Interview de Georges Chelon

Propos recueillis par IdolesMag.com le 19/06/2011.
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Georges Chelon © Luc Dehon - IdolesMag

Nous avons été retrouver Georges Chelon, à Binche, en Belgique. Il y donnait un concert dans le cadre de la fête de la musique. L'occasion était belle pour lui poser quelques questions sur son nouvel album, « C'est passé vite ». A propos de cet album, Georges nous expliquera qu'il n'était absolument pas prévu et qu'il est arrivé « un peu comme ça »... Cet album est superbe! Nous évoquerons aussi ses concerts au Trocadéro de Liège le 11 novembre 2011 et à l'Olympia, le 19 février 2012, où il partagera l'affiche avec Charles Dumont.

IdolesMag : Vous avez chanté Baudelaire et sorti deux compilations ces dernières années. Qu'est-ce qui vous a donné l'envie de sortir ce disque, composé de titres originaux?

Georges Chelon : Il faut savoir que je ne pensais pas du tout refaire un disque au départ. Je pensais que je ne pouvais plus en faire, en fait. Et puis d'abord, je n'avais pas la matière! Au mois d'octobre dernier, j'étais en Belgique justement avec mon guitariste Joël pour donner différents concerts. Nous y avons passé trois semaines à l'hôtel, il ne faisait pas très beau, il « drachait » comme on dit en Belgique! (rires) Et puis, une chanson m'est venue. Ce devait être « Alors Pourquoi? » et puis une deuxième est arrivée, c'était « Flattez-moi ». Deux trois chansons me sont venues pendant le temps que j'étais là-bas. J'en avais déjà écrite une autre auparavant, « c'est passé vite ». « Tic Tac » aussi... Bref, je me suis retrouvé avec six/sept chansons. Et là, je me suis dit qu'on était pas très très loin d'un album. J'ai donc commencé à fouiller mes tiroirs et je suis tombé sur des chansons que j'avais écrites il y a longtemps mais qui n'étaient pas finies, comme « Au hasard d'une adresse », une vieille chanson que m'avait écrite Jacques Hustin. Je ne l'avais pas chantée parce qu'elle ne correspondait Georges Chelon, C'est passé vite © Bruno Valletpas trop bien à ce que je faisais à l'époque, en plus, elle n'avait pas de chute... Je l'ai donc retrouvée, et j'ai trouvé l'idée du hasard d'une adresse, je lui ai trouvé une chute, je l'ai adaptée et j'ai trouvé le résultat sympa. Après, j'ai retrouvé un autre texte que j'avais fait avec une copine, Elisabeth Vigna, il y a longtemps. Il doit bien y avoir 40 ans. Il y avait deux trois petits trucs sympa sur la Rue Saint-Martin. J'ai refait un refrain et paf... Je me suis retrouvé avec 9 chansons. Après, un vieux copain m'appelle, Jean Tabourin, il travaillait chez Matra à l'époque, et me dit qu'il avait écrit un texte. Je lui ai demandé de me l'envoyer. J'ai reçu un très très long texte, et je l'ai un peu retravaillé. J'aime bien ça, aller retravailler dans les textes, partir d'un truc un peu fouillis et remettre de l'ordre. Ça m'a donné une nouvelle chanson. Il y avait aussi deux textes de Baudelaire que j'avais déjà mis en musique. Donc, de fil en aiguille, je me suis retrouvé avec un album, dans le fond, alors que je n'y avais pas pensé...

Il y a aussi un poème de Renée Vivien, « Nocturne ».

Ah oui! Je l'avais chantée avec les « poésies érotiques ». J'ai toujours aimé ces trucs-là! Donc, c'était le moment de la placer sur un disque... Je me suis donc retrouvé avec un disque un petit peu disparate au départ, mais qui ne l'était pas du tout dans le fond parce qu'il avait un lien, c'était moi. Et puis, il y avait un lien d'amitié aussi. Tout s'est retrouvé dedans... Même la photo de Vallet qu'il avait faite il y a longtemps. Je ne voulais pas mettre en pochette ma tête de maintenant. Ça représentait aussi le temps qui passe.

La photo et le disque en lui-même sont très nostalgiques.

Effectivement... C'est le moins qu'on puisse dire! (rires)

Georges Chelon © Luc Dehon - IdolesMag

Et au niveau de l'enregistrement, ça s'est passé comment?

Nous l'avons enregistré au studio de Didier Lockwood qui venait de se séparer de sa femme. Le studio, au lieu d'être géré par Caroline, n'était plus géré du tout puisqu'ils étaient séparés. Donc, Didier m'a dit de venir enregistrer et j'en ai profité. Nous y sommes allés avec Joël [Roulleau] et quatre gars, mon bassiste habituel [Alain Charriras], un super pianiste [Jacky Delange] et quelques autres. C'était vraiment super techniquement. Puisqu'au lieu de faire des empilages d'enregistrements, tout le monde a pu vraiment venir jouer son morceau. Ça a donné une qualité technique exceptionnelle. Tout s'est vraiment joué parfaitement. Quand il y avait un souci, on trouvait tout de suite la solution. Au final, ça a donné un disque auquel je ne m'attendais pas et qui me plaît beaucoup!

Rien n'était prévu, mais tout arrivait au bon moment, en somme.

Exactement. C'est la même chose pour « Pilou Turtle » [Pierre-Louis Cas qui a réalisé l'album]. Il n'avait que le mois de février de libre, et nous en avons profité. Et tout s'est fait très vite. Je dis que ce disque, il est miraculeux! (rires) Tout a commencé en Belgique, en fait. Et parfois, il suffit d'une ou deux chansons pour faire le lien avec les autres. Une chanson comme « C'est passé vite » fait d'ailleurs très bien le lien.

Il y a également un petit clin d'oeil à Patrick Topaloff sur le disque, la chanson « ça c'est fait »...

Effectivement. Sur la tournée « Âge Tendre », chaque fois que Topaloff sortait de scène, il disait « ça c'est fait! ». Donc, j'ai voulu écrire une chanson là-dessus. Et quand j'ai commencé à faire une petite récap' de ma carrière pour un discours lorsqu'on m'avait remis la médaille du mérite, j'ai eu l'idée de cette chanson. Je n'avais pas encore fait le texte, mais j'ai demandé à toute l'équipe de musiciens qui m'accompagnaient de jouer un petit couplet refrain. Ils l'ont fait, et après coup, j'ai écrit le texte. Et avec Pilou, on a rajouté quelques petites choses avec l'ordinateur.

Pourquoi avoir donné ce nom à l'album, « C'est passé vite »?

Parce qu'il résume bien l'album... J'en suis là. Les enfants sont grands maintenant, on a une grande maison et les pièces sont vides. On veut l'agrandir et puis on se rend compte que tout le monde s'en va. Et c'est vrai que « c'est passé vite ». Tant qu'on n'a pas d'enfant, le temps passe moins vite. Le fait d'avoir des enfants, ça accélère tout. Parce qu'on revit tout à travers eux, notre enfance, l'école, le lycée, le collège, le brevet, le bac, etc... Tout ça, ça s'enchaîne. C'est comme à la radio, « Tiens, c'est la rentrée des classes », puis « Tiens, c'est Noël »... On se base là-dessus. Entre les fêtes et les années scolaires, tout est rythmé. Alors que quand on n'a pas d'enfant, ce n'est pas rythmé, ou du moins pas de la même manière. Dès qu'il y a un rythme imposé, ça avance vite. On se regarde dans la glace et puis, on n'a plus la même tête... « C'est passé vite »...

Georges Chelon © Luc Dehon - IdolesMag

Pourquoi le dernier couplet de « Flattez-moi » est-il écrit « manuscrit » dans le livret du CD?

Parce que je n'ai pas voulu le chanter sur le disque. Mais je me suis dit que si je chantais cette chanson sur scène, en fin de compte, je le rajouterais. Parce que ce couplet donne une vraie fin à la chanson. Mais c'est scénique. Cette fin rattrape tout. Cette chanson est ambiguë en fait. Les gens n'en comprennent pas toujours le sens, ce dernier couplet donne la clé. Il y a un autre couplet que j'ai enlevé aussi, parce qu'il ne faut pas que les chansons soient trop longues sur un disque. Par contre, ce qui est marrant, c'est que je n'ai pas voulu chanter ce couplet lors de l'enregistrement, et ce n'est pas moi qui ai voulu le mettre sur le livret. C'est la maquettiste! Je lui ai filé les textes et sans le faire exprès, j'ai laissé ce couplet. Donc, quand elle a tout retranscrit et qu'elle a vu que je ne le chantais pas sur le disque, elle l'a mis en italique, comme s'il avait été manuscrit à la fin de la chanson.

Ça interpelle tout de suite, parce qu'on se dit « il ne le chante pas, mais il le met dans son livret... Pourquoi? »! (rires) Ce sont quatre petites lignes qui prennent une importance très particulière!

C'est vrai. C'est marrant parce que ce n'était pas prévu du tout. C'est vraiment la maquettiste qui, de son propre chef, les as insérées dans le livret.

J'aimerais que nous parlions un peu de scène, maintenant. Vous allez jouer au Trocadéro de Liège le 11 novembre (2011) prochain. Vous y avez déjà joué il y a quelques années. Que vous inspire le public Liégeois?

Oh! Vous savez, le public belge, en général, est formidable! [Georges sort de scène après un concert à Binche, en Belgique]

Quel va être votre tour de chant?

Chelon chante Chelon. Je mettrai peut-être l'un ou l'autre Baudelaire, histoire de dire... À vrai dire, aujourd'hui, on a un peu fait la grande répétition de Liège. D'ailleurs, tout ceux qui étaient là aujourd'hui seront très certainement à Liège aussi! Par contre, ce que je vais changer, c'est que aujourd'hui, j'ai chanté trop de chansons sur la mort à la fin. Il faut que je fasse un choix! Je pense que je vais laisser tomber « La métamorphose » et chanter « Flattez-moi » à la place.

J'ai été très surpris de la participation du public sur « ça c'est fait », qui reprenait la chanson en choeur, alors que c'est une toute nouvelle chanson.

J'ai été étonné aussi, je vous avoue! (rires)

Georges Chelon © Luc Dehon - IdolesMag

Et puis, vous serez également sur la scène de l'Olympia le 19 février prochain aux côtés de Charles Dumont. Comment cela va-t-il se passer?

Bien, j'espère! (rires) Je ne devais pas le faire, en fait. Mais le producteur m'a appelé un jour en me disant qu'il avait réservé l'Olympia pour Charles Dumont, mais que si nous étions tous les deux, ce serait bien... J'ai donc accepté de venir chanter avec lui. Nous ferons chacun une heure.

Vous allez donc commencer le spectacle.

Ah oui! Parce que « respect »! Je suis le plus jeune.

D'autres spectacles sont prévus?

Pas de tournée, ça c'est terminé. Mais quelques dates viendront très certainement se greffer à ces deux dates prévues.

Propos recueillis par IdolesMag le 19 juin 2011.

 

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