Chronique de Father le nouvel album de Brisa Roché

29-05-2018 - 07:50.
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Brisa Roché pochette album Father - DR

Brisa Roché a publié le 25 mai dernier « Father », un sixième album définitivement folk.

On a découvert son timbre unique tournoyer avec les volutes des sous-sols de différents clubs de Jazz de la capitale au début des années 2000. Elle a ensuite publié un excellent « The Chase », un opus aux accents jazzy pourtant clairement plus rock. De découvertes en rencontres, elle a par la suite emprunté des chemins plus pop, en travaillant notamment avec Henry Hirsh (Lenny Kravitz, Vanessa Paradis) et Nick Zimmer sur « Takes », puis d’autres clairement électro avec Marc Collin, BlackJoy et Thibaut Barbillon sur « Invisible 1 ». Parallèlement, elle s’est frottée aux rythmes reggae sur « Jamaican Boy » (variation autour du thème de l’« American Boy » d’Estelle et Kanye West), et s’est prêtée à l’exercice de la reprise, en trio cette fois ci, aux côtés de Rosemary Standley et Ndidi Onukwulu (« The Lighnin 3 »). Elle a également participé à la bande originale du film de Jalil Lespert consacré à Yves Saint Laurent, et fait swinguer quelques airs new wave avec le collectif « Nouvelle Vague ». En vrai, le parcours de Brisa Roché est tout sauf rectiligne, ennuyeux et tracé d’avance.

Brisa Roché est multiple et c’est ce qui la rend unique. La preuve est faite après écoute de son nouvel album, « Father ». C’est une folk dépouillée que la chanteuse livre aujourd’hui sur ce bien-nommé « Father », un opus éminemment personnel où l’artiste fait la preuve par trois de sa singularité, sans jamais tomber dans les affres de l’autocentrisme. C’est avec John Parish qu’elle a avancé sur ce projet, l’artisan de « To bring You my love » de  PJ Harvey. Le ton est donné. Avec son visuel signé Mondino, « Father » se révèle tour à tour inquiétant, intrigant et troublant. En un mot : fascinant. Aussi chamanique que fantomatique et finalement un brin gothique. Une Folk minimaliste mais intense qui nous a fait penser, toutes proportions gardées à l’esprit des premières productions de Sonny & Cher, et plus proche de nous, au premier album d’Anouk Aïata.

À ceux qui qualifieraient un peu hâtivement Brisa Roché d’artiste difficile à suivre (soyons honnêtes,  ils n’auraient pas tout à fait tort), suggérons que la dite artiste se contente, justement, de suivre son instinct avec comme unique credo : celui de garder son libre-arbitre artistique intact. Une démarche devenue malheureusement un peu trop rare par les temps qui courent…

Ecoutez l'album « Father » de Brisa Roché

Luc Dehon









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