Interview de Jann Halexander

Propos recueillis par IdolesMag le 28/06/2010.
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Jann Halexander © photo Mardelle

Rencontre avec un artiste atypique, Jann Halexander. Au cours de cette interview, Jann nous expliquera sa démarche artistique et son parcours, parfois semé d'embûches, mais toujours riche en émotions. Nous vous invitons à rentrer dans l'univers de Jann, un univers à part. Son nouvel album, "Obama" devrait vous plaire autant qu'il nous a plu...

IdolesMag : Tu es né à Libreville, que te reste-t-il de ton enfance au Gabon ?

Jann Halexander et son papa © photo DRJann Halexander : Je suis né à Libreville, au Gabon, certes mais la petite enfance, je l’ai vécue à Ottawa, au Canada. Je me souviens de la neige, de la luge et du grand centre commercial Rideau. Je suis retourné au Gabon à l’âge de 6 ans où j’ai vécu jusqu’à 17 ans. Je me souviens de la violence des orages assez soudains. Du coût très élevé de la vie. La nuit tombe très tôt, il fait nuit noire dès 19h. Je me souviens d’une société très inégalitaire et très américanisée.

Tu joues du piano, joues-tu d'un autre instrument ?

Hélas non, je dis hélas car jouer de la flûte ou de la harpe, j’aurais bien aimé mais sans doute m’y mettrais-je un jour. Je fais tellement de choses que ce ne serait sans doute pas étonnant…

Quelles étaient tes idoles quand tu étais adolescent ? Etais-tu du style à mettre des posters sur les murs de ta chambre ?

J’adorais William Sheller. J’écoutais les bandes originales des films de Walt Disney. Je prenais plaisir à entendre ma mère jouer Ravel au piano, et moi-même je jouais des œuvres de Francis Poulenc, dont la fameuse Lettre à Edith Piaf. Je collectionnais, plus par amour pour l’objet que pour la totale adhésion à son œuvre, des photographies de Mylene Farmer mais c’était sur un coin d’étagère. Pas de posters sur les murs. A l’heure actuelle, j’ai un immense poster d’Anne Sylvestre datant de 1981 que j’ai acheté en brocante mais je n’ai nulle part où le mettre…

Quelles sont tes influences musicales ?

En premier lieu, la musique moderne. Francis Poulenc. Les oreilles averties ne s’y trompent pas…C’est presque une manie chez moi, ces clins d’œil musicaux à Poulenc. Et puis Ravel, Debussy, Satie, la musique contemporaine. Et puis je suis aussi influencé par les musiques de l’âge d’or de la chanson à texte des années 60.

Depuis quand as-tu eu envie de faire de la chanson ton métier ?

J’ai fait un bac+4 en géographie. J’ai achevé ma maîtrise en Afrique du Sud, au Cap. Je suis revenu sur Angers, j’ai eu ma maîtrise. Puis j’ai passé le permis sans aucune motivation. Puis je me suis présenté à une société de pompes funèbres, je voulais travailler dans ce domaine. La dame à l’accueil, tout à fait charmante m’a dit que ça tombait bien, ils cherchaient quelqu’un mais qu’il fallait d’abord que je valide le permis. Du coup, j’avais une motivation. J’en ai parlé à ma grand-mère qui payait mon permis, j’étais tout content. Sa réaction fut brutale : si tu travailles là-bas, ne remets plus les pieds à la maison, je ne le supporterais pas. Et c’est elle qui m’avait fait découvrir la série TV Six Feet Under. Ma motivation est tombée, j’ai raté le permis 2 fois et je suis passé à autre chose… par piston, on peut dire, j’ai décroché un poste d’assistant d’éducation à temps partiel dans un des plus gros lycées des Pays de la Loire. Et à côté, je me suis investi dans la Chanson, c’est venu naturellement en fait. Je me suis aperçu que j’avais des choses à dire, beaucoup de choses à dire, qu’elles ne pouvaient pas rester dans un tiroir, j’avais la vingtaine mais j’avais déjà un trop-plein de vécu et c’était… intenable. Il fallait écrire. Partager. Et le partage passait par la chanson…puis plus tard par la scène. Et depuis plus de 2 ans, je ne fais que ça…chanter, écrire, sortir des disques, faire de la scène, sortir des films...pour le meilleur et pour le pire, c’est un métier difficile mais qui apporte aussi beaucoup de bonheur, il faut quand même le reconnaître. Certaines personnes rêveraient d’être à ma place. Maintenant s’il faut bosser à côté, et bien oui je le ferais sans hésiter (mais attention, je suis minoritaire à penser ainsi, j’en ai conscience…) 

Peux-tu nous raconter ton parcours ?

J’ai d’abord enregistré 4 ou 5 chansons dans un studio près d’Angers. C’était avec un clavier et j’étais accompagné par un de mes cousins à la batterie. Il y avait parmi les chansons Alien Mother, Pont Verdun. C’était… bizarre mais le résultat me plaisait. Ça m’a coûté très cher. De toute façon, il ne faut pas se leurrer, le système D a ses limites. Mais bon, c’est loin, je ne le regrette pas. J’ai enregistré ces chansons en octobre 2003. Il y a eu une diffusion radio dans une émission en décembre de la même année, Radio G. Mais c’était ma quatrième année d’université et il fallait finir mon mémoire. Je suis allé en Afrique du Sud plus d’un mois. Une expérience marquante. Mon mémoire avait pour sujet l’impact de l’Apartheid sur l’urbanisme. Mais en fait, je n’ai pas passé mon temps à bosser chaque jour sur le mémoire, j’ai découvert un pays…très étrange. Très beau, très torturé, différent évidemment du Gabon. Et il est arrivé des après-midi ou des soirs où je me baladais simplement et où finalement mon imagination fonctionnait. Et j’ai écrit de nouvelles chansons, dont Brasillach 1945, où j’abordais la compromission d’un écrivain qui avait vraiment existé avec le pouvoir nazi pendant la seconde guerre mondiale. Cette chanson n’a pas toujours été comprise, sans doute était-ce une provocation de ma part, mais les gens qui prenaient le temps d’écouter la chanson reconnaissaient qu’à aucun moment je ne prenais parti pour l’écrivain, au contraire je le critiquais. C’était une critique de la compromission d’un artiste avec le Pouvoir. Et puis il fallait aussi que je fasse une chanson sur la Guerre. Cette guerre qui avait laissé des traces dans ma famille maternelle. Ma grand-mère me parle encore de cette guerre. Alors j’ai parlé de ça avec mes mots, ma sensibilité. Cette chanson m’a fermé des portes, je n’en doute pas une seconde, et tant pis, je n’en veux pas aux ignorants. Elle m’a ouvert d’autres portes et c’est incontestable qu’elle m’a fait connaître. J’ai sorti un disque, Halexander Song qui contenait Brasillach 1945 et des enregistrements de 2003. C’était en mars 2005. Puis fin 2005, j’ai sorti un maxi, « L’Amant de Maman ». Les articles de presse se sont enchaînés. Quelques diffusions radio. Des articles internet. Puis après ça a été « A Table », « J’aimerais J’aimerais », « le Mulâtre », « Déclaration d’amour à un Vampire »… en parallèle, grâce à ma rencontre avec Rémi Lange, le réalisateur et boss de la société Les Films de l’Ange, j’ai réalisé des petits films indépendants, expérimentaux où je dévoilais mon univers. Ces films marchaient relativement bien. Et puis à côté, j’ai enchaîné des concerts, des représentations théâtrales avec mon monologue « Confessions d’un Vampire sud-africain ». Voilà, touche-à-tout mais un parcours assez brouillon…enfin c’est la Vie en général, tout est mélangé…

Jann Halexander est ton pseudonyme, comment l'as-tu choisi ?

L’idée m’est venue quand j’étais au Cap en Afrique du Sud. Là-bas il y a une artiste qui s’appelle Jane Alexander, une afrikaner qui est connue pour des sculptures très étranges, torturées qui représentent le mélange racial, le métissage. C’est très étonnant. Je trouvais qu’en plus de ses œuvres sublimes, elle avait un nom sublime, la sonorité m’attirait. Je cherchais un pseudonyme. Tu sais, je n’ai pas à avoir honte de mon nom civil mais on ne le choisit pas, il nous est imposé à la naissance. Prendre un pseudonyme, c’était renaître, reprendre mon destin en main. Mais il fallait quelque chose en adéquation avec ce que je suis, ce que je ressens. Alors sur un bout de papier, j’ai écrit plusieurs pseudonymes homonymes de Jane Alexander, et j’ai choisi Jann Halexander. Pour l’anecdote, l’an dernier, son assistant m’a écrit pour savoir si c’était vrai ce qu’on racontait mon sujet, si c’était vrai que j’avais pris ce nom en hommage à l’artiste. J’étais très étonné qu’elle me connaisse. J’ai répondu que c’était vrai. J’étais très étonné surtout que depuis longtemps je voulais la prévenir mais je n’avais pas son adresse, ni mail, ni domicile, ni téléphone, rien. Et l’assistant a transmis mon mail à Jane Alexander qui m’a écrit ensuite pour dire qu’elle était honorée par ma démarche et qu’elle aimait beaucoup mes chansons. J’ai été très touché.

Jann Halexander et sa maman © photo DREn 2003, à 22 ans, tu écris ton premier titre "Alien Mother", peux-tu nous raconter l'histoire et la naissance de cette chanson ?

2003, ça remonte. Je préparais un voyage en Afrique du Sud pour les études et je lisais des bouquins sur ce pays torturé. Fascinant mais torturé. Ces ouvrages consacraient des passages à l’interdiction des couples mixtes, le calvaire des femmes blanches qui avaient des enfants métis. Je me dis que mes parents ont échappé à quelque chose même si ni le Gabon ni la France à la fin des années 70 n'étaient propices aux couples mixtes. Je veux dire que même si les lois n’empêchent pas les gens de communautés différentes de se marier, des millions de gens ne l’acceptent pas. C’est triste, mais il faut le savoir. Dans la chanson, on parle peu du métissage. Je veux dire on l’aborde sous un angle assez niais, général. J’ai voulu aborder le métissage sous l’angle de l’intimité. Je suis le métis et j’observe ma mère, blanche. Je viens d’elle. Et à travers elle, je suis l’héritier de toute une histoire. Elle fait de moi un Noir au sang blanc ou un Blanc au sang noir. Elle fait de moi surtout un homme. Et comme tout homme qui aime sa mère, il a peur de la perdre. Voilà. C’est mystique, c’est franchement pas vendeur. Il y a eu une diffusion radio sur Angers en décembre 2003. Puis plus tard j’ai intégré cette chanson dans mon premier disque. Je ne sais pas quand je la rechanterais sur scène.

"Obama" est déjà ton dixième disque en seulement 7 ans, pourtant tu n'es pas encore très connu du grand public, si tu devais définir ton univers en quelques mots, comment le définirais-tu ?

Non je ne suis pas très connu, c’est vrai. Et plus le temps passe, plus je me demande si j’ai envie de l’être. Parce que déjà à mon niveau, il y a des implications concrètes dans la vie de tous les jours. Il arrive des fois qu’on me reconnaisse dans la rue, ou du moins qu’on vienne me voir pour me demander si c’est bien moi Jann Halexander. Il y  a aussi d’autres conséquences moins réjouissantes sur lesquelles je ne veux pas trop m’étendre, ce serait trop long et pas forcément constructif…pas forcément intéressant. Mais contrairement à ce que j’aurais pensé, même 3 minutes sur une émission de Télé sur Arte ou M6, comme je l’ai fait, a un impact sur le parcours d’un artiste.

Pour définir mon univers en quelques mots, j’emploierais les mots suivants : Passion, Folie, Humour, Métissage.

Passion de la vie, des gens, des corps, des arts, de l’intensité de la Vie. Sans avoir peur des tabous, je ne cache rien, je ne triche pas, je n’ai pas de problème avec mon orientation sexuelle et je l’assume, c’est un risque que je prends.

Folie, sœur quasi jumelle de la Passion.

Humour, car j’en ai, aux concerts, les gens rient, certains journalistes me voient comme quelqu’un de mortifère mais ce n’est pas vrai. Mon univers est sombre mais il faut de l’humour même noir pour que les gens, moi le premier, puissent respirer. C’est un bonheur d’entendre les gens rire, s’esclaffer quand je chante « Déclaration d’amour à un Vampire II », sur la vie routinière de couple entre Dracula et moi. C’est extraordinaire.

Et Métissage parce qu’à travers, on réalise tellement de choses sur les relations humaines. Je ne parle pas simplement du métissage noir-blanc, ce serait restrictif.

Je fais de la chanson. Avec des fois des accents de variété qui est un genre que j’apprécie beaucoup, parfois avec des accents de musique moderne, voire musique classique.

Jann Halexander, Obama © photo DRPeux-tu nous parler de ton album "Obama" ?

C’est un album transitoire. Je m’explique : c’est un album piano-voix même s’il y a beaucoup d’arrangements, c’est très organique, avec les sons de la nature, d’une fête foraine, parfois de la basse, des nappes de synthé, de la guitare mais la dominance c’est piano-voix. Je planche déjà sur un prochain disque, ce sera toujours moi, mais ce sera différent et plus proche aussi de la variété. Je dis cela mais rien n’est définitif. Mon dernier disque ‘important’ remontait à 2008 avec « Le Marginal ». Il avait été distribué dans les fnac, j’avais eu quelques bonnes critiques (mais même si j’avais eu des mauvaises, c’est la vie). Depuis cet album, j’ai sorti 2 petits disques Live mais sans promotion réelle, ils étaient destinés à la vente en concerts. Mes rapports avec la scène en France sont souvent sur le fil. Mes expériences les plus positives c’était surtout en Allemagne ou en Belgique. J’ai fait une série de petits récitals au Magique, petite salle qui existe depuis 30 ans avec un sous-sol que j’adore, consacrée à la Chanson, c’était en novembre dernier, chaque soir, il y avait des gens…je me suis donc décidé à faire un récital plus important dans une plus grande salle avec des musiciens. Pour justifier ce récital, qui a eu lieu à l’Archipel le 11 juin dernier, il fallait un nouveau disque…c’était Obama. Le disque accompagne le concert en fait…c’est souvent le rôle d’un disque, maintenant, d’ailleurs.

Jann Halexander, Le marginal © photo DR

Sur ton album "Obama" tu reprends une chanson de Francis Lemarque "Matilda". Tu reprends également "Clémence en vacances" de Anne Sylvestre, pourquoi ces deux reprises?

D’une part, j’apprécie les chansons de feu Francis Lemarque et d’autre part, j’ai cette chanson qui s’appelle « Chroniques d’une famille australienne ». Or comme Francis Lemarque avait traduit la fameuse chanson folklorique australienne en 1956 en français, je me suis dit l’occasion fait le larron. J’ai donc repris « Matilda », chanson typiquement australienne pour introduire « Chroniques d’une famille australienne ».

Anne Sylvestre c’est une passion folle pour son répertoire adulte. En France, beaucoup de gens la connaissent par les Fabulettes. Je n’ai pas du tout été éduqué aux Fabulettes. J’ai découvert Anne Sylvestre via un ami. Et « Clémence en vacances » est une chanson… irrévérencieuse, avec un humour subversif. A la première écoute, on ne s’en aperçoit pas forcément.  Alors j’ai repris cette chanson, dont j’adore l’air et je la chante aussi sur scène.

Tu écris tes textes d'où te viennent tes inspirations ?

Je fonctionne à l’instinct. J’ai écrit « A Table » comme une sorte de réponse à « Ces gens-là » de Jacques Brel. J’ai écrit « J’Aimerais J’Aimerais » en pensant à une chanson de Fernandel, « On dit qu’il en est ». L’air de Déclaration d’amour à un Vampire, je l’avais dès 12 ans, mais j’ai écrit le texte en 2006. Je ne suis pas obsédé par la rime. D’autant plus que j’ai l’oreille surtout musicale. J’ai dû enregistré une cinquantaine de chansons à ce jour, il y a du bon, du mauvais, mais c’est toujours moi. L’inspiration me vient des gens que je rencontre, de l’actualité, de souvenirs d’enfance (« Le Mulâtre »), de films, de livres d’histoire… c’est Serge Gainsbourg qui disait qu’il fallait tout chanter. Et c’est vrai. Après, le plus difficile est d’écrire une chanson qui ne vieillit pas. Des fois, je pense y arriver. Je songe à « A Table » ou « l’Amant de Maman »…

Jann Halexander © photo Sven Herbach

Tu es un artiste de scène peux-tu nous expliquer un peu l'atmosphère d'un concert de Jann Halexander ?

Au début, je ne voulais pas faire de scène. J’avais une sorte de… aussi étonnant que cela puisse paraître, une sorte de mépris et surtout de la peur. Peur de la confrontation. Mais rester planqué dans mon coin avec mes disques et un site internet, c’était moyen, et puis ce n’était pas épanouissant. Je ne suis pas Gérard Manset ou Françoise Hardy.

Artiste c’est un métier de luxe. En fait, non, ce n’est pas un métier…c’est une façon d’être. Un rapport au temps, aux gens, au matériel assez différent de la majorité des gens. Bon, je ne sais pas si ce que je dis vaut pour les « gros » artistes qui squattent les plateaux télé mais pourquoi pas après tout…et lorsque je parle du rapport aux gens, il y a la scène. C’est la récompense. C’est là que je chante mes chansons, que je me chante. Je plaisante entre les chansons, je les présente, je raconte des anecdotes. Mais c’est moi. Je suis le maître à bord. On a un pouvoir énorme. Le rapport au  public est frontal. Sur scène, oui, il y a de la transcendance, de l’excitation à partager quelque chose. Les gens se déplacent, ils se font présentables, ils ont travaillé en journée, ils sont passés par chez eux pour se changer, par exemple, ils viennent alors qu’ils pourraient rester plantés devant leur télévision ou aller au restaurant à la place, ou au cinéma. Et ils sont là.

La scène c’est terriblement aléatoire. Tel jour, 5 personnes, l’autre jour, 50 personnes, parfois 120 personnes. Pourquoi, comment? Je ne sais pas, c’est une alchimie totale, où le talent joue un rôle mais pas seulement. Il y a une part d’irrationnel total. J’ai de très belles expériences dans des salles où il n’y avait pas grand monde. D’ailleurs les fois suivantes, ils reviennent. J’aime la scène, profondément, c’est quelque chose de particulier. Difficile à décrire. C’est de l’ordre du ressenti. C’est une véritable décharge d’adrénaline. Et tout comme le public, j’oublie aussi les aléas du quotidien.

Même sans une grande médiatisation, tu as un public fidèle qui te suit dans tes concerts et qui achète tes disques. Quel est ton public ? Et Quel est ton rapport avec tes fans ?

Un artiste sans public…n’est rien. Je le crois. Mais malgré le public, j’ai un parcours en dents de scie depuis 7 ans. Et puis tellement de choses se passent chaque jour, la vie de tous les jours, l’art fait partie de ma vie mais je ne suis pas monomaniaque et je ne pourrais pas l’être. Ce public est…mélangé. Quand j’ai commencé à l’Autrement Café, un cabaret sur Angers, c’était un public plutôt blanc 40/50 ans. Mais actuellement il y a de tout. Des blancs, des noirs, métis, jaunes, homos, hétéros, des gens qui votent à droite, d’autres à gauche, c’est assez surprenant. Ces gens entre eux, je crois n’ont pas grand-chose au commun mais ils sont là quand je chante. Alors un certain public m’a découvert via des films indépendants que j’ai réalisé. Certaines personnes viennent me voir quand je passe dans des salles, on va dire, importantes, comme l’Archipel par exemple, d’autres ne jurent que par les petits lieux intimistes, les mouchoirs de poche, que j’affectionne, à la fois par contrainte et par choix. J’ai eu des aficionados un peu… effrayants mais sans doute l’ai-je mérité. Mais dans l’ensemble les fans sont très corrects, chaleureux. Ils encouragent beaucoup, et comme après chaque concert, je vais toujours faire des dédicaces, on parle, ils me disent quelle chanson ils adorent etc… je les découvre, ils parlent de leurs vies aussi. C’est assez exceptionnel. Mais attention, c’est difficile d’avoir un public. On ne se forge pas un public comme on vend une boîte de haricots et ça fait seulement 7 ans. C’est très très très difficile, pour un chanteur ‘artisan’ comme moi. Rien n’est acquis, tout peut se passer, c'est-à-dire rien. Cela dit je ne veux pas trop être pessimiste, le fait de faire régulièrement de la scène et d’être toujours là suscite le respect et l’intérêt.

Jann Halexander © photo Sven Herbach

Quels sont tes projets pour la rentée ?

Je présente mon monologue « Confessions d’un Vampire Sud-Africain » sur Angers fin octobre. Puis 4 dates parisiennes en novembre, au Magique, avec 2 musiciens, et 3 dates à Bruxelles début décembre au théâtre de la Clarencière. Et d’autres dates, j’espère.

Nous arrivons presque au terme de cette interview, y a-t-il une question à laquelle tu aurais aimé répondre et que nous ne t'avons pas posée ? Si oui, laquelle?

Oui! Jann Halexander, quelle est ta boisson préférée ?
Et j'aurais répondu : Le coca. Je suis dopé au coca, c’est effrayant…

Jann Halexander © photo Jeff BonnenfantUne dernière question (c'est la minute promo) : Que dirais-tu à nos lecteurs pour leur donner envie de découvrir ton nouvel album "Obama" ?

Si vous voulez être surpris, si vous voulez quelque chose qui change aussi bien de ce qu’on entend à la télé ou même sur Fip, ou France Inter, alors oui, je suis la bonne personne. Surtout, comme chaque projet, j’y mets mes tripes et je ne triche pas. J’offre un voyage, et je refuse de faire le voyage tout seul, alors venez et on embarque !

Propos recueillis par IdolesMag le 28 juin 2010

-> Plus d'infos sur Jann Halexander : http://www.myspace.com/lechanteurjannhalexander









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