Interview de Larry Paul

Propos recueillis par IdolesMag.com le 20/09/2011.
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Larry Paul © IIce Man

Larry Paul se produira sur la scène du Sentier des Halles le 29 octobre prochain. Son univers, un mélange de soul et de pop, nous a séduits. Nous avons donc été à sa rencontre pour qu’il nous parle, bien évidemment de son projet (un album est en préparation), mais aussi de lui. Il nous expliquera, entre autres, qu’il a eu comme une révélation en découvrant les « Petits Chanteurs à la Croix de Bois » et qu’il a suivi une formation de chant classique. Rencontre avec Larry Paul, un artiste authentique dont le titre « Mélanie » devrait être sur toutes les lèvres prochainement…

IdolesMag : Tu seras sur la scène du Sentier des Halles le 29 octobre prochain. Que va-t-il se passer ?

Larry Paul : C’est une façon pour moi de présenter mes morceaux. Il y aura aussi quelques surprises, mais je ne dis encore rien. Nous serons quatre sur scène, un batteur, un guitariste et une choriste. Mais pour réellement voir ce qu’il va se passer, il faudra venir ! (rires)

Tu as déjà fait pas mal de scène. Est-ce essentiel pour toi ?

Tu as employé le bon terme. Pour moi, la scène, c’est vraiment l’essence. Dans la mesure où mon premier contact avec la musique a été la scène. Je me suis pas mal produit sur Paris depuis 2007. La toute première fois, c’était sur la scène de l’Opus Café. C’est vraiment là que je suis bien, que je m’amuse. Le contact avec le public est vraiment fondamental. Si je fais de la musique, c’est pour pouvoir faire de la scène avant toute chose.

Le disque n’est donc pas une finalité pour toi.

Exactement. J’adorerais être tout le temps sur scène. Le CD, c’est important d’en avoir un, c’est une sorte de carte de visite, de présentation. Même moi, quand j’apprécie un artiste, j’ai tout de suite envie d’aller le voir sur scène.

Larry Paul © IIce ManComment vis-tu les sessions en studio ?

Je ne te cache pas que mes premières sessions en studio ont été un peu difficiles. Je ne savais pas comment ça se passait, en fait, tout simplement. J’avais l’impression de perdre toute ma spontanéité, et tout ce côté immédiat que l’on peut avoir sur scène. Je ne comprenais pas qu’il fallait refaire des prises des dizaines de fois. Mais avec le temps, et aussi l’expérience, je m’y sens de plus en plus à l’aise et j’arrive à recréer ce côté un peu spontané que j’ai sur scène. J’essaye d’enregistrer avec mes musiciens pas trop loin. Donc, on arrive à recréer la magie de la scène.

Les musiciens qui t’accompagnent en studio sont donc ceux qui t’accompagnent sur scène également.

Généralement, ce sont les mêmes gars. Il y a notamment le batteur Grégory Louis et le bassiste Yann Négrit. Ce sont des gars très très doués et qui m’accompagnent depuis le début du projet sur scène et en studio. Je sais que je peux compter sur eux.

Sont-ce des gars que tu as rencontrés grâce à ce projet-ci, ou bien des gars que tu connais depuis longtemps ?

En fait, le milieu soul parisien, c’est une petite famille… On va souvent voir les copains jouer en concert. Et donc, de fil en aiguille, on rencontre des musiciens. Des amitiés se créent, des liens se nouent et progressivement, on a envie de bosser ensemble. Certains ont eu un réel coup de cœur pour le projet. Comme tu vois, il y a plein de choses qui rentrent en ligne de compte et qui font qu’aujourd’hui, on a encore envie de travailler ensemble.

Tu écris paroles et musiques. Es-tu un boulimique de travail ?

Avant, il y a quelques années, j’écrivais beaucoup de textes, sans forcément penser mélodie ou musique. Et après, j’amenais parfois une mélodie. Alors qu’aujourd’hui, c’est l’inverse. Je compose d’abord une mélodie, une musique ou une harmonie et le thème vient assez naturellement après. C’est la mélodie qui me dicte certains mots. Et puis, je me pose avec une feuille de papier et un crayon et je laisse les mots venir par rapport à ce que je ressens.

C’est un peu la mélodie ou l’harmonie qui te dicte le thème de la chanson.

Tout à fait. Alors qu’avant, c’était vraiment l’inverse. Je ne sais pas si c’est vraiment la musique qui me dicte un thème, j’ai plus l’impression que c’est l’émotion et l’atmosphère que m’inspire cette mélodie qui me dirige vers un texte.

Tu écris en anglais… Pourquoi ?

Il faut savoir que mes premiers textes, je les ai écrits en français ! Et puis, j’ai beaucoup voyagé, notamment en Angleterre et plus spécifiquement à Londres. Donc l’anglais est devenu une langue dans laquelle je m’exprime. C’est une langue qui me plaît beaucoup et qui me permet de bien faire passer mes émotions. J’ai été beaucoup influencé par les artistes anglo-saxons aussi.  Par rapport à ma façon de chanter, c’est vrai que l’anglais est assez approprié. Et puis tu sais, je n’ai pas forcément de chansons à textes comme on dit, c’est plutôt une dynamique où la voix monte et descend. L’anglais, c’est assez cool pour ça. Par rapport au style de musique que je fais, un mélange de soul/pop (qui est assez anglo-saxon), l’anglais se marie bien avec. Il faut garder une cohérence dans le projet… Mais j’aime beaucoup de français aussi !!

Larry Paul © IIce Man

Penses-tu écrire des chansons en français pour ce premier album que tu prépares ?

J’en ai déjà écrites quelques-unes. Et je pense qu’il y en aura peut-être sur l’album. Pour l’instant, je n’ai pas encore pris de décision. Mais nous sommes tout de même en France, donc, je pense qu’un titre en français serait une bonne idée…

Et puis, il y a la fameuse loi des quotas…

Exactement, tu as tout compris ! (rires) Pour passer en radio, il faut des morceaux en français. Mais comme je te dis, rien n’est encore décidé. On fait tout au feeling sans trop se prendre la tête.

Dans quelles circonstances est née la chanson « Mélanie » ?

(rires) En fait, Mélanie, c’est une nana que j’ai rencontrée quand j’étais à Paris. Elle vivait à Londres. Cette jeune femme avait un emploi du temps assez chargé, et moi aussi, donc, nous avions du mal à nous voir. Je lui disais tout le temps « j’arrive »… Mais pour finir elle a perdu patience. Et ce qui s’est passé, c’est qu’un jour, j’ai essayé par tous les moyens de la retrouver sur Londres, et la chanson part de là.

C’est une vieille chanson ?

J’ai dû la composer il y a deux ans.

Elle n’est donc pas toute récente.

En fait, je l’avais écrite et composée, mais je ne l’avais pas encore arrangée. Et finalement, j’ai retravaillé le titre et c’est un morceau que j’apprécie bien et que j’aime beaucoup.

Tu es en train de bosser sur ton premier album. As-tu déjà une idée de date de sortie ?

Pour l’instant, on n’a pas vraiment de date prévue. L’album est en préparation. On bosse encore énormément sur les morceaux, sur les arrangements. On a vraiment envie de fournir un travail qualitatif dessus, même si je suis très impatient qu’il sorte. J’ai envie de faire les choses bien. Comme le projet est encore en développement, on n’a pas de date prévue. On va dire qu’il sortira très bientôt.

De quoi va-t-il être fait cet album ? De toutes nouvelles chansons, ou bien y aura-t-il des chansons qui ressortiront des tiroirs ?

La question est vraiment d’actualité ! J’ai composé pas mal de morceaux dans le passé, et ils traînent dans les tiroirs comme tu dis. A priori, je pense que ce sera un mélange d’anciens titres et de nouveaux. On va dire que ¾ des chansons seront des nouvelles que je viens de composer dans l’année, et ¼ des anciennes…  Dans ces chansons que j’ai écrites il y a quelques années, il y a tout de même des trucs que j’apprécie bien et que j’ai envie de retravailler. Donc, effectivement, il y aura quelques titres qui viendront de loin et qui seront très sympa, je pense… Mais cette question est vraiment d’actualité parce qu’il y a très peu de temps que j’ai remis le nez dans ces chansons un peu moins récentes.

Larry Paul © IIce Man

J’aimerais qu’on parle maintenant un peu de toi. Tu viens des Antilles, je pense…

Exactement. J’ai grandi en Guadeloupe. J’y suis resté jusqu’à mes 18 ans. Et à 18 ans, je suis venu à Paris. Officiellement pour mes études, et officieusement pour faire de la musique… (rires)

Aimes-tu la musique depuis toujours ?

Depuis que je suis tout petit, j’aime la musique et j’aime chanter. Mais je ne me disais pas particulièrement que je voulais en faire mon métier plus tard. Comme tous les gamins, je voulais devenir pompier ! Et puis un jour, en allant à l’église avec mes parents, j’y ai découvert les « Petits Chanteurs à la Croix de Bois ». J’ai vu que ces gamins, qui avaient le même âge que moi, voyageaient et chantaient dans le monde entier. Et ça m’a vraiment fait quelque chose. Le déclic est venu de là. Je me suis donc inscrit dans une chorale pour enfants. J’y suis resté cinq ans quelque chose comme ça. Le directeur de la chorale m’a dit un jour que ce serait bien si je prenais des cours de chant individuels un peu plus poussés avec un vrai prof de chant. C’est donc ce que j’ai fait.

C’étaient des cours de chant lyrique, c’est bien ça ?

Tout à fait. Ma professeure était une cantatrice. Elle l’est toujours d’ailleurs. Et un jour, je devais avoir 10/12 ans, une dame est venue faire une interview et m’a demandé si je voulais en faire mon métier plus tard. Je m’en souviendrai toujours, je lui ai répondu que oui, je voulais devenir chanteur et en faire mon métier. Je crois que c’est depuis ce jour-là que je me bats au quotidien pour ma passion.

Larry Paul © IIce Man

Était-ce une volonté de tes parents ou de toi de prendre des cours de chant classique ?

Très sincèrement, les cours de chant, je n’aimais pas trop ça. Je me rendais bien compte que ça devait m’apporter quelque chose, mais je n’adorais pas. Je chantais du Mozart ou des airs italiens à 13/14 ans, alors que tous mes copains écoutaient des trucs un peu plus contemporains, comme du R’n’B ou de la soul. Disons que j’étais dans un autre répertoire… Après, j’ai tout de même continué le conservatoire, parce que je sentais que ça m’apportait beaucoup. Quand on grandit, on comprend mieux les choses. Et aujourd’hui, je peux te dire que je suis convaincu que ces cours de chant classique m’ont vraiment beaucoup apporté.

Ça a dû t’apporter la discipline aussi.

Exactement. C’était super dur, limite si ma prof ne me tapait pas sur les doigts des fois… (rires) Dans cet apprentissage, il y a aussi tout le côté technique. Ça m’a apporté une réelle discipline vocale, et pas que, dans le fond…

Tu chantais Mozart, du Bel Canto, mais avais-tu des idoles ?

Je n’avais pas vraiment d’idole à proprement parler. J’aimais beaucoup d’artistes, en fait. J’écoutais de la musique afro-américaine. J’aimais beaucoup R. Kelly. C’est surtout quand je suis arrivé à Paris que j’ai commencé à écouter plus de choses variées. Parce que quand j’étais en Guadeloupe, je n’avais pas l’occasion d’écouter trop de musique et de faire des recherches sur les chanteurs. C’est vraiment quand je suis arrivé à Paris à mes 18 ans, que j’ai découvert la musique et les chanteurs. Il y a un bonhomme qui m’a forgé musicalement et humainement, à tous les niveaux, d’ailleurs, c’est mon idole, Marvin Gaye. Quelle claque quand je l’ai entendu ! J’ai aussi beaucoup aimé Michael Jackson, comme beaucoup de chanteurs d’ailleurs. Et Luther Vandross…

Quand tu arrives à Paris, tu fais tout de suite de la musique ?

Oui. Tout de suite. Je me suis d’ailleurs inscrit au conservatoire et à la fac en même temps. J’ai donc continué le conservatoire classique pendant trois ans. Mais au bout de la troisième année, je n’en pouvais plus… C’est l’époque où j’ai commencé à travailler sur mon projet perso. Dans la foulée, j’ai commencé à fréquenter la scène soul parisienne, à aller voir les concerts et à en faire moi-même.

Larry Paul © IIce Man

Quand as-tu écrit ta première chanson ?

À 18 ans, quand je suis arrivé à Paris. C’est vraiment là que tout a commencé. Avant, j’étais plus chanteur qu’autre chose. C’est en arrivant à Paris que j’ai commencé à développer mon sens artistique.

Ta première scène, c’est donc l’Opus Café.

Exactement. J’ai tenu le micro pendant tout le morceau, je ne l’ai pas lâché. J’étais super impressionné et intimidé, mais en même temps, j’avais envie de le faire… J’étais dans le cas de figure d’une peur extrême et d’une envie extrême. Après, j’ai donné une maquette à Gaby, qui organise énormément d’évènements soul à Paris. Et il m’a programmé pour un évènement, les gens ont bien accroché. Et après, je me suis produit au Club Med World, devant près de 1000 personnes. J’y ai chanté un titre et à partir de là, j’ai eu la chance d’avoir quelques personnes qui me suivent régulièrement…

Propos recueillis par IdolesMag le 20 septembre 2011.

-> Facebook : http://fr-fr.facebook.com/larrypaulmusic









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