Interview de Cyril Montreau, The Love Beatles

Propos recueillis par IdolesMag.com le 11/01/2011.
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Cyril Montreau, The Love Beatles © DR

Les Beatles ont été, sont et seront encore longtemps de véritables idoles. Le « phénomène » Beatles est de plus en plus présent dans le monde entier. De nombreux groupes les jouent aujourd'hui, avec plus ou moins de talent. Les « Love Beatles » font partie de ceux qui les reprennent avec beaucoup d'intelligence. Nous avons donc rencontré pour vous le leader des « Love Beatles », Cyril Montreau, qui joue le rôle de John Lennon. Au cours de cette interview, Cyril nous racontera comment ce tribute est né, et comment ils rendent hommage à leur manière aux Beatles. Chacun dans le groupe joue un rôle bien défini. Il nous racontera aussi ses projets persos de musicien. Il accompagne, entre autres, Benoît Dorémus...

IdolesMag : Vous êtes assez jeune... Quand avez-vous découvert les Beatles?

Cyril Montreau : Je les ai découverts grâce à mes parents. Mon père les écoutait beaucoup. Mais pas que ça... il y avait aussi Otis Redding et de la soul. On écoutait aussi de la chanson française comme Aznavour et Piaf. Mais j'avoue qu'enfant, c'est sur les Beatles que j'ai vraiment accroché et ça m'a suivi pendant toute mon adolescence. Ce sont eux qui m'ont donné envie de faire de la musique.

Vous souvenez-vous de la première chanson des Beatles que vous avez entendue?

Non, la première chanson, je ne m'en souviens pas. Mais je me souviens que je savais à peine parler que je chantais déjà sur « Lucy in the Sky with Diamonds », qui se trouve sur l'album « Sergent Pepper ». C'est mon premier souvenir précis, en fait. Mais la première chanson, non, je ne m'en souviens pas.

Vous souvenez-vous précisément du 8 décembre 1980? [Date de la mort de John Lennon]

Oui, tout à fait. J'étais très jeune et je me préparais pour l'école. Je pense que je devais être dans la salle de bains quand j'ai entendu la nouvelle. Ça a été un peu un déclencheur pour moi, parce que d'un coup, je me suis intéressé de plus près à John Lennon et ça a été le début de la passion que j'ai vouée aux Beatles.

The Love Beatles © Robin Santus

C'est John Lennon qui vous intéressait le plus.

Oui. Disons que la musique des Beatles a bercé mon enfance, mais au niveau du personnage, oui, c'est John Lennon qui m'a le plus intéressé. C'est probablement son décès qui a été l'élément déclencheur, parce qu'on en avait beaucoup parlé dans les médias. Je me souviens très bien que j'achetais des revues pour en savoir plus sur lui. J'ai certainement écouté leur musique différemment après.

Mis à part les Beatles, aviez-vous d'autres idoles?

Des idoles, non. Mais il y a d'autres artistes qui m'ont influencé. Ma mère écoutait beaucoup de soul, mais elle écoutait aussi Claude François. Comme Claude François reprenait des chansons qui venaient des États-Unis ou d'Angleterre, j'ai découvert pas mal de titres anglo-saxons via Claude François. C'était très bien enregistré ce qu'il faisait... Je ne renie pas du tout! (rires)

Quel est votre parcours avant l'aventure des « Love Beatles »?

J'ai voulu devenir musicien professionnel quand j'ai eu une vingtaine d'années. J'avoue que j'ai toujours joué les Beatles pour le plaisir, mais je n'ai jamais eu franchement l'idée de reprendre leurs titres professionnellement. J'ai eu cette idée lors d'un voyage à Liverpool. Il y a chaque année un festival au mois de septembre pour rendre hommage aux Beatles. Et des groupes du monde entier viennent jouer des chansons des Beatles. J'étais là au bon moment. J'ai vu ce phénomène qui n'existait pas en France. Ça a été mon premier contact avec cette idée qu'on pouvait jouer la musique des Beatles aussi fidèlement que possible, avec les costumes, etc... Après, ça a fait un peu son chemin dans ma tête. Et puis, il y a eu un petit concours de circonstances. Une amie organisait une soirée en hommage à George Harrison, juste après son décès. J'ai joué deux ou trois morceaux de Georges Harrison et un producteur était présent. Il m'a proposé de rentrer dans le groupe qu'il était en train de monter. Tout est parti de là... Je suis parti sur le rôle de John Lennon, on a changé d'équipe et de production et il a fallu quelques temps encore pour monter une vraie équipe de passionnés.

Cyril Montreau, The Love Beatles © DR

Donc, vous ne vous connaissiez pas avant la formation du groupe?

Non. À part le batteur que je connais depuis une dizaine d'années. Mais en fait, lui n'était pas un vrai passionné des Beatles comme moi. Nous cherchions un batteur dans l'esprit de Ringo Starr. Il faut savoir que Ringo était un batteur très particulier. Beaucoup l'ont critiqué en disant qu'il ne savait pas jouer. Mais finalement, beaucoup se sont cassés les dents en essayant d'imiter son jeu. Donc, comme on avait du mal à trouver un batteur dans l'esprit de Ringo, j'ai demandé à mon ami Denis d'essayer de se joindre à nous et ça l'a fait. Il a donc découvert le répertoire des Beatles d'un seul coup! Pour ce qui est des autres membres, nous avons été présentés par l'intermédiaire d'amis communs. Ça fait maintenant 4 ans que nous sommes ensemble, et ça marche super bien, humainement et musicalement. Il y a Nick qui joue le rôle de Paul McCartney, Julien, celui de George Harrison et Denis, celui de Ringo Star. Nous sommes parfois rejoints par Julien ou François, en « cinquième Beatles »!

Comment avez-vous choisi le nom du groupe? Peut-on utiliser librement le nom des Beatles?

En principe, si on ne met pas « The Beatles », mais qu'on met « Beatles quelque chose », on a le droit. Je pense que les avocats des Beatles ont autre chose à faire que de venir ennuyer les groupes qui leur rendent hommage et qui leur font vendre pas mal de disques! (rires) Parce que malgré tout, en concert, on se rend compte que parfois les gens viennent nous voir par hasard et quand ils viennent discuter avec nous après le spectacle, ils nous avouent qu'ils ne connaissaient pas trop le répertoire des Beatles et qu'ils vont aller acheter des disques... C'est plutôt une bonne promo pour eux! Nous sommes de bons ambassadeurs.

Quel est votre public?

Ce qui est génial, c'est qu'on se retrouve avec des enfants de 6/7 ans, des ados, les parents des enfants et les grands-parents, qui eux ont connu les Beatles dans les années 60. Il y a vraiment toutes les tranches d'âge, et c'est ça qui est vraiment super. La musique des Beatles touche toutes les générations. C'est une musique assez intemporelle.

Vous jouez avec des instruments d'époque, je pense...

Tout n'est pas d'époque, parce qu'on ne peut pas tout trouver. Notamment la Rickenbacker 12 cordes de Georges Harrison et la petite Rickenbacker noire de Lennon. Ce sont des modèles qui ont été créés pour les Beatles. Il a dû y en avoir deux ou trois modèles de chaque, il est donc impossible aujourd'hui d'en retrouver. Mais nous trouvons des rééditions. Rickenbacker a refait les modèles à l'identique. Par contre, nous avons quelques belles pièces de collection. Notamment, certaines guitares et des amplis d'époque. Je suis d'ailleurs allé les chercher à Londres. Ce sont des amplis de 1962/63. On essaye d'être un maximum dans l'authenticité. Les instruments correspondent aux instruments utilisés par les Beatles.

Comment construisez-vous votre spectacle? Vous basez-vous sur des spectacles ayant existés ou bien les mettez-vous un peu à votre sauce?

Un peu des deux, en fait... J'ai beaucoup regardé les concerts des Beatles pour voir comment c'était joué, pour voir leur attitude aussi. Mais il faut savoir que les Beatles ont existé de 1963 à 1970. Ils ont joué avant, bien évidemment, mais ils n'avaient pas encore de renommée mondiale. Donc, ils ont joué en concert jusqu'en 1966, ce qui ne représente que 3 ans. Ce n'est pas beaucoup... Ils ont arrêté très tôt. Et les concerts à l'époque étaient très courts. 20 minutes, une demi-heure au grand maximum. Ils faisaient deux shows par jour. Un l'après-midi et un autre le soir. C'était donc très difficile de s'inspirer de leurs spectacles... vu que le nôtre fait entre 1h30 et 2 heures. Nous jouons aussi la seconde partie de la carrière des Beatles, de « Revolver » à « Abbey Road », ce qu'ils n'ont jamais fait. Ce sont des titres qui n'ont jamais été joués sur scène. Donc, oui, nous nous inspirons de leurs spectacles pour l'attitude, mais pour la setlist, nous faisons des choix différents.

Comment est structuré votre spectacle?

Il est formé de deux parties. Une première partie 1963/1966, avec costume noir, chemise blanche et cravate. Ensuite, on passe aux costumes « Sergent Pepper » pour ¼ d'heure/ 20 minutes et enfin, on termine par ce qu'on appelle nous la période apple, avec l'album blanc, « Let it Be » et « Abbey Road ».

Continuez-vous à répéter de nouvelles chansons?

Oui. On essaye parce qu'on a besoin aussi de sortir de la routine. Mais le problème c'est qu'il y a tellement de bonnes chansons qu'on se retrouve avec un répertoire trop long. On est obligé de faire des choix. Et là, ça devient délicat. Parce que le grand public attend les chansons les plus connues. Nous, nous aimerions égoïstement sortir un peu des sentiers battus, en proposant des titres un peu moins grand public. Malheureusement, si on ne joue pas « Hey Jude » ou « Yesterday », les gens seront déçus. Donc, nous sommes tout de même assez limités dans nos choix. Les Beatles ont un répertoire de 200 titres, mais nous sommes obligés de jouer leurs grands succès.

The Love Beatles © DR

Vous faites un véritable travail d'imitateur, quelque part...

Quand on a commencé, on ne voulait pas tomber dans la parodie. C'est assez difficile de trouver le juste milieu, en fait. On a voulu dans un premier temps rendre hommage aux Beatles par la musique. Puis nous nous sommes vite aperçus que c'était un peu comme si on jouait une pièce de théâtre classique sans les costumes d'époque, mais en jean. On perdait quelque chose. Nous nous sommes rendus compte aussi que les gens s'immergeaient plus dans la musique quand nous avions les costumes. On donnait l'illusion qu'ils pouvaient voir les Beatles sur scène. On a donc mis les costumes... Puis une fois qu'on a mis les costumes, il y a les attitudes physiques qu'on retrouve sur scène. Donc, on se retrouve très vite pris au jeu. Il faut trouver la juste frontière pour ne pas être ridicule non plus. Ce n'est pas toujours facile car, comme je l'ai dit, on peut vite tomber dans une parodie de mauvais goût.

Ce n'est pas trop difficile, en tant qu'artiste, de vivre sur scène à travers un autre artiste?

Pas du tout... Parce que on ne fait pas que ça. On a tous des projets personnels différents qui nous permettent de nous exprimer en tant qu'artiste ou en tout cas, de nous exprimer peut-être plus. Pour ma part, je me sens tout à fait épanoui dans les Love Beatles. Il n'y a aucune frustration à ce niveau-là chez nous. Je sais qu'il y a certains groupes qui jouent plus au sosie et là, effectivement, on peut se demander s'il n'y a pas un problème de dédoublement de personnalité à un certain moment parce que certains vivent et respirent Lennon ou McCartney. J'en ai rencontré, je sais de quoi je parle! (rires) À un moment donné, il y a quelque chose qui bascule et qui n'est pas sain. Mais nous, nous le prenons comme un rôle, comme un acteur, à part que nous sommes musiciens en même temps. Même si nous ne sommes pas de bons acteurs, nous nous efforçons d'être de bons musiciens. Donc, il n'y a pas de soucis dans le groupe. Chacun est bien conscient qu'il joue un rôle. Chacun a sa personnalité et il n'y a aucune frustration de ne pas jouer notre propre musique...

Vous allez jouer sur la scène de l'Alhambra le 6 mars prochain... Est-ce qu'il y a une angoisse particulière?

Pour être franc avec vous, c'est une salle que je ne connais pas. Je n'ai pas encore eu le plaisir d'y jouer. Je sais que c'est une très jolie salle. Un petit Olympia en somme. C'est super pour nous de jouer dans ce genre de salle. On a déjà joué dans de très belles salles, mais c'est vrai que l'Alhambra... ça fait quelque chose!

Vous avez la pression?

On l'a à chaque concert en fait. Mais elle s'évacue assez vite parce que le plaisir prend très vite le dessus. Les gens doivent le sentir parce qu'ils nous renvoient de bonnes ondes! Mais évidemment, pour un rendez-vous comme l'Alhambra, la pression est un peu plus forte...

The Love Beatles © DR

Comment expliquez-vous l'engouement pour les Beatles qui ne diminue jamais?

Je pense tout simplement que les Beatles ont inventé la pop. Avant eux, dans les années 50, il y avait le rock'n'roll et la soul américaine. Et je pense que les Beatles ont fait la bonne synthèse de ces deux courants. Ils ont mélangé l'énergie du rock avec les harmonies vocales de la musique soul. Ça a donné un style qui n'existait pas avant. Et puis eux-même ont beaucoup évolué dans leur carrière. En un peu moins de 7 ans, ils ont réussi à rendre chaque album très différent des autres. Chacun reflétait parfaitement son époque. Il y a eu beaucoup de changement et beaucoup d'audace dans les années 60. Tout était à inventer. Et ils ont été les ambassadeurs des années 60. Depuis, j'ai l'impression que ça recycle beaucoup et qu'on a du mal à inventer quelque chose. À part peut-être dans les musiques électroniques où il se passe vraiment quelque chose. Mais je n'ai pas l'impression que le grand public s'y retrouve. Les gens ont besoin de mélodie et de sensibilité dans les chansons et pas seulement d'un beat... Il y a les musiques à danser et la musique à écouter. Et je pense que les Beatles font partie de la musique à écouter. Ils resteront « Les » artistes du 20ème siècle comme peut-être Mozart ou Beethoven sont restés les artistes de leur siècle. Les Beatles ont marqué leur époque. Je me trompe peut-être mais je pense qu'ils resteront la référence musicale du 20ème siècle...

Quel est leur album le plus emblématique pour vous?

C'est très difficile de répondre à votre question parce que chaque période est intéressante. Chaque album a son charme. Pendant longtemps, j'ai été « seconde période » et puis, j'ai redécouvert leur "première période". J'ai redécouvert sa fraîcheur... Il y a une énergie très différente. On sent que c'est un groupe soudé qui n'a pas encore une pression énorme sur leurs épaules. J'aime donc les premiers albums pour ça... Après, bien entendu, il y a, artistiquement, des albums beaucoup plus aboutis. Avec « Rubber Soul », il y a vraiment un changement de son. C'est un album que j'aime beaucoup. Mais je dirais que « Sergent Pepper » et « Abbey Road » sont pour moi les deux meilleurs albums des Beatles.

Beaucoup de gens collectionnent tout ce qui a rapport aux Beatles. Faites-vous partie de ceux-ci?

Non. Il n'y a aucun poster des Beatles chez moi. J'ai évidemment de nombreux livres parce que je m'intéresse à eux. Là, d'ailleurs, je viens de recevoir un excellent livre, « Recording The Beatles » qui traite de toutes les techniques d'enregistrement qui étaient utilisées à Abbey Road. Ce n'est pas vraiment un livre sur les Beatles, mais plutôt un livre sur le studio. En fait, ce qui m'intéresse, c'est la musique essentiellement. Je respecte tout à fait le côté collectionneur, j'en connais d'ailleurs quelques-uns, mais je n'en fais pas partie. D'ailleurs, ce côté collection était inévitable. Ce sont Les Beatles tout de même qui ont inventé le merchandising avec les petites figurines d'époque... Mais je ne suis pas du tout là dedans, c'est vraiment leur musique qui m'intéresse avant tout.

Un DVD est-il prévu?

On en parle. Parce que souvent les gens viennent nous trouver à la fin des concerts en nous demandant si on a un CD ou un souvenir quelconque. Je leur conseille évidemment d'acheter les albums des vrais! (rires) L'idée de notre tribute c'est d'essayer de montrer aux gens ce que pouvait être un concert des Beatles. En toute modestie, bien entendu. On essaye d'être authentique dans le son. On ne veut pas un son moderne. Parfois, on joue dans de petits théâtres avec le son direct qui sort des amplis, et là, c'est vraiment génial car on retrouve vraiment le son des Beatles sur scène. Mais je peux comprendre que les gens veuillent repartir avec un souvenir de la soirée qu'il ont passée. Donc, pourquoi pas un DVD?!... On y réfléchit!

The Love Beatles © DR

Vous m'avez un peu évoqué vos projets persos tout à l'heure. Quels sont-ils?

J'ai sorti un album en 2006 avec un groupe qui s'appelait « Blanc ». J'étais le guitariste de ce groupe. On faisait de la pop. Je parle au passé parce que malheureusement le groupe n'existe plus. Ensuite, j'ai accompagné Benoît Dorémus, et j'ai enregistré un album avec lui. Je l'accompagne toujours sur scène. Et là, j'ai aussi un autre projet en ce moment, qui s'appelle « She's a Boy » et qui est en anglais, cette fois. C'est très rock...

Aujourd'hui vous écoutez quoi?

J'essaye de me tenir un minimum au courant de ce qui se fait actuellement! J'écoute beaucoup RadioHead. J'ai redécouvert la chanson française par l'intermédiaire de Benoît Dorémus. Je me suis donc ouvert à toute cette nouvelle scène française. C'est un univers que je ne connaissais pas trop en fait. Pendant longtemps quand j'étais ado, il n'y a Téléphone qui m'a sorti des Beatles. J'ai tendance à trouver tout un peu moins bien que les Beatles, en fait...

Il faut dire que la barre est haute!

Très haute même!

Propos recueillis par IdolesMag le 11 janvier 2011.
Propos revus et corrigés par Cyril Montreau le 2 février 2011.

-> Site officiel des Love Beatles : http://www.thelovebeatles.com/

 

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