Interview de Greg Laffargue

Propos recueillis par IdolesMag.com le 08/09/2011.
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Greg Laffargue © Bernard Benant

Greg Laffargue a sorti son premier album solo, « Quotidien », le 26 septembre dernier. Son projet est avant tout une belle histoire d’amitié. Au cours de cette interview, il nous racontera le parcours de cet album, enregistré en autoprod avant que Greg ne s’inscrive sur le label communautaire My Major Company. Il évoquera également ses influences musicales très diverses, qui se ressentent d’ailleurs dans ce premier album, du reggae au rock en passant par des ballades. Il parlera aussi de la scène. En attendant de partir en tournée, il se produira le 7 octobre prochain au Palais des Sports de Castelnau le Lez devant pas moins de 2500 personnes…

IdolesMag : Dans quel état d’esprit es-tu à quelques jours de la sortie de ton premier album?
Greg Laffargue
 : Je suis très impatient. Ça fait tout de même deux ans que je suis sur ce projet et je suis très content qu’il aboutisse. Déjà pour moi, mais aussi pour tous mes proches et tous les gens qui ont été là à mes côtés depuis le début et qui attendent autant que moi la finalisation du projet.

Depuis quand travailles-tu sur cet album ? Tu as trente ans aujourd’hui, peut-on dire que cet album contient des chansons que tu écris depuis des années, ou t’es-tu posé dessus plus récemment ?
Il y a quelques chansons qui ont germé il y a quatre ou cinq ans. Mais très vite fait. Ce sont des musiques et des mélodies que j’avais enregistrées très rapidement sur dictaphone. Après, je me suis posé il y a trois/quatre ans pour vraiment composer l’album. Je me suis dit allez hop, on prend quinze musiques, et on fait les textes. Et au fur et à mesure, j’ai sélectionné les 10 qui sont sur l’album. Et c’est là que nous sommes rentrés en studio pour maquetter. Donc, je ne travaille pas depuis que je suis tout gamin dessus… Mais bien évidemment, comme tous les compositeurs, j’ai des tas de cassettes remplies de petites musiques qui traînent un peu partout. Je les garde en stock. Je m’en servirai certainement un jour !

Greg Laffargue, QuotidienTu composes depuis que tu es tout gamin ?
Oui… Tu sais, j’ai toujours aimé reprendre les chansons un peu à ma sauce. C’est quelque chose que je fais naturellement. Aujourd’hui, je suis intermittent du spectacle, ça fait onze ans. Depuis l’âge de 18 ans, je suis dedans. À 15/16 ans, j’ai monté mes premiers groupes. On faisait des reprises, et déjà à l’époque, j’aimais bien réarranger les morceaux à ma façon. L’envie de composer vient de là au départ, de cette envie de réarranger les morceaux des autres. Après, ça s’est fait naturellement. J’ai commencé à composer. Évidemment, aujourd’hui je suis un peu critique envers ces premières compos, mais c’est normal ! (rires) De toute façon, j’ai toujours eu en moi cette ambition de faire un album avec mes propres chansons. J’ai parallèlement eu envie d’écrire mes propres textes.

L’album a été enregistré en très peu de temps, dix jours à peine. Était-ce une volonté de ta part pour garder un son live et spontané ou bien était-ce par la force des choses ?
C’est vrai qu’il y a une fraîcheur dans l’album. Il faut savoir qu’au départ de l’aventure de cet album, j’étais en autoproduction. Je voulais faire un album, donc, j’avais fait un crédit et tout ça. J’avais investi sur mon album en fait. On est donc partis en studio du côté de Montpellier avec mes potes musiciens. Et nous avons enregistré 12 titres en 10 jours. Entre les chants, les cordes, les violons, etc… c’était un gros boulot. On travaillait à peu près 12 à 13 heures par jour enfermés dans le studio. Après, j’ai refait quelques chants et quelques prises de guitare, mais la grosse base a été faite là-bas.

Tu voulais garder la prod qui avait été faite là-bas.
Oui. Je voulais garder l’état d’esprit amical qu’on avait fourni. Les gars avec qui j’avais bossé sont des amis qui ont un très gros talent. Donc, je trouvais qu’il sonnait comme j’avais envie qu’il sonne. Il avait une fraîcheur et un naturel auxquels je ne voulais pas toucher ou retravailler. Les prises que nous avions faites sonnaient bien. Et quand on écoute l’album qui va sortir aujourd’hui, on a gardé 80/90 % de ce qui avait été fait à l’époque.

Tous les musiciens qui t’accompagnent sur l’album sont donc des amis avec qui tu bossais depuis quelques temps.
Tout à fait. Ce sont des musiciens montpelliérains. Et nous nous sommes rencontrés au fur à mesure. On a fait pas mal de bœufs ensemble, des scènes ouvertes, etc… La scène montpelliéraine, c’est spécial. C’est un petit collectif de musiciens, on se connait à peu près tous. Et comme il y a beaucoup d’évènements, comme un peu partout dans le sud d’ailleurs, des comités d’entreprises, des mariages, des évènements gospel, des animations diverses, on s’appelait toujours pour aller bosser ensemble. Comme tu vois, j’ai un peu touché à tous les univers musicaux. Et donc, de fil en aiguille, à force de faire des scènes, j’ai rencontré des musiciens qui sont d’abord devenus des amis, et avec qui, par après, j’ai vraiment eu envie de bosser. Il a fallu trancher à un moment donné en choisissant un bassiste, un clavier et un batteur. Je leur ai dit que j’avais envie de faire un album et que j’avais envie qu’ils m’accompagnent sur le projet, et ils ont répondu présents. Je les en remercie grandement.

Greg Laffargue © Bernard Benant

Quand on écoute l’album, il y a bien entendu une forte empreinte reggae sur certains titres, mais on retrouve également des titres plus rock, même plus hip hop pour certains. Quelles sont tes influences musicales ?
Il y en a plein. J’arrive à trouver du bon dans plein de styles différents. Que ce soit dans le rock des années 70, Woodstock, Led Zep, The Doors, Queen, Pink Floyd, etc… Mais j’aime aussi beaucoup Stevie Wonder, Michael Jackson ou Bob Marley. Aujourd’hui, je suis passionné par l’univers d’I Am. Je trouve qu’ils ont une qualité d’écriture assez monumentale. J’écoute aussi Goldman ou Cabrel. Quand on est au coin du feu avec des amis, j’adore jouer du Brassens. Comme tu vois, je prends du plaisir avec vraiment tous les styles musicaux. Je ne me sens pas plus à l’aise dans l’un ou dans l’autre. Je me sens musicien, et donc, j’aime la musique en général. Ça m’a permis d’ouvrir mon univers musical et ça fait vraiment partie de ma personnalité. D’ailleurs je remercie My Major Company qui m’a laissé m’épanouir de cette façon, sans vouloir me cantonner dans un style bien précis. Ils m’ont laissé le libre choix de proposer des morceaux pop, d’autres reggae et d’autres acoustiques. La personne que j’aime beaucoup et que je cite tout le temps, c’est Ben Harper. C’est vraiment vers cet horizon musical que je me destine. Pouvoir mélanger les styles en essayant de garder une empreinte musicale propre à ma personne.

Greg Laffargue © Bernard Benant

Le mélange de styles est assez réussi et surtout très cohérent.
Merci. C’était un pari que j’ai voulu faire et My Major Company m’a suivi dans mes choix. Je ne voulais pas me trahir en ne proposant que des titres reggae ou que des titres pop. J’aime tout. Et donc, j’avais envie de passer par des titres très acoustiques et finir par « Woodstock ». C’est ça qui m’éclate. Et puis, en live, ce sera bien, je pense. Tu sais, moi, j’ai autant de plaisir à aller voir Cabrel que Queen ou AC/DC, donc...

Quand on écoute l’album, il y a un parti pris de bonne humeur, de gaité. Est-ce que je me trompe ?
Non, non, pas du tout. Je ne suis pas la personne la plus gaie du monde, mais quand même… (rires) Je suis déjà heureux de vivre de ma passion, d’avoir un entourage proche qui m’aide beaucoup… Habiter dans le sud, ça aide beaucoup aussi. Et la philosophie de vie qui correspond bien à mon album, c’est : « on n’a qu’une vie, et il faut profiter des bons moments. » Et c’est la même chose dans la musique. Il y a le partage, l’amitié. C’est aussi ça qui m’a grandement séduit dans le concept de My Major Company, c’est d’être en contact direct avec le public et les internautes. La vie ne vaut d’être vécue que si elle est partagée. Faire un concert tout seul, ça rime à quoi ? J’ai dû faire un concert tout seul avec ma guitare, et ça ne m’a pas du tout intéressé. J’ai besoin de partager la musique avec mes musiciens, et le public. Donc, le côté positif dont tu me parles, c’est dans ma personnalité. J’ai envie de profiter de la vie, de faire de la musique et que la plupart des gens se retrouvent dedans. J’ai envie de redistribuer un peu tout ce que j’ai pu recevoir en tant qu’artiste. Il n’y a pas forcément de message dans l’album, ce n’est pas le propos.  C’est de la musique, c’est tout. Venez nous voir en concert et vous verrez, vous passerez un bon moment. Après, si les gens peuvent se retrouver dans un texte ou l’autre, c’est du bonus.

Greg Laffargue © Bernard Benant

La musique est d’abord faite pour se divertir et s’amuser.
C’est ce que je pense. Faire passer des messages, il y en a qui l’ont fait bien avant moi, et qui l’ont très bien fait. Après, dans le futur, je ne sais pas ce qui va se passer, ça va peut-être changer. Peut-être que dans un troisième ou quatrième album, je le ferai… Mais aujourd’hui, j’ai juste envie de me régaler et de profiter de la scène et du live.

Est-ce que tu consultes tes producteurs ?
De temps en temps, je vais voir ce qu’ils racontent ! (rires)  Je leur parle, je réponds à leurs questions. J’aime bien le contact.

Comment as-tu vécu la fameuse jauge ?
Ça a été très vite. 2 mois et demi, même pas… Au début, on ne fait pas attention, puis, ça devient un engrenage, on regarde ce qu’il se passe. Surtout quand ça commence à décoller. Je me suis inscrit le 6 octobre sur le site. On est arrivé à à peu près 60 000 euros début décembre, donc, en à peine deux mois. Et à partir de ce moment, il y a eu un engouement phénoménal. Les gens s’y sont mis tous ensemble, ils se sont mobilisés pour qu’on arrive à la fin de la production de l’album avant la nouvelle année…  Il y a eu un engouement énorme. Parfois, il y avait des mises de 2 ou 3 000 euros par jour. C’était monstrueux ! (rires) On est monté à 90 000 euros à Noël. Et le 31 décembre quand je me suis réveillé… on avait atteint les 100 000 euros ! Je peux te dire que j’ai fêté la nouvelle année comme il se doit !!

Greg Laffargue © Bernard BenantÇa doit être rassurant de savoir qu’il y a un tel engouement derrière soi…
Ah oui ! Déjà, j’étais très content que Mickaël Goldman m’appelle pour que je m’inscrive sur My Major Company, mais après, les internautes ont suivi… C’est formidable. C’est un bel exemple de partage. Ça me fait plaisir de savoir qu’il y a 933 personnes qui ont soutenu mon projet. C’est une belle aventure, My Major Company.

On ne peut pas ne pas évoquer la scène, parce que tu les égrènes depuis des années maintenant, les scènes, justement.
Effectivement. Ça fait 10 ans que j’en fais, avec un minimum de 50 à 80 concerts par an. Donc, je connais un peu le métier… (rires) Aujourd’hui, j’ai vraiment hâte de partir sur les routes avec mon équipe, mes musiciens et mon album. Jouer mes propres compositions devant un public qui sera venu pour ça… et ça, c’est nouveau ! Sur la scène montpelliéraine, j’ai déjà un peu joué mes propres morceaux. Donc, certains les connaissent un peu. Et déjà, je vois l’avis favorable des gens… ça me donne encore plus envie d’y aller. Déjà par rapport aux chansons que je réarrangeais, les gens pouvaient un peu deviner mon empreinte musicale, mais là, avec nos propres chansons, c’est autre chose. Là, au moins, on se livre, personne n’a pu les jouer avant nous ! (rires) Je suis vraiment heureux parce que les premiers avis sont plutôt positifs. Il va falloir qu’on trouve un tourneur et qu’on mette en place une vraie tournée.

Comment s’est passé le tournage du clip « Quotidien » ?
Super bien. C’est Rémi [Gaillard], qui est mon ami d’enfance qui m’a proposé de le réaliser. Nous sommes donc montés sur Paris. On a fait appel à des figurants et on a eu en 10 minutes/un quart d’heure les deux cents personnes nécessaires ! On avait loué les costumes auparavant et on a donc tourné à l’arrache. On n’avait prévenu personne, ni mairie, ni police. On voulait vraiment que ce soit fait « à la Rémi Gaillard », donc sur le vif. Ça s’est très bien passé et au final, on a eu les images qu’on voulait. Les gens ont joué le jeu. C’était vraiment sympa.

As-tu une petite anecdote du tournage ?
Oui. Avant de le tourner sur les Champs Elysées, on l’a tenté Rue Carnot deux ou trois fois. Mais on n’arrivait pas à avoir la police. On avait beau boucher la circulation, ça klaxonnait de partout, rien n’y faisait…  on n’arrivait pas à avoir les flics. On en était arrivés au point de se demander si on n’allait pas les appeler nous-même ! Au final, on a décidé d’aller sur les Champs Elysées, en se disant que là, on était sûr que les flics seraient là ! (rires) Et effectivement, quelques minutes après notre arrivée, ils étaient là… On a donc pu tourner les images que nous voulions.

On a parlé de tes influences musicales tout à l’heure, mais avais-tu des idoles quand tu étais ado ?
Ado… J’ai toujours été impressionné par les spectacles de Queen ou Dire Straits. Je me suis toujours demandé comment ils arrivaient à jouer devant 50 ou 100 000 personnes. Idem pour Michael Jackson. J’ai toujours trouvé ça démesuré… Quand on me demandait d’aller chanter une chanson devant mes parents à Noël, je flippais comme un fou… Après, des idoles, j’en ai eu plusieurs, j’ai beaucoup écouté Goldman ou Cabrel. Mais je n’ai pas vraiment eu une idole en particulier, j’en avais plusieurs, en fait. Ce sont surtout les artistes que je voyais sur scène qui m’impressionnaient.

Greg Laffargue © Bernard Benant

Est-ce que tu écris et composes beaucoup ?
À la base, je suis compositeur, donc, je crée beaucoup de musiques. La musique vient assez rapidement. Et puis, c’est vraiment au gré de mes humeurs et des saisons… si j’ai envie de me mettre à travailler, je m’y mets. Je commence à chanter en yaourt dessus. Et puis, des bribes de mots viennent en français, ou en anglais, d’ailleurs. Ensuite, c’est souvent un mot qui va me mettre sur la piste d’une phrase et puis d’un thème. C’est vraiment au feeling. Je ne m’enferme pas pendant quinze jours en me disant que je vais devoir écrire. Non. Ça vient quand ça vient, quand j’en ai envie ou quand je le sens. Ça peut même être en voiture dans un bouchon. C’est là qu’on se dit que l’iPhone est bien pratique !! (rires)

As-tu une préférence de langue quand tu chantes ?
Non, j’aime bien chanter dans les deux langues. Je me suis dit que ce serait bien d’avoir tout de même quelques titres en français. La langue de Molière est tout de même l’une des plus belles langues au monde. Mais ça me prend plus de temps d’écrire en français. L’anglais sonne plus facilement, mais je voulais vraiment écrire en français, parce que quand je vois ce qu’écrivent des gens comme -M- ou Tété, je me dis que ça vaut le coup de le faire. Il faut trouver les bons mots, les bonnes phrases, les bonnes consonances…  C’est un travail très différent que le travail de l’anglais. Mais je tenais vraiment à faire les deux.

Greg Laffargue © Bernard Benant

Avant de te lancer dans l’aventure solo, tu officiais au sein de groupes. Qu’est-ce qui a été le déclencheur pour te lancer dans un projet solo ?
Au début, j’avais envie de faire partie d’un groupe, parce que j’étais fasciné par des groupes comme U2. Je n’avais pas vraiment pensé faire une carrière solo. Mais après, on se sent quand même un peu à l’étroit. Aujourd’hui, je suis accompagné d’un groupe, mes amis musiciens. Mais c’est avant tout mon projet. Même si j’essaye de garder tout de même l’esprit de groupe. Il y a eu Bob Marley et les Wailers, mais ça restait Bob Marley. C’est un peu ce que nous sommes. Ce n’est pas un groupe à proprement parler, mais c’est une bande d’amis qui jouent ensemble. C’est vrai que Bob Marley, c’est Bob Marley, mais les Wailers derrière font tout de même un gros travail… Je vois mon projet comme ça. C’est un projet solo certes, mais derrière il y a une bande d’amis que je tiens à garder avec moi.

Il y a une belle histoire d’amitié derrière tout ça.
Ouais, c’est important l’amitié. J’ai envie de partir sur les routes, mais j’ai aussi envie qu’on se sente bien dans le bus, qu’il y ait une belle ambiance, qu’on puisse se taper la belotte… Je n’ai pas envie qu’on se prenne la tête !

Propos recueillis par IdolesMag le 8 septembre 2011.









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