Interview de Aurélie Cabrel

Propos recueillis par IdolesMag.com le 17/10/2011. © Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.



Aurélie Cabrel © Carole Mathieu

Aurélie Cabrel a osé. Son premier album, « Oserais-je ? », est sorti le 17 octobre dernier. Nous avons été séduits par sa voix fragile et ses mots. Aurélie Cabrel dévoile une très jolie plume. Au cours de cette interview, elle nous expliquera que c’est aux rencontres d’Astaffort qu’elle a eu un déclic et que le plaisir d’interpréter une chanson l’a envahie. Elle nous racontera dans quelles circonstances par la suite elle a enregistré son premier album. Rencontre avec Aurélie Cabrel, une artiste sensible qui ne devrait pas avoir de mal à se faire un prénom…

IdolesMag : Le titre de votre album, « Oserais-je ? », en dit long. Avez-vous longtemps hésité avant de l’enregistrer ?

Aurélie Cabrel : Hésité, non. Le mot n’est pas correct. Je l’ai beaucoup mûrit en fait. J’ai toujours été attirée par la musique et le monde musical mais auparavant, plus du côté administratif. Je manageais des groupes, je faisais de la production de spectacles. Et en parallèle, j’écrivais des textes. Au début, c’étaient des poèmes, et puis ils sont devenus plus structurés pour la chanson. Et je pense que c’est en 2007, suite aux rencontres d’Astaffort, que je me suis rendue compte que j’aimais interpréter mes propres textes. J’ai compris que c’était quelque chose qui me faisait du bien à la tête, du bien au cœur, du bien un peu partout en fait.

Aurélie Cabrel, Oserais-je?Quand vous avez participé aux rencontres d’Astaffort en 2007, aviez-vous déjà l’idée d’un album ?

Non. Pas du tout. J’étais là-bas en tant qu’auteur, pas du tout en tant qu’interprète. J’ai fait ça tout simplement parce que j’avais envie d’élargir mon champ d’action, va-t-on dire, de faire des rencontres avec des compositeurs qui auraient pu mettre en musique les textes que j’écrivais ou trouver des interprètes qui auraient pu les chanter. Donc, c’était tout simplement pour rencontrer d’autres artistes qui faisaient la même chose que moi ou des choses différentes. Et là, j’ai eu une révélation. Parce que j’étais là en tant qu’auteur et je me suis retrouvée finalement à interpréter trois morceaux. J’ai pris un goût sans nom à faire ça. Je me suis tellement sentie bien dans ma peau, que j’ai senti que c’était ça que je devais faire…

Depuis quand écrivez-vous ? Est-ce venu très tôt ?

Oui. C’est venu très tôt. Mais sans aucune prétention. C’était de l’ordre de ce qu’écrivent tous les adolescents quand ils ont 12 / 13 / 14 ans. On écrit ce qu’on vit, nos chagrins d’amour, ce qui nous blesse, ce qui nous rend heureux, etc…

C’est aux rencontres d’Astaffort que vous rencontrez Esthen. Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler avec lui ?

Aux rencontres, on était déjà humainement des personnes qui se ressemblaient énormément. On avait tous les deux cette espèce de pudeur artistique et de timidité qui font qu’on n’allait pas aller se mettre en avant sur une scène. Bien au contraire… Moins on parle de nous et plus on écoute ce qu’on fait avec attention, plus on est heureux. C’est un peu bizarre de dire ça quand on est artiste et qu’on veut monter sur une scène, mais finalement, on peut être artiste et être timide. C’est notre cas à tous les deux. Ce qui m’a plu en lui, c’est d’abord humainement le premier contact qu’on a eu. Et deuxièmement, c’est qu’il n’a pas du tout la même culture musicale que moi. Il a cette culture de la chanson française et de la pop anglaise. Alors que moi, il me manque un peu ça à mon tableau. Je connais bien le classique, le jazz, le rock, le reggae et les musiques du monde. Ce sont des musiques que j’aime beaucoup, mais il me manquait vraiment tout le côté pop. Et donc, tout s’est finalement bien entrecroisé. On a réussi à bien se comprendre parce qu’il avait ce que je n’avais pas et vice versa. Et surtout aussi, il arrivait à retranscrire en composition les sentiments que je lui expliquais. Et ça c’était le plus important pour moi.

Aurélie Cabrel © Carole Mathieu

Vous avez trouvé une belle alchimie dans le travail à deux.

Tout à fait.

Vous venez de me parler des styles musicaux que vous écoutiez. Mais aviez-vous des idoles quand vous étiez ado ?

Non. Je n’avais pas d’idole parce qu’en fait j’ai toujours été en admiration devant beaucoup de gens. Donc, je n’avais pas d’idole quand j’étais ado. Par contre quand j’étais plus petite, oui… J’adorais Chantal Goya et Dorothée.

Aurélie Cabrel © Carole Mathieu

Tous les textes ne sont pas de vous. N’est-ce pas trop difficile quand on est auteure soi-même de chanter les mots de quelqu’un d’autre ?

Non. Parce que c’est vraiment ce que j’avais envie de faire. J’ai su être critique envers moi-même. Je ne voulais pas garder 12 textes que j’avais écrits pour la simple et bonne raison que c’étaient mes textes, loin de là, j’ai vraiment fait un choix. J’avais une trentaine de morceaux maquettés et j’ai vraiment choisi parmi les 30, les 12 qui me représentaient le plus et qui décrivaient vraiment ce que j’avais au fond de moi. Et il s’est avéré, sans aucun calcul de ma part, parce que je m’en suis seulement rendu compte quand on a tapé les crédits de l’album, qu’il y avait seulement six titres que j’avais écrits. J’ai vraiment été très objective dans mes choix. J’ai viré certains de mes textes qui ne correspondaient pas à cet album et j’en ai pris d’autres, d’amis qui ont eu la gentillesse d’écrire sur moi finalement…

Il y a quelque chose  de fragile dans votre voix, et pourtant, on n’a pas vraiment ce sentiment de fragilité, bien au contraire. Vous retrouvez-vous dans cette description ?

On me pose souvent la question, c’est vrai. Et je réponds que je suis vraiment les deux. Je suis extrêmement, peut-être même trop, sensible. J’ai vraiment une sensibilité sans nom. Je peux allumer la télé et m’effondrer sur ce que je peux voir, je peux m’effondrer sur ce que vit mon voisin, ce qu’il se passe dans le monde ou même ce qui se passe devant moi dans la rue. Tout ça me touche. Par contre après, j’essaye de m’endurcir et aujourd’hui, je peux encaisser les chocs. Donc, je pense qu’il y a vraiment des deux côtés en moi. Je dis souvent que je suis dure à l’extérieur mais molle à l’intérieur… (rires)

Aurélie Cabrel © Carole Mathieu

L’album a été enregistré dans le studio familial d’Astaffort. Était-ce important à vos yeux de rester dans une sorte de cocon, du moins un environnement que vous connaissiez bien ?

Ce n’était pas plus important que ça ! Au début, on n’avait pas fait de plan sur le fait de l’enregistrer à Astaffort dans le studio plus ou moins familial. Mais à l’arrivée, j’étais tout de même très très heureuse de l’avoir fait là-bas parce que c’est un endroit absolument fabuleux et c’est vrai que je suis tellement attachée à mes racines et à ma campagne, que c’était formidable de pouvoir sortir du studio et me retrouver au milieu des vignes. Je suis très heureuse de l’avoir fait là finalement.

On retrouve un joueur de ukulélé assez prestigieux sur la chanson « J’ai cherché » [son papa, Francis Cabrel NDLR]. Était-ce important qu’il soit présent physiquement sur l’album ?

(rires) Oui. Bien sûr que c’était important. C’est toujours dur de répondre à ce genre de question… Mais il n’aurait pas été sur l’album que ce n’aurait pas été grave. Ce qui était important pour moi, c’était de savoir que quelque part, il y avait quelqu’un de ma famille, que ce soit mon père, ma mère ou mes sœurs… J’aime savoir que les gens que j’aime ne sont jamais très loin. Et c’est vrai que j’ai été très heureuse qu’il vienne jouer ce bout de ukulélé. J’ai trouvé que c’était un beau clin d’œil qu’il pouvait me faire et que je pouvais lui faire. Et un clin d’œil tout en finesse. J’étais très fière de ça.

Aurélie Cabrel © Carole Mathieu

J’aimerais encore évoquer la scène avec vous. Vous avez déjà fait quelques scènes et une tournée se profile.

C’est pour la scène que je fais ce métier-là. Vraiment. Par contre, je fais aussi ce métier-là pour pouvoir faire un album. Pour moi, je trouve que faire un album ou monter sur scène, ce sont presque deux métiers différents. Pourtant, il s’agit du même projet, mais c’est tellement différent. Il n’y a pas de comparaison possible entre le studio et le live. C’est vraiment à l’opposé. J’ai aimé le travail du studio parce qu’on peut se laisser partir dans des imaginations sans fin, finalement on y fait ce qu’on veut… et par contre, la scène, on est avec les gens, on voit leurs yeux briller… Ce qui me touche et à chaque fois m’épate, c’est de voir que des gens d’âges et de styles très différents viennent me voir. Sur la dernière date, on a eu des enfants, des personnes âgées, des punks, etc… Et tout le monde bougeait la tête en même temps. C’est fabuleux. Les sourires qu’on peut échanger avec les musiciens aussi, c’est magnifique. Et surtout, ce qui est très plaisant, ou du moins ce qui va l’être puisque finalement ce n’est pas encore le cas, c’est de voir mes morceaux mûrir concert après concert….

Propos recueillis par IdolesMag le 17 octobre 2011.

-> Site officiel : http://www.aureliecabrel.com/






-> Faire un lien vers cette interview (copiez/collez ce code) :


-> Retrouvez l'univers de Aurélie Cabrel :

. Sur Fnac.com :

. Sur Amazon.fr :
. Sur PriceMinister.com : logo priceminster
-> Téléchargez sur iTunes :

-> Téléchargez légalement sur VirginMega.fr :


-> Aurélie Cabrel en concert. Réservez vos places :

. Sur CarrefourSpectacles.com :

. Sur Digitick.com :

. Sur FranceBillet.com :

. Sur FnacSpectacles.com :