Interview de Lord Kossity
Propos recueillis par IdolesMag.com le 29/06/2011. © Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.
Lord Kossity revient avec un nouveau single, « Sexy Boom Boom » servi par un clip aux influences cinématographiques très appuyées. Il est annonciateur d'un nouvel album attendu dans les prochains mois. Nous avons donc été à la rencontre de Lord Kossity qui nous en dira un peu plus sur ce nouvel album, et qui nous expliquera combien il aime le cinéma.
IdolesMag : Qui a eu l'idée du scénario du clip de « Sexy Boom Boom »?
Lord Kossity : C'est moi! Je me suis inspiré de plusieurs films, parce que je suis vachement cinéphile. J'adore le cinéma, et donc, j'ai mes petits films cultes! Pour ce clip, je me suis inspiré de « Mad Max », « Water World », « Demolition Man », « Danny the Dog » et « The Priest ». Je voulais explorer tout cet univers un peu post-apocalyptique, que ce soit dans les décors ou les costumes. D'ailleurs la crête que j'ai sur la tête, ça vient de « Mad Max ». La fille qui tient le mec en chaînes, ça vient de « Danny the Dog ». Certains costumes sont tirés de « Mad Max » et « Water World ». Je me suis donc inspiré de plusieurs films, et je suis super content du résultat. En fait, je voulais un titre qui soit super différent de l'univers de club. Ça tranche avec la chanson qui est très orientée club et électro. Je voulais quelque chose de cinématographique.
« Sexy Boom Boom » est vachement électro, ça bouge bien comme on dit.
Ah oui bien sûr! C'est un genre de dancehall électro à la Lord Ko'! Comme je commence à tourner dans des films et que je suis très très cinéphile, j'essaye d'inclure dans mes projets cette ambiance très visuelle et très cinématographique. Avec des références.
Ce n'est pas la première fois que tu le fais.
Non. Effectivement. Pour le clip de « Sexy Wow », je m'étais inspiré d' « Une nuit en enfer », mais je ne suis pas arrivé à recréer tout le décor. Ça coûtait trop cher...
Ce sont des clips qui sont assez longs à mettre en oeuvre.
Le tournage du dernier clip, celui de « Sexy Boom Boom » a duré deux jours. Ça faisait longtemps que je n'avais pas tourné un clip comme celui-ci. Il y a un réel investissement financier et personnel. Pour moi, tu sais, la musique et l'image, c'est lié. Donc, je voulais que les gens se rappellent du clip. Je voulais un clip qui sorte du cliché boîte de nuit.
Qui dit single, dit album...
Oui! L'album est prévu pour la fin de l'année.
Tu es en train de travailler dessus, j'imagine.
Il est presque terminé pour tout te dire. Le prochain single sortira très certainement en septembre, après les vacances. Il y aura des consonances électro, jamaïcaines et hip hop américain. Ce sera du gros son.
Est-ce qu'il y aura des invités?
Oui, quelques-uns. Notamment des amis rappeurs américains. Je reviens d'une tournée avec Ice Cube aux États-Unis et l'année dernière, j'ai tourné avec Snoop, j'en connais quelques-uns! Je prépare un album vraiment abouti et vraiment travaillé au niveau des mélodies. Je suis vraiment fier du travail qu'on a fait ces temps-ci.
Comment travailles-tu? Es-tu un gros besogneux ou travailles-tu à l'instinct?
Je travaille vraiment à l'instinct. Quand je rentre en studio, je ne sais pas encore ce que je vais chanter. Ça vient tout seul quand j'écoute la musique. Je bosse avec plusieurs compositeurs, ils me font écouter plusieurs musiques, j'en choisis une qui m'inspire, ensuite le thème et le texte viennent assez rapidement. Je me surprends à chaque fois que je rentre en studio, parce que je ne sais pas du tout ce que je vais y faire. Donc, tout est vraiment travaillé à l'instinct.
C'est assez peu commun comme démarche!
Oui. C'est ma méthode de travail. Et à chaque fois, je suis agréablement surpris. Maintenant, je vais plus chercher l'efficacité dans les mélodies. J'ai envie que ce soit accessible pour tout le monde. J'essaye d'avoir des mélodies et des refrains qui se retiennent. Je fais attention aux thèmes que j'aborde aussi. Mais sur « Sexy Boom Boom », c'est un morceau de club, il n'y a pas vraiment de contenu! (rires) C'est un morceau tout en énergie. Il en faut des comme ça aussi!
Quels thèmes vas-tu aborder dans ce nouvel album?
Il y a une chanson sur les femmes qui élèvent leurs enfants toute seule, qui font face à la réalité de la vie toutes seules. Il y a un texte sur la solidarité, un autre sur l'ambition, la volonté, le courage. Après, il y a toujours des chansons un peu ego trip, ça c'est mon délire artistique. J'ai 39 ans aujourd'hui, et donc, je peux faire des chansons avec un certain recul, des chansons plus réfléchies.
On ne chante pas la même chose à 39 ans qu'à 20.
C'est tout à fait ça. C'est l'expérience de la vie qui rentre en jeu. Je n'ai plus envie de parler de la même chose qu'il y a quelques années.
Des scènes sont-elles prévues?
Il y aura une grosse scène parisienne en même temps que la sortie de l'album. Et une tournée est prévue aussi.
C'est important pour toi la scène?
C'est super important. Je pense que la scène et le studio, ce sont les deux endroits où l'artiste s'exprime.
Où te sens-tu le mieux? Sur scène ou en studio?
J'aime les deux en fait. J'aime bien toute la genèse des titres en studio quand on crée les chansons. Et puis, j'adore aussi l'échange avec le public, donc, là, ce sont les concerts.
Quel rapport entretiens-tu avec tes fans? Ton facebook est régulièrement alimenté, etc... Tu m'as l'air assez proche d'eux.
Oui. J'essaye de leur faire découvrir ce que je fais. Parce que je suis un artiste très éclectique et pas toujours très facile à suivre! Je fais du rap, du dancehall,... Je fais toujours plein de choses différentes. Donc, j'essaye de communiquer avec eux pour qu'ils sachent assez vite ce que je suis en train de faire. J'aime bien faire suivre les informations assez vite. J'essaye de communiquer le plus possible avec eux. Un artiste, quand il a la chance d'avoir des gens qui le suivent, se doit de garder le contact avec le public. Sinon, les gens... ils peuvent s'intéresser à quelqu'un d'autre! (éclats de rires)
Tu viens également de sortir un casque audio. J'imagine donc que tu aimes le bon son...
Ah oui, bien sur!
Quel regard jettes-tu sur le MP3 qui a un son compressé et assez pourri?
Je trouve ça vraiment dommage... Mais ce qui est encore plus dommage, c'est que c'est devenu complètement générationnel. Aujourd'hui, les gens ne recherchent plus la qualité optimale dans le son. On est dans une période très « jetable ». On consomme vite, on passe vite à autre chose. C'est pour ça que je sors autant d'albums! (rires) Non, je blague! C'est surtout parce que j'ai tout le temps de nouvelles idées.
Tu es actuellement à l'affiche du film de Maurice Barthélémy, « Low Cost », aux côtés de Judith Godrèche. Comment t'es-tu retrouvé sur le tournage?
J'ai été contacté par Maurice Barthélémy qui m'a proposé de venir jouer dans le film. On a fait des essais et ils étaient concluants.
Comment s'est passé le tournage?
J'ai été agréablement surpris du tournage. Je m'y suis éclaté. C'est une comédie, donc on a beaucoup rigolé. J'ai pu faire de très chouettes rencontres comme Judith Godrèche, Gérard Darmon, Jean-Paul Rouve et tous les autres acteurs du film. Ça a été une expérience très enrichissante pour moi. Et je vais te dire... J'aimerais beaucoup demander à Maurice Barthélémy de me réaliser un clip. C'est quelqu'un qui a toujours plein d'idées. J'ai gardé le contact avec lui...

Ce n'était pas ta première expérience au cinéma...
Non! J'avais déjà joué dans « Coursier », avec Michaël Youn et Jimmy Jean-Louis. Pareil, j'ai gardé le contact. J'aime bien garder le contact avec les gens avec lesquels je bosse.
Ça te plairait d'avoir une carrière parallèle dans le cinéma?
Oui! J'aimerais bien. Mais je ne sais pas de quoi demain sera fait. Ce qui est certain c'est qu'à chaque fois que j'aurai l'occasion et l'opportunité de jouer dans un film qui me plaît, je le ferai avec grand plaisir. Mais je n'ai pas la prétention de dire que je veux être acteur. C'est vraiment quelque chose qui m'intéresse, ça c'est certain. La réalisation aussi m'intéresse beaucoup. J'ai d'ailleurs co-réalisé le clip de « Sexy Boom Boom » et pas mal de mes clips auparavant.
Tu aimes bien maîtriser ce que tu fais, en fait.
Oui. Ça vient du fait que j'ai été souvent déçu de pas mal de collaborations avec des gens que je préfère ne pas citer. Je préfère faire le boulot moi-même. Au moins, je sais exactement ce que je veux obtenir. Si ça me plaît à moi, même si ça ne marche pas, je peux toujours l'assumer. J'ai beaucoup de mal à accepter quelque chose qui ne me plaît pas dès le départ.
On n'est jamais mieux servi que par soi-même...
Voilà! Mais c'est un boulot qui me passionne.
Qui étaient tes idoles quand tu étais ado?
J'aimais bien James Brown et Clint Eastwood. Après, il y a plein de gens que j'aime bien, comme de Niro.
On reste toujours avec ces deux côtés : cinéma et musique.
Ah oui. Je me suis toujours intéressé au cinéma, mais pour moi, la musique et le cinéma, c'est lié. Un bon film, c'est un film avec une bonne histoire, de bons acteurs et une bonne musique. C'est essentiel. J'écoute beaucoup de bandes originales de films. Ça me donne des idées. À l'époque, j'aimais bien celle du « Grand Bleu ». Et j'adore le travail d'Ennio Morricone, j'écoute ça avec mon portable.
La musique était-elle déjà essentielle pour toi quand tu étais enfant et ado?
Oui. Il y a toujours eu de la musique à la maison. J'ai grandi en écoutant tous les types de musique, en fait. De la funk, du jazz, du rock et même de la musique classique. Mon père écoutait vraiment de tout. Après, j'ai fait des choix compte tenu des affinités et des sensibilités musicales que j'avais. J'aimais bien les chanteurs qui avaient des voix particulières. Comme Joe Cocker, Bruce Springsteen, le groupe Scorpions, Barry White ou Ray Charles. J'ai toujours bien aimé les voix atypiques!
Dans quelles circonstances as-tu rencontré Joey Starr et Kool Shen?
J'ai rencontré Joey Starr parce que je faisais partie d'un collectif de rap et on m'a présenté Joey Starr. De là, on a fait « Ma Benz » et on a eu d'autres collaborations pour « B.O.S.S. » Le label de Joey Starr et pour « IV my People », le label de Kool Shen.

Dans un autre genre, tu as travaillé avec Clara Morgane pour son titre « j'aime ».
Oui. C'est elle qui est venue nous voir. Elle voulait faire un truc avec un rappeur. On lui a fait plaisir... Je lui ai produit le titre, mais ce n'est pas non plus le point culminant de ma carrière! (rires) Mais j'assume le fait de l'avoir fait. J'ai d'ailleurs subi les foudres de plein de gens du rap qui se sont demandés ce que j'avais été faire... Mais ce n'est pas ce que j'ai fait de plus intéressant dans ma carrière, je préfère qu'on parle d'autre chose. De NTM ou de Shaggy, par exemple.
Et donc, Shaggy, tu l'as rencontré comment?
En Jamaïque. On a enregistré quatre albums là-bas et à force de se croiser dans les studios, on a sympathisé. Il a vu que j'étais vraiment impliqué dans le développement de ma musique. Et donc, assez naturellement, on a fait plusieurs titres ensemble. Nous sommes toujours en contact d'ailleurs. Ça m'arrive de le voir à Miami et à New York.
Tu aimes partager des expériences avec plein d'artistes différents.
J'ai toujours voulu travailler avec des artistes qui pouvaient m'apporter quelque chose, des artistes qui avaient un talent ou une aura particulière. C'est une question de challenge aussi parce que ça m'oblige à me mettre au niveau. À partir du moment où j'ai bossé avec ces artistes-là, j'ai passé des caps.
Tu as une voix très rauque... La travailles-tu ou est-ce naturel?
Elle est naturelle, mais j'ai une technique de chant. Justement, quand les gens vont écouter le nouvel album, ils seront étonnés. Il y a certaines chansons où je prends un autre type de voix. J'aime bien faire des trucs très différents avec ma voix. Il y aura des titres avec des couplets sur lesquels j'aurai ma voix rauque, et une voix plus fine et plus claire sur les refrains. Les gens s'y perdent parfois un petit peu parce que souvent, ils ont l'impression qu'il y a deux ou trois chanteurs, mais il n'y en a qu'un, c'est moi! (éclats de rires). C'est un exercice qui me fait tripper!
Propos recueillis par IdolesMag le 29 juin 2011.
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