Chronique de l'album Sourire Carnivore de Louis Arlette

26-01-2018 - 09:41.
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Louis Arlette pochette album Sourire Carnivore - DR

Louis Arlette s’apprête à publier son premier album, « Sourire Carnivore », le 9 février prochain.

Il est des artistes qui vous happent dans leurs sphères dès les premières mesures. Louis Arlette fait partie de ceux-ci. Des artistes magnétiques et fascinants qui apportent à leurs créations ce petit supplément d’âme qui bouscule et qui change finalement tout.

Après la publication de deux excellents EP (un premier EP éponyme à l’automne 2016, mixé par Stéphane « Alf » Briat et « À notre gloire » un an plus tard), Louis Arlette publie le 9 février prochain son premier album, « Sourire Carnivore ». Au programme de celui-ci (et c’est l’unique petit bémol que l’on pourrait émettre), on retrouve les sept titres qui figuraient sur les précédents EP (les live en moins) accompagnés de, seulement, cinq titres totalement inédits. Et pourtant – et c’est ce qui est paradoxal avec les productions d’Arlette – ces titres que nous avons écoutés et réécoutés offrent dans leur nouvel écrin des possibilités d’écoutes et de lectures inédites. Alchimie d’un tout qui trouve enfin ici sa véritable identité, une rose au « Sourire Carnivore ».

Louis Arlette – « À la dérive »

Il faut dire que la poésie ombreuse et moirée de Louis Arlette (qui peut rappeler dans un autre registre celle d’un Murat ou d’un Christophe), ses jeux d’ombres et ses sombres faux-semblants, est changeante et captivante. Les productions musicales de l’artiste, que vous imaginez sans aucun doute parfaitement léchées, sont ici prodigieusement jouissives. Brutes. Sauvages. Félines. Parfois fugaces, à la limite du perceptible. Faut-il rappeler à toutes fins utiles que le Monsieur a fait ses classes sur les bancs du Conservatoire et ses armes aux côtés de Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin (Air) ? Qu’il s’est entouré pour la production de ce disque du batteur Julien Boyé (Gush, Nouvelle Vague) et du guitariste Daniel Jamet (membre fondateur de la Mano Negra, Gaëtan Roussel et Saez) ? Non. C’est dit.

En douze titres, Louis Arlette fait la synthèse parfaite d’une approche créative et novatrice de la chanson française, aux confins d’une musique pop synthétique et d’un rock glam, dans une spatialité et une temporalité qui n’appartiennent finalement qu’à lui. Il faut se rendre à l’évidence, Louis Arlette est le pire cauchemar que la médiocrité puisse craindre, ce garçon est pourri de dons. Ses idées noires sont en tout cas les nôtres. Puisse maintenant sa mélancolie limpide se frayer un chemin dans les eaux troubles du paysage musical français. C’est plutôt bien parti et c’est tout le mal qu’on lui souhaite. Il serait dommage de passer à côté d’une avalanche comme celle-ci. Ecrasante et déchirante de beauté, subtilité et marginalité. La sombre profondeur de sa poésie a réveillé une flamme qui ne demandait qu’à renaître.

Luc Dehon









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