Alain Bashung : Chronique de l'album En Amont

04-12-2018 - 08:49.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Alain Bashung pochette album inédit En Amont - 23 novembre 2018 - DR

L’album posthume d’Alain Bashung, « En Amont », est dans les bacs depuis le 23 novembre dernier.

En 2002, Bashung publiait « L’imprudence », un album particulièrement sophistiqué et léché, presque expérimental. Un exercice de style bluffant. Difficile de donner une suite à un tel chef d’œuvre. D’ailleurs quelle suite lui donner sans se fourvoyer ? Rester dans cette quête ultime d’un son parfait, d’une distorsion idéale ? Ou alors revenir à une certaine forme de simplicité, la plus absolue possible ? C’est cette option qui séduit Bashung à l’époque, travailler à l’ancienne en réunissant autour de lui une équipe d’auteurs qui poseront des mots sur des mélodies que l’artiste avait dans ses tiroirs. Ils s’appellent Doriand, Daniel Darc et Xavier Plumas (Tue-Loup). Dans le même temps, d’autres préfèrent lui faire des propositions. Ils s’appellent Dominique A, Raphaël Haroche et Mickaël Furnon (Mickey 3D). La suite ? On la connaît. Le projet stagne, puis le chemin de Gaëtan Roussel croise celui de Bashung. De leur union musicale naîtra quelques temps plus tard le sublissime « Bleu Pétrole ». Les chansons réunies « En Amont » ne verront pas le jour. Du moins, pas tout de suite.

Peu avant son départ, Bashung avait laissé des consignes à sa dernière épouse, Chloé Mons. Il aura fallu à celle-ci quelques années pour faire le tri dans le matériel que Bashung avait laissé. Ecouter ce qui pouvait être exploitable, sans jamais trahir son art. Après avoir fait un choix parmi ces chansons qui avaient été écartées au profit de « Bleu Pétrole », et récupéré quelques autres (notamment de Joseph d’Anvers et Armand Méliès), il fallait trouver alors un réalisateur unique pour donner une cohérence à ces enregistrements qui n’avaient pas trouvé leur écrin à l’époque. Ce n’est pas un réalisateur, mais une réalisatrice qui s’est imposée : Edith Fambuena, qui avait accompagné Bashung avec Jean-Louis Piérot sur « Fantaisie Militaire ». La voici, l’histoire des chansons qui composent « En Amont ».

Après lui (et non pas malgré lui), Bashung livre, presque dix ans après sa disparition, un album crépusculaire et dépouillé. L’artiste emblématique d’une certaine frange de la chanson française crée une nouvelle fois l’évènement avec des chansons exigeantes, saisissantes, troublantes où la sobriété est de mise. Des textes au cordeau, d’une justesse implacable. Des mélodies salines. Rien n’est caché, tout est dit, sans démonstration ni emphase. Un beau déluge, en somme.

Luc Dehon









+ de news et d'actus musique
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut