Interview de Philippe Berghella, Shéhérazade, Soliman le Sultan  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 06/10/2011.
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Philippe Berghella - DR

La troupe de la nouvelle comédie musicale de Félix Gray, « Shéhérazade, les 1001 nuits », débarque sur la scène des Folies Bergères à Paris à partir du 1er décembre. Le spectacle, qui a déjà été joué au Québec, s’annonce féérique. Nous avons rencontré Philippe Berghella lors de son passage à Paris. Au cours de cette interview, Philippe nous parlera longuement de son rôle, Soliman le sultan. Il reviendra également sur son parcours, lui qui a débuté sa carrière en chantant dans la rue. Il a été  Raphaël dans la comédie musicale « Don Juan » et a sorti son premier album solo, « Vivre » avec la complicité de Félix Gray en 2008. Philippe travaille actuellement sur de nouvelles chansons dans un registre plus latin. Rencontre avec un artiste fort sympathique.

IdolesMag : Vous semblez heureux d’être à Paris. J’imagine que vous vous réjouissez de revenir y chanter.

Philippe Berghella : Ah Paris !... Je m’y plais ! J’adore Paris… Et surtout la salle dans laquelle nous allons jouer : Les Folies Bergères. C’est une salle qui doit dater de la fin du 19ème siècle. Et fouler cette scène-là, ça va me donner des frissons sur tout le corps. Au Québec, nous n’avons pas de salles aussi anciennes qui ont une histoire comme les Folies Bergères, je me réjouis vraiment d’y jouer.

« Shéhérazade, les 1001 nuits » a déjà été joué au Québec. Quel accueil avez-vous reçu ?

Un très bon accueil, un accueil très chaleureux. Peut-être qu’au Québec on est moins ouverts que les Français à la musique orientale encore. Comme on est loin du Maghreb géographiquement, les gens ont moins l’habitude d’entendre la musique de là-bas. Mais le public québécois a été ravi de la comédie musicale. Elle a remporté un très beau succès.

Shéhérazade, spectacle musical de Félix Gray DRContrairement à Rita Tabbakh, vous, ce ne sera pas la première fois que vous viendrez chanter en France…

Effectivement, c’est la deuxième fois que je viens chanter à Paris. Nous étions venus il y a quelques années avec la troupe de la comédie musicale « Don Juan ». Nous étions restés trois mois au Palais des Congrès. Nous avions reçu un très bon accueil. Le bouche à oreille a très bien fonctionné et à la fin, la salle était pleine. Mais pour une raison que j’ignore, il a fallu partir…

Vous avez l’air de garder un bon souvenir de cette première fois en France.

Ah oui ! Je n’en garde que du bon. Je n’ai vécu aucune mauvaise expérience à cette époque. Ça n’a été que du bon. Les gens étaient tellement accueillants. J’espère que nous aurons le même accueil cette fois-ci avec « Shéhérazade ». Et même encore mieux… Parce que ce spectacle est peut-être même encore mieux !

Il a quelque chose de très féérique.

Oui. Je pense que ça va permettre aux gens de s’évader pendant deux heures. Moi, je sais que ça me fait du bien de rêver quelques heures par jour. Surtout avec le monde dans lequel on vit aujourd’hui. Ce qui est bien aussi, c’est que le spectacle fait découvrir la culture orientale. C’est un spectacle qui fait du bien, je pense…

Pouvez-vous me présenter Soliman le sultan, votre rôle ?

Je suis donc un roi qui a été trahi par sa femme. Il s’est renfermé sur lui-même, il a fermé son cœur et il voit la vie en noir. Il essaye de se venger sur toutes les femmes qui croisent son chemin. Jusqu’au moment où il en croise une qui s’appelle Shéhérazade qui va lui raconter de belles histoires… C’est à ce moment-là qu’il va rouvrir son cœur et qu’il va se rendre compte que l’amour peut toujours exister. Il suffit de lui donner un coup de pouce, de lui donner la chance… Et la deuxième chance est toujours plus facile quand notre imaginaire ou en tout cas notre façon de voir la vie, devient plus positive. Il faut aussi se donner la chance que notre vie change. C’est un peu la morale de l’histoire de « Shéhérazade », quand on croit que tout est fini, et bien, la fin est un début en soi.

Soliman est un personnage un peu noir, du moins au début de l’aventure. Avez-vous des points communs avec lui ?

Disons que son côté cruel, je ne l’ai pas ! (rires) Je suis quelqu’un de plutôt très jovial, j’ai le bonheur facile. Je suis quelqu’un de généreux. Mais Soliman l’est aussi, c’est juste que quand il a été blessé, il s’est renfermé sur lui-même. Il fallait juste quelqu’un qui puisse lui amadouer le cœur pour qu’il redevienne lui-même. Je pense que ce que nous avons en commun avec Soliman, c’est que nous sommes amoureux de la Femme, on trouve la Femme très belle. Moi, je suis dévoué à mes amis, lui est dévoué à son peuple. C’est certain que les gens ne vont pas penser que le sultan est quelqu’un de sympathique au début du spectacle. Ils auront plutôt l’impression inverse. Mais pour moi, c’était un bon défi de montrer que Soliman était quelqu’un de noir et de cruel. C’est très chouette de pouvoir exploiter ça sur scène, sans que ce ne soit vrai. Ça fait ressortir le mauvais qui est en moi, peut-être ! (rires)

Philippe Berghella et Rita Tabbakh, Shéhérazade les 1001 nuits

Ce doit être jouissif de jouer quelqu’un de méchant et cruel dans le fond.

Oui. Ça permet de sortir les mauvaises ondes qu’on a en nous. Dans une de mes chansons, je dis que « je hais les femmes », alors que je n’aurais jamais dit ça dans la vraie vie… C’est sûr que d’un certain côté, si j’ai eu une mauvaise journée, ça me permet de sortir le méchant qui est en moi.

Connaissiez-vous l’histoire de Shéhérazade quand vous étiez enfant ?

L’histoire de Shéhérazade et du sultan, je ne la connaissais pas vraiment. Au Québec, ce que nous connaissions plus, c’étaient les histoires de Walt Disney, plus que son histoire à elle-même. Cette comédie musicale m’a permis justement de découvrir l’histoire de Shéhérazade, ce qu’il s’est réellement passé et comment sont nés tous ces contes…

Philippe Berghella et Rita Tabbakh, Shéhérazade les 1001 nuits

J’aimerais un peu parler de votre parcours, si vous le voulez bien maintenant. Écoutait-on beaucoup de musique chez vous, quand vous étiez enfant ?

Oui. J’avais mon grand-père qui chantait dans les églises. Mes cousins et cousines qui chantaient également. Mais quand j’étais jeune, je ne voulais pas forcément devenir chanteur. Je ne me projetais pas en tant que chanteur en fait. C’est vers l’âge de 14 ans, quand j’ai eu ma première guitare que tout est devenu plus clair. C’est à cette époque que j’ai appris à chanter au travers de mes chansons préférées.

Aviez-vous des idoles et qui étaient-elles ?

Ma première idole a été mon frère parce que mon père n’a jamais été présent dans ma vie. Donc, mon exemple, c’était mon frère. Et par la suite musicalement, mon idole, c’était Cat Stevens. C’est avec lui que j’ai appris à jouer de la guitare. Plus tard, ça a été Jacques Brel. Et aujourd’hui, j’ai peut-être moins d’idoles, mais j’ai beaucoup de gens qui m’influencent, pour qui j’ai un énorme respect, comme Félix [Gray]. En ce moment, j’écoute beaucoup de musique américaine des années 70, comme The Doors, Led Zeppelin, etc… ce sont des gens qui m’influencent beaucoup.

Philippe Berghella et Rita Tabbakh, Shéhérazade les 1001 nuits

Quel est votre parcours dans les grandes lignes ?

J’ai commencé par donner quelques petits spectacles dans les familles, et par la suite, j’ai eu un assez gros répertoire, ce qui m’a permis d’aller jouer dans les rues. J’ai fait ça pendant quelques années. Je partais chanter avec ma guitare sur les trottoirs comme un troubadour. C’est comme ça que j’ai formé mon groupe, qu’une maison de disques nous a repérés et que nous avons sorti un premier album en 2001.

Quels souvenirs gardez-vous de cette époque où vous chantiez dans la rue ?

Pour moi, c’est dans les plus beaux souvenirs que j’ai. C’est un grand sentiment de liberté que je ressentais parce que j’y allais quand je voulais et j’allais où je voulais. Je décidais aussi les chansons que je voulais chanter. Et en même temps, c’est à cette époque que j’ai écrit mes propres compositions. Je me rendais compte très vite si les gens réagissaient ou non. J’ai des souvenirs très précis de couchers de soleil, j’allais toujours chanter après le souper… en France on dit le dîner ! (rires) mais ça revient au même. Je jouais dans les parcs où je savais que les gens pouvaient s’asseoir sur des marches. C’est comme ça que j’ai rencontré beaucoup de gens aussi. Ce sont vraiment des souvenirs incroyables. Je sais d’où je viens, et je ne l’oublierai jamais.

Philippe Berghella, VivreVous intégrez ensuite la troupe de « Don Juan », où vous jouez le rôle de Raphaël, et tout de suite après, vous sortez un premier album solo, « Vivre », avec la complicité de Félix Gray.

Exactement. On a beaucoup de respect mutuel l’un pour l’autre. Et de cette complicité est né cet album, qui n’a pas vraiment vu le jour puisque un mois et demi après l’avoir sorti, j’embarquais dans l’aventure « Shéhérazade ». Je n’ai donc pas vraiment pu en faire la promotion de cet album. C’est donc un album qui a été mis un peu de côté par la force des choses. Peut-être faudra-t-il le ressortir un peu plus tard ?

Va-t-il sortir ici en Europe ?

Peut-être. Du moins, je l’espère. Tout dépend du succès de la comédie musicale « Shéhérazade ». Je vais attendre de terminer vraiment l’aventure de « Shéhérazade » avant de venir le présenter, pour ne pas que ça refasse la même chose qu’au Canada ! (rires)

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de repartir sur une nouvelle comédie musicale aussi rapidement après « Don Juan » ?

Ce qui est arrivé, c’est que Félix m’a appelé en me disant qu’il n’avait pas trouvé le sultan de ses rêves pour son nouveau spectacle musical. Il m’a demandé de venir à l’audition pour au moins avoir une base. J’y suis allé et j’ai chanté la chanson « Ce qui ne nous tue pas », c’est ce qui m’a donné le vrai coup de cœur pour ce spectacle. Cette chanson-là m’a parlé tout de suite. Je la chante d’ailleurs également dans mes shows solos. C’est une chanson que j’adore chanter qui est remplie d’espoir et qui donne des ailes aux gens. Certaines personnes nous en ont déjà parlé après le spectacle, en nous disant que cette chanson leur avait permis de franchir de nouvelles étapes dans leur vie. Et c’est l’impression que j’ai eue en la chantant la première fois.

Êtes-vous déjà reparti sur l’écriture de nouvelles chansons ?

Oui, je suis en train d’écrire de nouvelles chansons que j’aimerais présenter bientôt.

Travaillez-vous encore avec Félix Gray ?

Non, pas vraiment. Mais je vais peut-être demander une chanson à Félix tout de même. Ce seront essentiellement des chansons que j’ai écrites et co-écrites avec d’autres auteurs. Je me suis beaucoup inspiré des rythmes latins pour ce nouvel album. Le précédent, « Vivre », était un album plus pop/rock. Aujourd’hui, je me sens plus attiré par des rythmes rock hispaniques. J’essaye de toucher à ça. Vous savez, je veux toucher un peu à tout. Je n’aime pas m’enfermer dans un style.

Propos recueillis par IdolesMag le 6 octobre 2011.








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