livret, c’est important, parce qu’on peut le garder toute sa vie. Rien que de regarder les paroles dans un livret, les photos, etc… tu te sens tout de suite plus proche de l’artiste. Alors que quand tu as un mp3 sur ton ordi, ce n’est pas pareil…

Quand on écoute BB Brunes, ça sonne assez 60 / 70. Êtes-vous nostalgiques musicalement de cette époque ?
Oui. Tous les quatre on aurait adoré vivre à cette époque. C’est d’ailleurs pour ça qu’on a plongé dans cet univers. Donc, oui, on est un peu nostalgiques, même si on n’a pas connu. Ce sont nos parents qui nous ont raconté leurs histoires d’adolescents. On aurait certainement eu beaucoup plus de plaisir à vivre leur adolescence que la nôtre.
Quel regard jetez-vous sur les pionniers du rock français ?
On écoute énormément de Bashung. Mais on écoute Christophe, Gainsbourg et Higelin aussi. Ce sont des artistes avec lesquels on a grandi. Ce sont des artistes qu’on respecte grandement et qui ont fait exister la musique française.
J’imagine que vous êtes déjà repartis sur un nouvel album…
Oui. On a déjà maquetté une quarantaine de morceaux et on est en train de faire la sélection de ceux qu’on va garder pour le troisième, ceux qu’on va mettre en inédit et ceux qu’on va garder pour plus tard.
Vous bossez tous ensemble ?
Adrien fait les parties de guitare chez lui et il écrit les paroles. Ensuite, il nous propose les morceaux et on sélectionne ceux qui nous intéressent. Et à ce moment-là on bosse le morceau de A à Z tous ensemble.
Quelle couleur va-t-il avoir ce troisième album ?
Jaune. (rires) Je rigole, mais c’est Félix qui m’a fait la blague tout à l’heure et je la ressors ! Je ne sais pas vraiment la couleur qu’il va avoir, mais tout ce que je peux te dire c’est qu’il va être très différent des deux précédents.
Va-t-il y avoir des titres en anglais ?
Non. Il sera exclusivement en français. On a sorti l’année dernière cet EP en anglais. C’était une parenthèse. On a juste eu envie de revenir à notre première façon d’écrire de la musique quand nous étions ados, et c’était en anglais. C’était donc un peu un rêve d’enregistrer des morceaux en anglais. On l’a fait, mais ce qui nous démarque c’est d’être un groupe de rock français
Va-t-on retrouver des titres plus acoustiques ?
Non, je ne pense pas. On va plus se porter vers les percus, vers les claviers aussi. Et on va travailler un peu différemment que sur les deux premiers albums. Pour les deux premiers, on travaillait surtout en live, on enregistrait tout en même temps. Et là, pour le troisième, on va essayer de faire un travail complètement différent en studio.

Il te plait le travail de studio ?
Complètement. C’est un truc que j’adore. Là, on bosse très souvent au studio du Hameau. C’est en dehors de Paris, et c’est cool de pouvoir s’enfermer tous les quatre dans une baraque et de pouvoir faire de la musique comme on l’aime. C’est vachement important pour un groupe, ça donne une cohésion. Après, je vais t’avouer que je préfère tout de même le live, ça nous électrise plus…
J’imagine que vous vous réjouissez de repartir sur les routes…
On n’attend que ça ! On va enregistrer fin décembre/début janvier, et on repartira sur les routes à partir de mars 2012. On l’attend avec impatience, parce que là, ça fait tout de même deux mois qu’on ne joue plus et ça nous crée un gros manque ! On s’embête un peu…
L’album est prévu pour quand ?
Soit avant, soit après l’été prochain.
Vous allez donc jouer les chansons sur scène avant de la sortir.
Oui. On va faire un premier tour de chauffe comme on dit. On se réjouit d’amener tous ces nouveaux morceaux au public, et de voir leur réaction. C’est quelque chose de formidable !
Propos recueillis par IdolesMag le 20 octobre 2011.
-> Site officiel : http://www.bbbrunes.fr/
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